Plusieurs citoyens ont été choqués le weekend dernier, en allant se renseigner sur les tarifs opérés par les hôteliers tunisiens, pour, soit disant, encourager leurs concitoyens et les inviter à venir passer des séjours chez eux. Des séjours, somme toute, plus bénéfiques aux établissements qu'aux hôtes. Puisque si ces derniers vont, très certainement, profiter un tant soit peu, de la plage et d'un service hôtelier supposé être au top, ce sont les professionnels qui profiteront le plus de ces séjours, puisque comme ils n'ont pas cessé de nous le ressasser avec leurs cris de détresse, la survie de leurs établissements y est vitalement liée. Donc, nos chers concitoyens qui ont osé franchir les portails des hôtels, ont, nous le disions, été choqués. Choqués par les prix qui leurs avaient été proposés. Des prix dont ils entendaient parler dans certains palaces à Paris, capitale mondiale du tourisme, ou sur la côte d'or espagnole avec ses hôtels huppés, point de mire de la jeunesse nantie. Nos concitoyens ont été, tellement choqués, qu'ils ont insisté pour nous choquer à notre tour, en publiant sur les réseaux sociaux ces prix exorbitants qu'on leur avait demandé. Et il faut avouer que ces chiffres ont de quoi choquer, quand on entend des tarifs dépassant les 620 DT pour une nuitée et par personne. Au départ, à la rédaction de TunisiseNumerique on était septique, et on ne voulait pas trop croire à ce que les autres publiaient, pensant que çà devait être un canular, ou probablement des chiffres dus à la tendance des tunisiens à tout exagérer. Mais quelle ne fut notre surprise, en menant un tout petit bout d'enquête, et en nous rabattant sur les sites de réservation en ligne. En effet, ces sites reprenaient, en chœur les chiffres avancés par nos concitoyens en mal de vacances, avec des prix affichés pour une nuitée et par personne oscillant, pour la région de Hammamet, entre 120 et 380 DT, et pour la région de Sousse, entre 105 et 364 DT, alors que pour la région de Djerba, ils balançaient entre 150 et 300 DT, avec les pointes à près de 600 DT. C'était à couper le souffle ! Sachant que ces sites affichent des prix préférentiels contractuels, et que le commun des mortels ne risque pas d'obtenir s'il se pointe tout seul aux hôtels en question. Qu'est ce qui a pris nos professionnels du tourisme ? Est-ce qu'ils ont, réellement, cru que les quelques milliers de touristes russes allaient leur sauver la saison ? Sachant qu'avec les russes, on n'ose, même, pas imaginer les prix qu'on leur a proposés. Comment vont-ils faire, maintenant que l'Etat russe semble vouloir lâcher la Tunisie, pour se retourner vers la Turquie avec laquelle il semble vouloir rétablir de bonnes relations ? Est-ce qu'ils croient que nos frères les algériens vont faire la queue devant leurs établissements pour y passer des séjours à ces prix ? Ou, est ce qu'ils croient pouvoir compter sur le tourisme intérieur des tunisiens pour leur sauver la mise, encore une fois, avec ces tarifs ? Ne savent-ils pas qu'un billet d'avion pour l'Europe commence à, à peine, 200 DT, et qu'un séjour à l'étranger, billet d'avion compris, coûterait moins cher que ce qu'ils proposent. Ceci sans parler de la qualité des prestations qu'ils proposent et qui a été vivement critiquée par les rares personnes qui se sont laissé prendre et qui ont osé passer, chez eux, une ou deux nuitées. C'est à croire que nos amis les hôteliers sont soit trop ingrats, soit atteints d'une folie suicidaire. En effet, ils sont, soit trop ingrats pour demander aux tunisiens des prix pareils, en oubliant que ce sont ces mêmes tunisiens qui leur avaient renfloué les caisses quand ils étaient en déperdition de vitesse, l'été dernier, et que ce n'est nullement une façon de les en remercier. Soit, ils sont atteint d'une folie suicidaire, en voulant saborder leurs établissements, et faire capoter leur saison en dissuadant les tunisiens de venir passer des séjours chez eux, sachant que, très probablement, seuls ces tunisiens pourraient leur sauver la saison, si jamais c'est encore possible. En tous les cas, ils sont seuls maitres à bord. Et ils sont suffisamment professionnels et jouissent d'une assez grande expérience pour savoir ce qu'ils font, et pour assumer leurs choix. Par contre il ne s'agirait pas de venir, par la suite, encore une fois, nous casser les oreilles avec leurs plaintes et leurs sanglots, quand le mal sera fait !