Le blog en direct est terminé. Aucune mise à jour du blog en direct pour le moment. L'Egypte a choisi de répondre à la pression énergétique par une mesure visible, immédiate et très concrète : à partir de ce samedi, la majorité des commerces, restaurants, cafés et centres commerciaux devront baisser rideau plus tôt. Derrière cette décision, une réalité brutale : la facture énergétique du pays a explosé sous l'effet de la guerre, au point de pousser l'Etat à durcir ses mesures d'économie. ✈️ Espace Annonceurs Touchez les Tunisiens résidents à l'étranger qui cherchent à acheter. Simuler → Le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly a annoncé que ce dispositif serait appliqué, dans un premier temps, pendant un mois. Dans la plupart des jours de la semaine, l'heure de fermeture sera fixée à 21 heures, tandis que les jeudis et vendredis (week end), elle sera repoussée à 22 heures. Une facture énergétique qui a presque triplé L'argument avancé par le gouvernement est sans équivoque. Avant la guerre, la facture énergétique mensuelle de l'Egypte s'élevait à environ 560 millions de dollars. Elle atteint désormais 1,65 milliard de dollars. Cette envolée donne la mesure du choc subi par le pays. En quelques semaines, l'énergie est devenue un fardeau budgétaire beaucoup plus lourd, dans un contexte déjà tendu pour les finances publiques et pour le pouvoir d'achat. La pression ne vient pas seulement de la hausse des prix internationaux. Elle est aussi liée aux perturbations sur les routes énergétiques régionales, notamment au recul important du passage des cargaisons de النفط et de gaz via le détroit d'Ormuz, axe stratégique dont les tensions pèsent directement sur les marchés. Commerces, restaurants et centres commerciaux concernés La nouvelle décision vise un large éventail d'activités. Les magasins, les restaurants, les cafés et les centres commerciaux devront tous se conformer à ces horaires réduits. Il s'agit clairement d'une mesure de rationalisation de la consommation, pensée pour limiter la demande énergétique sur certaines plages horaires, sans aller jusqu'à une paralysie complète de l'activité économique. Le gouvernement cherche ainsi à réduire la pression sur le système tout en maintenant un minimum de fonctionnement normal dans les villes. Une réponse à une crise qui dure depuis plusieurs années Cette mesure ne surgit pas dans un vide. Depuis plusieurs années, l'Egypte fait face à des tensions récurrentes sur son secteur énergétique. La baisse de la production locale, combinée au recul des importations de gaz naturel, a fragilisé l'équilibre du pays en matière d'électricité. Pour faire face, les autorités ont déjà multiplié les décisions de sobriété, y compris par le passé en réduisant les heures d'alimentation électrique pour certains foyers et commerces. Le nouveau tour de vis s'inscrit donc dans une continuité, mais avec un degré d'urgence plus marqué en raison du choc énergétique actuel. Les carburants avaient déjà fortement augmenté La fermeture anticipée des commerces intervient après une autre mesure sensible : au début du mois, l'Egypte avait déjà relevé les prix des carburants de plus de 30%. Cette hausse avait été décidée dans un climat de fortes turbulences sur les marchés énergétiques régionaux, après des frappes iraniennes visant des infrastructures pétrolières au Moyen-Orient. Pour les autorités, il s'agissait déjà d'absorber une partie du surcoût imposé par la crise. Autrement dit, la fermeture plus précoce des commerces ne constitue pas une décision isolée. Elle s'ajoute à un ensemble de mesures d'ajustement destinées à contenir un choc énergétique devenu beaucoup plus coûteux. Le tourisme reste protégé Le gouvernement égyptien a toutefois pris soin de préserver un secteur vital pour l'économie nationale : le tourisme. Dans un communiqué, le ministre du Tourisme Sherif Fathi a précisé que les nouvelles restrictions horaires ne concerneront pas les destinations touristiques ni les restaurants touristiques. L'objectif affiché est clair : éviter que ces mesures de rigueur n'affectent l'expérience des visiteurs ni la qualité des services proposés en Egypte. Cette exception montre que Le Caire tente de trouver un équilibre délicat entre économies d'énergie et préservation de ses recettes en devises, à un moment où le tourisme demeure un levier stratégique. Un arbitrage entre urgence économique et vie quotidienne Au fond, cette décision dit beaucoup de la période actuelle. Lorsqu'un Etat choisit de raccourcir les heures d'ouverture de ses commerces et de ses restaurants, ce n'est pas seulement une question d'organisation administrative. C'est le signe que la crise énergétique est devenue suffisamment lourde pour modifier le rythme même de la vie quotidienne. L'Egypte essaie ainsi de contenir une facture devenue difficilement soutenable, sans casser totalement l'activité économique ni fragiliser ses secteurs les plus sensibles. Mais ce type de mesure rappelle aussi combien les répercussions d'une guerre régionale peuvent se diffuser bien au-delà du champ militaire, jusqu'aux rues commerçantes, aux cafés et aux habitudes de consommation. Ainsi, en imposant la fermeture des commerces, restaurants et centres commerciaux à 21 heures la plupart des jours de la semaine, et à 22 heures les jeudis et vendredis, l'Egypte envoie un message clair : la crise énergétique n'est plus une menace abstraite, elle pèse désormais directement sur l'organisation du quotidien. Avec une facture mensuelle passée de 560 millions à 1,65 milliard de dollars, le pays entre dans une phase de gestion serrée de ses ressources. Reste à savoir si ce dispositif provisoire d'un mois suffira à absorber le choc, ou s'il ne constitue que le début d'une période plus longue d'ajustements imposés par la flambée énergétique régionale. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!