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Tunisie: Médias Tunisiens, entre liste noire, lignes rouges et cartes blanches
Publié dans Tunisie Numérique le 03 - 09 - 2012

De ce grand bouquet de revendications portées à bout de bras par la révolution et de promesses annoncées tambour battant par la Troïka, les tunisiens n'ont recueilli qu'une seule fleur, la plus recherchée, à savoir la liberté dans toutes ses formes d'expression.
Quant aux autres objectifs de la révolution, non moins importants, ils sont encore au stade de la réflexion, voire de l'effet d'annonce. Il est généralement admis que “la révolution dévore ses enfants“, la nôtre, bien au contraire, a bouffé ses objectifs et s'est enlisée dans les engrenages rouillés de la mécanique partisane et de la machinerie électoraliste.
Dans ce cimetière d'attentes dévoyées et de rêves brisés, seule la liberté trône encore, respire et fait respirer. En quelque sorte, l'arbre qui cache une forêt de clivages, de disparités et de déboires. La révolution est volée, confisquée, mise en otage et au pas.
Les tunisiens, outrageusement délestés de leurs perspectives d'accéder à un nouveau palier et de se dégager de l'ornière de la pauvreté, du chômage et du développement inégal, ne sont aucunement prêts à céder sur les questions de liberté ni à en lâcher le morceau. Le retour en arrière ne serait-ce qu'un petit pas n'est pas recevable, c'en serait même un acte de trahison.
Cependant, et en matière de liberté, le contexte tunisien actuel croule sous les motifs d'inquiétude et offre l'image d'une situation de crise, un paysage déchiré entre la force d'inertie et l'idéal de liberté. Un mouvement d'émancipation face aux velléités de reproduire le même processus de soumission, la même logique de diktat et de maintenir ainsi le statu quo pré-révolution.
Dans ce cadre, l'environnement médiatique restitue, grandeur nature, la réalité des conflits et le fond de paradoxe. Sans vouloir trop abstraire ou schématiser, le bras de fer semble aujourd'hui opposer le gouvernement à la communauté médiatique en particulier et à la société politique et civile en général, avec la liberté d'expression comme trame de fond et butin de guerre.
Que peut-on comprendre quand Rafik Abdessalem, Ministre des Affaire Etrangères, assène que ” son gouvernement ne veut pas dominer le secteur médiatique, mais plutôt craint qu'il ne soit un espace ouvert aux opposants pour critiquer le gouvernement “ ? Autrement dit, le gouvernement est au dessus de la critique, l'opposition n'est pas autorisée à investir l'espace médiatique et la liberté d'expression n'est acceptable et garantie qu'en deçà de certaines lignes rouges.
Encore un discours à double vitesse, truffé de paradoxes, que le chef de la diplomatie tunisienne prend un malin plaisir à multiplier. Que peut-on comprendre quand Slim Hamidane, Ministre des Domaines de l'Etat, épingle “les guignols” et assimile ce produit télévisuel de parodie à une opération contre-révolutionnaire, à une manœuvre pour déstabiliser le gouvernement et à installer le chaos, concluant que “ceci ne veut pas dire que nous sommes contre la liberté d'expression“. Rien que ça ! Outre le caractère disproportionné et non moins grotesque de la réaction, sied-il de signaler la grincheuse contradiction des propos. Transformer une émission de divertissement grand public en une rampe de contre-révolution suinte le couperet de la censure sinon le terrorisme intellectuel.
Dans le même ordre d'idées, et sans vouloir trop défendre la personne de Sami Fehri, il en découdra avec la justice s'il y a lieu, mais le fait de mettre en branle, contre lui, l'appareil judiciaire avec autant de célérité, au mépris des dispositions législatives pertinentes en pareil cas et sans aucun égard aux droits de l'inculpé, donc soumettre la justice à des fins bassement politiques ou partisanes, ne traduit-il pas un réflexe de revanche, la volonté d'en faire un exemple et le souci de fliquer les consciences et de délimiter arbitrairement le champ d'expression et de création, au prix d'une épreuve de force bien gouvernementale contre un simple acteur médiatique ?!
D'ailleurs, l'échange de propos et contre-propos, via antennes interposées, entre Sami Fehri et Lotfi Zitoun ne passe pas inaperçu, défrayant la chronique et la convenance. David contre Goliath, c'est le cas de le dire, la bataille est inégale et viciée à l'origine. Lotfi Zitoun, qui n'est pas connu pour ses atomes crochus avec les médias tunisiens, souffle le chaud et le froid ces derniers moments sur le paysage médiatique. Ses sorties fracassantes et ses empoignades prolifèrent, à tort ou à raison. Et pourtant, il déclare “rêver de posséder un empire médiatique“.
Après l'affaire Sami Fehri, Lotfi Zitoun continue à défrayer la chronique et à faire couler beaucoup d'encre, parfois au mépris de l'obligation de réserve dont chaque ministre est tenu de faire preuve. Ses sorties de route et ses casseroles prolifèrent. Au centre de la crise secouant aujourd'hui Dar Assabah, menant un bras de fer avec Business news, Lotfi Zitoun se déploie sur divers fronts, le verbe insultant et la mine revêche, quitte à se désavouer à plates coutures et à embarrasser son gouvernement, déjà dans de mauvais draps.
Depuis le temps qu'il brandit l'arme d'assainir le secteur médiatique, on n'a rien vu venir, excepté les démonstrations de force, les grands écarts et les fuites en avant. Bien au contraire, il se plait dans ce rôle de victime, objet de toutes les conspirations et les intrigues des coulisses politiques et médiatiques, il se répand en clichés et invectives, tirant à boulets rouges sur tout souffle critique ou désobéissant. C'est le règne de la logique “si tu n'es pas avec moi, tu es donc contre moi”.
En conclusion, Lotfi Zitoun n'est que la tête de pont de cette velléité du gouvernement de mettre sous sa coupe le système médiatique tunisien. Outre les incidents ci-dessus mentionnés, les procès intentés contre Nessma et le journal électronique “Attounissia” et l'opération d'intimidation menée contre la télévision nationale traduisent une volonté de mettre au pas le paysage médiatique.
Ne serait-on pas en face d'une quête de reproduire le modèle RCD de sinistre mémoire ?! A première vue, on n'est guère sorti de la funeste auberge mauve. Les mêmes réflexes et les mêmes recettes, remis au goût du jour et à la nouvelle couleur au pouvoir. “Tout ce qui est excessif est insignifiant” dixit Talleyrand.
Pour Lotfi Zitoun et ses compères, il sied de rappeler que la Tunisie a déjà ratifié deux éminents instruments traitant de la liberté d'expression, à savoir le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, dont les dispositions pertinentes laissent aux gouvernements concernés la possibilité de limiter la liberté d'expression dans des situations "à la fois restreintes et clairement définies“. Autrement dit, sous réserve de s'acquitter de certaines conditions plutôt drastiques. Manifestement, on n'en est pas encore là !!


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