The liveblog has ended. No liveblog updates yet. La responsabilité directe du gouvernement de Benjamin Netanyahu dans le traumatisme national du 7-Octobre était sur la table moins de 3 semaines après l'attaque. Mais le Premier ministre s'est ingénié à mettre ce document explosif sous le tapis, en entraînant le pays dans une fuite en avant sanglante à Gaza, au Liban contre le Hezbollah, en Syrie contre les vestiges de Bachar al-Assad, en Iran et au Yémen. Il a tout fait pour qu'on ne parle jamais de ses cuisants échecs sécuritaires et de ses compromissions avec le Hamas. L'ex-chef d'état-major de l'armée a assumé ses responsabilités en démissionnant, Netanyahu a préféré se vautrer dans le déni. Le patron de l'armée insiste pour tout déballer Le Premier ministre s'est cramponné pour ne pas sombrer dans la disgrâce politique voire pire : la prison pour manquement grave à son devoir de protection de la patrie. En mars 2025 le chef de l'Agence israélienne de sécurité intérieure (Shin Bet), Ronen Bar, a rendu public un rapport détonnant sur les dérives graves perpétrées par Netanyahu. Ce dernier a tout fait pour avoir la tête de Bar, mais ça ne le sauvera pas pour autant… L'Etat hébreu reste une démocratie (du moins en interne, pas avec les Palestiniens) et les cadavres ne restent jamais éternellement dans les placards. Les ennuis de Netanyahu viennent cette fois de l'actuel chef d'état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir. Il a appelé hier lundi 10 novembre à une « enquête systémique » sur le 7-Octobre, alors que le gouvernement fait tout pour faire capoter la désignation d'une commission nationale d'enquête… Netanyahu et ses ministres d'extrême droite font diversion pour que leurs ratés autour de l'assaut le plus meurtrier de l'histoire de l'Etat hébreu ne soient jamais exhumés. Le lieutenant-général Eyal Zamir a fait cette requête après la sortie du rapport d'un comité d'experts qu'il avait désigné. Ce document officialise la fin des investigations au sein de l'armée sur les failles ayant conduit à la tragédie du 7 octobre 2023. Comme on s'en doutait le document conclut à une « défaillance systémique et organisationnelle de longue date« … Ce rapport « marque une étape importante vers la compréhension globale dont nous avons besoin, en tant que société et en tant qu'organisation« , a commenté le général Zamir, cité par un communiqué de l'armée. « Cependant, pour garantir que de tels échecs ne se reproduisent jamais (…) une enquête systémique large et complète est désormais nécessaire« , a martelé le haut gradé. A noter que dans les sondages la grande majorité des Israéliens, de tous bords politiques, sont en faveur de la mise en place d'une commission nationale d'enquête sur le 7-Octobre, au grand dam de Netanyahu. D'après la loi israélienne, la décision de monter une commission nationale d'enquête est du ressort du gouvernement et il incombe à la Cour suprême d'en désigner les membres. Sauf que Netanyahu, qui est revenu aux affaires en décembre 2022 et qui a composé le gouvernement le plus à droite que le pays ait connu, a une sainte horreur de cette institution, qu'il accuse d'être orientée politiquement et de servir la cause de la gauche. C'est cette même Cour suprême qui avait bloqué la réforme du Premier ministre pour faire main basse sur tous les leviers de la justice… Après la publication du rapport de l'armée l'opposition conduite par Yaïr Lapid s'est remise à harceler Netanyahu pour qu'il s'explique. Ce dernier a redit hier lundi devant les parlementaires qu'il est toujours opposé à l'installation d'une commission nationale d'enquête. Il la disqualifie en parlant d'un « outil politique » téléguidé par ses adversaires… La dernière pirouette de Netanyahu pour s'éviter le pire En lieu et place il propose une commission d'enquête « avec un large accord national« , du même type que l'instance américaine créée après le 11-Septembre. En d'autres termes des grands cercles de discussion qui permettront au Premier ministre d'échapper au travail minutieux sur les manquements et donc de désamorcer la bombe des poursuites judiciaires. L'oppose refuse catégoriquement de suivre cette voie. Netanyahu pensait sans doute qu'en accrochant à son tableau plus de 69 179 Palestiniens tués depuis 2 ans il serait absous de ses péchés, que toutes ses turpitudes – y compris les affaires de corruption – seraient enterrées, qu'il aurait la reconnaissance éternelle de ses concitoyens pour services rendus à la nation. Il est lourdement trompé. « Son ami » et premier soutien, le président américain, est venu jusqu'en Israël pour terroriser le personnel politique et exiger que la justice laisse « Bibi » tranquille, peine perdue. Rappelons qu'en février dernier une enquête interne de l'armée avait déjà établi son « échec complet » pour contrecarrer l'attaque de commandos du Hamas depuis Gaza. Le document parlait d' »excès de confiance » qui avait poussé l'armée à minorer la force de frappe du mouvement islamiste. Le rapport publié hier corrobore en évoquant un « échec conceptuel » correspondant au « fossé entre la réalité stratégique et opérationnelle et la perception (au sein de l'appareil militaire) de la réalité concernant la bande de Gaza et le Hamas« . Le document pointe également un « échec du renseignement » militaire dans son « incapacité à donner l'alerte« , alors même que l'armée avait recueilli des informations « exceptionnelles et de haute qualité« . Fustigeant des « processus de prise de décision et de déploiement des forces déficients dans la nuit du 7 octobre 2023« , le comité souligne des défaillances au niveau de l'état-major général, de la direction des opérations, de la direction du renseignement militaire, du Commandement Sud, mais aussi de l'armée de l'Air et de la Marine. Le fracas des bombes à Gaza a permis à Netanyahu d'étouffer les appels à la reddition des comptes, une page se tourne dans l'enclave palestinienne et l'après-guerre se bâtit déjà, en dépit de la montagne de difficultés. Les ministres israéliens d'extrême droite seront bientôt au « chômage technique », le Premier ministre également. L'heure des explications sonnera très prochainement.
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