Le blog en direct est terminé. Aucune mise à jour du blog en direct pour le moment. Le gap entre les promesses du président américain – d'ailleurs il est de moins en moins péremptoire – et la réalité sur le terrain – le détroit d'Ormuz – se creuse de plus en plus. De toute évidence Donald Trump n'est pas le maître absolu qu'il prétendait être, pour son plus grand malheur c'est l'Iran ou plutôt sa capacité de nuisance qui dicte sa loi, jusqu'aux prix du carburant aux USA. Le réveil est douloureux pour Washington, il y aura d'autres déconvenues. Le soutien des alliés qu'avait claironné prématurément la Maison-Blanche prend des allures de projet mort-né... La France n'a pas attendu l'appel de Trump, elle a fait savoir dès le 9 mars qu'elle s'active pour une action collective purement « défensive« , sans autres indications sur le degré d'implication de sa marine. Jusqu'ici pas de réponse officielle à la sollicitation des USA. Ceux qui ont répondu formellement se dérobent et esquivent toute perspective de face-à-face avec les Gardiens de la Révolution : c'est le cas du Japon et de l'Australie, que le président américain avait cités nommément. La panique gagne l'Arabie saoudite. Les Saoudiens pâtissent doublement des représailles de Téhéran après que les bases américaines nichées dans la région ont été utilisées pour frapper. Alors que le président du Conseil suprême de sécurité iranien, Ali Larijani, avait fait une tournée dans les pays du Golfe pour les avertir. Les drones iraniens paralysent la production au Moyen-Orient et ce qui est déjà sorti des sites ne peut pas franchir le droit d'Ormuz, par lequel transitent 20% du volume mondial. Le géant Saudi Aramco a informé ses clients dans une lettre cette semaine qu'il ne sait pas quel port il utiliserait pour les exportations d'avril. Donc clairement ce ne sont plus les Américains qui régentent le marché mondial de l'énergie, ce sont les Mollahs. La missive de Riyad, envoyée un peu partout dans le monde entier, indique que les acheteurs pourraient réceptionner le brut via la mer Rouge ou le Golfe. Evidemment motus sur l'épouvantail Houthis en mer Rouge. Ces alliés de l'Iran ne sont pas encore entrés dans la danse et aux dernières nouvelles ils avaient « le doigt sur la gâchette« . Donc attention. «Je ferais tout aussi bien d'appeler l'Iran pour savoir quand cette guerre se terminera afin de pouvoir obtenir mon pétrole», a commenté d'un ton amer un bon client de l'Arabie saoudite à la réception de la lettre. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) n'avait pas tort en disant que ce sont les perturbations les plus problématiques jamais enregistrées dans l'approvisionnement en hydrocarbures. Les USA et Israël ont certes déclenché cette guerre sous des motifs fallacieux, mais ils ne sont plus maîtres de son calendrier et encore moins de ses conséquences à l'échelle de la planète. Tout le monde sait maintenant, à commencer par les entreprises du Moyen-Orient et leur partenaires occidentaux, qu'il faudra plus que des postures guerrières américaines pour faire repartir le trafic maritime et la production. Il n'y a aucune garantie palpable sur la table, même si les affrontements cessaient tout de suite. L'Iran a littéralement miné son terrain depuis la guerre de 12 jours en juin 2025, avec des drones low cost, des vedettes ultra rapides, des navires-drones et même des bateaux kamikazes bourrés d'explosifs. Un haut responsable de l'industrie énergétique du Golfe n'a pas hésité à déclarer que les escortes navales ne sont pas la panacée pour normaliser le trafic, sauf si les Etats-Unis et Israël se mettaient d'accord avec Téhéran pour la cessation des attaques sur la navigation. Ce qui à ce stade est exclu, par Trump comme par le régime iranien. Alors les pétroliers restent sagement au port en attendant que les Mollahs reviennent à de meilleurs sentiments. La première armée du monde – celle de Trump – en est réduite à ça. D'autres comme la Turquie et la Chine continuent de faire passer leurs bateaux avec la bénédiction des Mollahs, les Européens sont eux aussi tentés de pactiser également, des noms de pays ont même été ébruités. Ils se disent que c'est moins risqué que de titiller les Gardiens de la Révolution. Le président américain est seul, dans sa guerre comme dans son engagement de jouer au Shérif dans le détroit qui est devenu le plus célèbre de la planète.
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