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La vague culturelle "Hayllu" au service de l'économie et du tourisme en Corée du Sud
Publié dans TAP le 04 - 11 - 2012


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SEOUL (TAP, Sami Badreddine) - Avec plus de 600 millions de visionnages et un milliard de visionnages sur Youtube prévus pour la fin de l'année 2012, la chanson" Gangnam style" du chanteur sud-coréen «Psy», bat tous les records pour devenir le clip le plus vu sur Internet.
Cette entrée fracassante dans le Hit-parade mondial n'est guère un phénomène isolé, mais un parachèvement pour la K-pop (pop sud-coréenne) et la «vague culturelle coréenne» (Hallyu, en coréen) qui après avoir déferlé sur le Sud et l'Est de l'Asie, s'apprête à conquérir le reste du monde.
La Corée du Sud dans l'imaginaire de beaucoup de Tunisiens reste ce «dragon asiatique», exportateur de voitures, de téléphones et de produits électroniques de qualité et à prix abordables.
Les noms de Samsung, LG et Kia, familiers pour les Tunisiens, représentent des entreprises conquérantes sur le plan marketing, mais paradoxalement discrètes sur leur identité coréenne. Une donne qui pourrait changer à l'avenir.
Des feuilletons à la conquête de l'Asie et du Monde
La nouvelle donne est que la culture coréenne est un produit comme les autres, qui s'exporte dans le monde, à travers la musique, les films, mais surtout les séries télévisées.
Les exportations de produits culturels sud-coréens, dont les films, les bandes dessinées et les jeux vidéo ont atteint un record de ventes de 4,2 milliards en 2011 contre 2.6 milliards de dollars en 2009. Des exportations culturelles en hausse de 25 pour cent en moyenne par an, plaçant la culture comme l'un des secteurs générateurs d'emplois.
La culture en Corée du Sud en chiffres, c'est 490 mille emplois crées en 2008 et 590 mille en 2011 en dépit d'une situation économique mondiale morose et une hausse du chômage.
En choisissant de soutenir activement son industrie culturelle, la République de Corée a saisi qu'au-delà de la dimension économique, la culture pouvait être également un faire-valoir et un excellent moyen pour améliorer l'image de la Corée du Sud dans le monde.
Les chanteurs et les stars coréens sont ainsi devenus de véritables ambassadeurs pour leur pays, accompagnant souvent plusieurs délégations officielles dans plusieurs pays voisins du Sud et de l'Est asiatique à l'instar du Japon ou du Vietnam.
La vague coréenne ou Hallyu qui a débuté à la fin des années 90 a été marquée par la diffusion de feuilletons en Chine, à Taiwan et au Vietnam puis au Japon et dans le reste de l'Asie du Sud-Est.
Les feuilletons coréens ont alors connu un succès fulgurant et surprenant dans l'ensemble de ces pays.
La particularité de ces feuilletons, celle de toucher un public cible composé essentiellement de femmes, particulièrement les 40-50 ans. Depuis 2005, la vague Hallyu a évolué pour mettre en avant les stars de la chanson de la K-pop et cibler cette fois-ci, un public plus jeune, à la fois féminin et masculin.
Parmi les feuilletons ou «dramas» coréens les plus connus jealous (1993), What is Love all about (1997) et d'autres qui rencontreront un tel succès en Chine qu'on recensera en 2006, une diffusion des programmes coréens supérieure à la totalité des autres programmes étrangers, Etats Unis et Japon compris.
Avec «Jewel In the Palace», les télé séries marquent le tournant avec un feuilleton qui fera office de véritable aubaine et manne pour le tourisme coréen.
Diffusé pour la première fois en 2003, le feuilleton diffusé en Tunisie sur la 1ère chaine nationale raconte l'épopée d'une femme médecin sous la dynastie Joseon, au XVIème siècle.
Il met en avant les héritages coréens en cuisine, médecine et coutumes traditionnelles. Un feuilleton qui engrangera un taux d'audience de 45,8%, jamais encore atteint en Corée du Sud et une distribution dans plus de 30 pays, dont la Tunisie et plusieurs pays arabes, des pays d'Europe et d'Amérique du Sud.
La culture au service du tourisme coréen
La culture va devenir peu à peu, le principal argument touristique de la Corée du Sud. En plus de faire découvrir la Corée, son mode de vie et sa culture à l'internationale, la vague Hallyu sera un des moyens pour dynamiser l'économie locale à travers la vente de divers produits tels que la nourriture, la mode, les cosmétiques ou encore la chirurgie plastique qui s'inspire des canons de beauté des stars coréennes.
Les feuilletons coréens draineront ainsi un véritable pèlerinage vers les lieux de tournage des séries télévisées. Par exemple les fans du feuilleton «Winter Sonata» seront très nombreux à visiter l'Ile de Nami avec 270 mille visiteurs en 2001 et plus de 2 millions de visiteurs l'année suivante.
Une île qui générera grâce aux ventes de produits dérivées des idoles et divers souvenirs, un chiffre d'affaires de 18 millions de dollars par an.
Un circuit touristique sera même mis en place à travers le Korean Wave Express permettant aux visiteurs de se rendre par TGV dans les villes de Séoul et Chuncheon. Le feuilleton Jewel Palace (Dae Jang Geum en coréen) possède ainsi son véritable parc d'attraction, un site devenu au fil des ans comme l'un des dix sites les plus visités par les étrangers en Corée.
L'appui de l'Etat à la culture
Ce succès culturel coréen n'aurait pu voir le jour sans l'appui des autorités publiques qui ont marqué le tournant à partir de 1998 avec la mise en place d'un ministère dédié au tourisme et à la culture et le lancement d'un véritable plan stratégique le «Second Tourism Developement Plan» (2002-2011).
Ce plan qui fixe les grandes orientations pour le tourisme et la culture se distingue par l'appui massif apporté aux industries des médias, marqué par un quintuplement du budget consacré à la culture.
Les chaebols ou les grands groupes industriels comme Samsung, LG ou Hyundai seront sollicités et encouragés à investir dans l'industrie culturelle particulièrement dans les feuilletons et les médias.
L'appui à la culture se structurera également par la mise en place de la Korean Culture and Content Agency (KOCCA) en 2001 avec pour mission de promouvoir les contenus coréens par les jeux, la vidéo, la musique, les films et feuilletons ou encore par les contenus mobiles.
L'objectif annoncé de cet institut qui gère à sa création un budget de 90 millions de dollars, est de hisser la Corée du Sud au rang des cinq premiers pays fournisseurs de contenus dans le monde.
D'autres agences comme le Korean National Tourism ou le Korean Tourism Research complètent ce dispositif. Une stratégie qui a permis au tourisme, à la culture et aux sports de représenter en 2011 près de 1.4% du Budget soit environ 3,5 milliard de dollars dans une économie hautement industrialisée.
L'une des raisons avancée au succès des feuilletons coréens à l'international est sans nul doute leur compétitivité avec un faible coot à la production.
On estime que les téléséries coréennes sont quatre fois moins chères que leurs équivalentes japonaises et dix fois moins chères que celles produites à Honk kong. Au-delà du prix, la qualité de la production est un autre facteur déterminant qui prend source dans le soutien financier apporté par les chaebols coréens (Kia, Samsung, LG, Hyundai, etc..) qui sensibles aux retombées économiques et marketing de ces produits culturels s'investissent et parrainent l'industrie culturelle nationale.
Des acteurs masculins au physique avantageux présentés souvent de façon idyllique comme riches, beaux, attentionnés et follement amoureux de leurs partenaires féminines complètent un tableau romanesque et rompt avec l'image machiste véhiculée dans la plupart des autres séries asiatiques.
Des feuilletons mélancoliques teintés de romantisme connaissent un succès fou auprès d'une gente féminine accros à ce type de série dans les différents pays d'Asie et du Monde.
Un autre spécificité sud coréenne est également mise de l'avant et consistant dans le fait que les sud coréens souvent de nature très expressive sont considérés comme les «latins d'Asie», un trait de caractère qui séduit à l'international et facilite l'identification des téléspectateurs et des fans à leurs stars des télé-séries ou de la K-pop coréenne.
Les feuilletons coréens qui sont souvent un savant mélange des cultures américaines et asiatique reprenant les valeurs inspirées du confucianisme, de la famille, du respect des aînés et des convenances sociales, amplifient l'écho et l'impact de tels feuilletons sur les autres peuples d'Asie ou d'Orient qui s'approprient les valeurs et les héros qui les représentent.
Des téléséries coréennes qui rompent ainsi avec les excès de violence et les références sexuelles véhiculées par les séries américaines.
La vague coréenne ou l'Hallyu touche désormais plusieurs pays arabes d'Orient ou d'Afrique du Nord à l'instar de la Tunisie, qui en diffusant le feuilleton «Jewel in Palace» démontre que les valeurs coréennes sont celles partagées par les publics de l'ensemble de ces régions.
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