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L'aventure musicale exceptionnelle d'un jeune musicien et arrangeur tunisien peu connu
Publié dans TAP le 19 - 12 - 2011

TUNIS (TAP)- Le monde musical en Tunisie connaît une effervescence réelle, au niveau de la formation et de la création. Des acteurs nouveaux arrivent sur scène avec de nouvelles idées et de nouvelles expériences qui augurent d'une dynamique inattendue.
Parmi ces acteurs figure Sofiène Ben youssef, compositeur et producteur tunisien qui vit actuellement à Bruxelles. Diplômé en musicologie de l'Institut supérieur de musique de Tunis. Il excelle aussi bien dans la musique arabe, tunisienne et classique que dans la musique indienne.
En Inde, il s'est initié à l'art du Cithar et des tablas et devint un disciple d'Ustad Ali khan Musarrat, New Delhi (2000).
Il a expérimenté de nombreux dialectes et traditions musicales comme le flamenco, la musique de l'Afrique de l'Ouest, latine et Gnawa, en plus de ses expériences avec le Jazz et la musique électronique.
Sofiène Ben Youssef a travaillé en tant que producteur indépendant pour les musiques actuelles (Hip Hop, Rock, chanson et aussi compositeur de musique pour les films et les documentaires.)
Il n'est pas seulement musicien et compositeur, mais se présente aussi comme arrangeur et producteur de musique, «J'aide les artistes à sculpter leurs propres compositions musicales et en quelque sorte, le rôle de l'arrangeur est de mettre la bonne note au bon endroit par le bon instrument», explique-t-il, dans un entretien avec l'Agence TAP.
Il a, toutefois fait remarquer, que le rôle de producteur ou d'arrangeur est devenu plus vague avec les courants de musique électronique et les «remix».
«Je ne compose pas la musique, je viens avec une oreille attentive et lointaine: je donne des conseils, je propose aux compositeurs et aux musiciens de nouvelles formes musicales. Ce domaine couvre aussi la production musicale de films, les feuilletons et les «fictions» en général.»
A l'exception de certaines expériences faites par quelques musiciens à l'instar de Rabii Zamouri qui s'est spécialisé dans les musiques de films et Issam Shrayi (compositeur et arrangeur de certaines chansons de Sabeur Rebai), rares sont les compositeurs de musique de films, qui se sont aventurés dans la production musicale, a-t-il affirmé.
Dans notre pays, a-t-il poursuivi, l'arrangement musical n'est pas intégré dans les programmes des Instituts supérieurs de musique et les musiciens n'ont pas l'opportunité de se former dans des stages en la matière.
De plus, le champs reste très limité pour les musiciens et on remarque que la logistique est insuffisante: les studios d'enregistrement sont très petits, les moyens techniques manquent et la post production n'est pas très développée.
Malgré ces carences, Sofiène estime que les musiciens tunisiens persévèrent et aboutissent à un bon résultat post production.
En 2011, son expérience dans la composition et l'arrangement musical de la musique du film documentaire «Rouge parole», de Elyes Baccar, sur la révolution tunisienne était belle, émouvante et fort passionnante, indique S.Ben Youssef.
Composer une musique sur ce documentaire n'a pas été facile: au début, j'avais du mal à mettre la musique sur les images.. J'étais submergé par les émotions, j'étais excessif et les notes musicales n'étaient pas adaptées au film.
La musique composée pour ce documentaire devait représenter la vision du réalisateur. Le film était tourné dans le Sud de la Tunisie: Sidi bouzid, Thala et Kasserine et nous avons adapté une large palette musicale au film: musiques et chants populaires appartenant à plusieurs régions du Sud.
Deux chanteurs diplômés de l'Institut supérieur de musique ont participé à ce travail: Mehdi Ayachi et Jamila El Hagui.
Ce film sortira à Tunis à partir du 5 janvier 2012 dans plusieurs salles de la Capitale. Il a été projeté, en première au Festival «Doha Tribecca film Festival» à Qatar (25-29 octobre 2011), à Montréal et au festival de Copenhague.
Parlant de ses projets musicaux en cours, Sofiène Ben Youssef a déclaré qu'il a assuré la production musicale d'un nouveau spectacle de chorégraphie intitulé «Rayhazone» (zone de perdition), crée et conçu par les frères Ali et Hédi Thabet, nés en Belgique d'un père tunisien et d'une mère Belge et qui ont été formés tous les deux à l'Ecole du cirque. Ils collaborent notamment avec Mathurin Bolze et Sidi Larbi Cherkaoui.
Ce spectacle est un voyage dans l'univers large des désirs et du sacré, mais aussi dans une Zone plus rugueuse et cloisonnée de nos luttes intérieures.
Comment intégrer la musique soufie, musique de tradition au sein de la scène contemporaine? «C'est que dans ce spectacle, a indiqué Sofiène, il y a le souffle de la musique soufie: simple dans son économie de voix, claquement de mains, percussions et complexe par son architecture rythmique».
Il s'agit d'une ivresse spirituelle et sonore interprétée sur scène par quatre chanteurs soufis et musiciens professionnels dont Mehdi Ayachi, Mourad Brahim, Nidhal Yahyaoui, Walid Soltan et des deux danseurs Ali et Hédi Thabet. Sofiène Ben Youssef les accompagne dans des improvisations jazzy autour d'une structure thématique.
«Rayahzone» se veut un pont entre le corporel et l'immatériel, entre la sensualité et la spiritualité.
Ce spectacle actuellement en phase de répétition, démarrera à partir de Mars 2012 sur la scène du théâtre de Mesne à Bruxelles et sera présenté à une date ultérieure à Tunis.


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