En France on ne parle plus que de ça : la condamnation et l'élimination de Marine Le Pen de la course à la présidentielle de 2027, une élection pour laquelle elle était donnée gagnante par les sondages. C'est la gueule de bois dans les rangs de l'extrême droite. Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, ameute ses troupes à partir de ce week-end pour agiter "pacifiquement" le pays suite à ce qu'ils qualifient de coup d'Etat constitutionnel. Aux USA aussi on parle de ça, jusqu'au sommet de l'Etat. Le président Donald Trump n'a pas pu s'empêcher d'évoquer l'affaire Le Pen, non pas pour s'en désoler mais pour rappeler ses propres tourments judiciaires et les injustices qu'il prétend avoir subi. Il est comme ça Trump, il tire toujours la couverture à lui… Trump a fait le parallèle hier lundi 31 mars entre la condamnation de Mme Le Pen et l'inéligibilité de 5 ans qui l'a frappée et sa cohorte de procès qui auraient sans doute envoyé le républicain en prison s'il n'avait pas été élu le 5 novembre dernier. Il a été sauvé in extremis par la présidentielle, la leader de l'extrême droite française n'aura pas cette chance. Alors oui, le président américain a raison de dire que les développements en France sont "une affaire très importante". D'autant plus que son ami Elon Musk, qui a également réagi fortement à ce verdict, guettait l'issue de ce procès pour envisager la suite de l'internationale de l'extrême droite qu'il veut monter en Europe. "Cela fait penser à notre pays, cela ressemble beaucoup à notre pays", a déclaré Trump en évoquant le cas de la cheffe de file du RN. Rappelons que l'an dernier Trump a été formellement condamné dans l'affaire des paiements cachés à une actrice de films pornographiques. En mai 2024 le candidat des républicains avait été déclaré coupable de 34 délits de falsifications comptables pour planquer aux électeurs le versement de 130 000 dollars à la sulfureuse Stormy Daniels. Trump ne voulait surtout pas prendre le risque que cette dernière déballât leurs activités lubriques en pleine campagne électorale, en 2016… In fine le républicain a été élu, en fraudant, en truquant et en mentant à ses électeurs. Mais les dossiers judiciaires sont bien restés au chaud. L'actuel président a manoeuvré pour les enterrer définitivement, peine perdue, il a été condamné et est revenu à la Maison Blanche avec un statut de repris de justice, du jamais vu dans l'histoire des Etats-Unis d'Amérique. La bienséance aurait voulu qu'il n'évoquât plus jamais ces coups portés à une démocratie vieille de 250 ans mais c'est plus fort que lui. Non seulement il les exhume mais en plus il fera tout ce qu'il peut pour se venger de ces juges et procureurs dont le seul tort est d'avoir appliqué la loi, dans toute sa rigueur. Les partisans de Mme Le Pen sont tentés de chanter la même musique en France : Leur championne est victime d'une cabale politico-judiciaire, comme Trump l'a été aux USA. Et comme Trump elle finira par triompher en s'emparant du palais de l'Elysée. Mais la France n'est pas les Etats-Unis. Le républicain n'aurait jamais dû être élu président avec toutes les casseroles qu'il traine, le système et les électeurs américains en ont décidé autrement. En France la chose ne passerait jamais et c'est tout en l'honneur de la République. Trump et Mme Le Pen ne s'aiment pas, pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé de la part de la dame. En 2017… elle avait fait le déplacement jusqu'à New York pour aller voir le républicain, qui venait d'être élu. Après des heures d'attente dans un café en bas de l'immeuble du milliardaire ce dernier avait finalement décidé qu'il ne la recevra pas. La leader de l'extrême droite française n'a jamais pardonné cet affront et le président américain le sait. Mais Mme Le Pen a son poids dans les projets que la Maison Blanche orchestre en Europe. Si ce n'est pas elle ce sera avec son dauphin Bardella… Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!