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A propos du titre en arabe de ‘Fausse Couche' le théâtre national réagit
Publié dans Tuniscope le 23 - 02 - 2017

Dans un communiqué qu'il a rendu public, le théâtre National est revenu sur l'affaire 'Fausse Couche' dont le nom a été changé.
Jeudi 16 Février 2017 le Théâtre National Tunisien a reçu un acte d'huissier adressé par le conseil national syndical des imams et cadres des mosquées demandant le retrait sous 24h de l'Affiche du spectacle « Fausse Couche » mis en scène et chorégraphie de Nejib Khalfallah, production Théâtre National Tunisien en raison de son titre en arabe « ألهاكم التّكاثر », constituant selon eux une « atteinte au sacré ». Nous ne reviendrons pas ici sur le non-sens de cette allégation ni sur la longue liste d'emprunts artistiques au coran. L'ignorance de l'histoire artistique et culturelle est un choix politique des fanatiques religieux.
Entre jeudi 16 février après-midi et vendredi matin, des informations sécuritaires indiquant des menaces physiques contre la salle du Théâtre National Tunisien, Le 4ème Art nous sont parvenues à travers le Ministère des Affaires Culturelles confirmée le lendemain lors de la visite d'officiers de police à la salle du 4ème Art. Nous avons également pu constater vendredi matin l'appel à la mobilisation lancé par Ridha Jaouadi, ancien Imam fanatique notoire relayé par des dizaines de milliers de fidèles avec menaces, accusations d'apostasie et appels à la violence.
Nous devions alors faire un choix. Nous aurions pu laisser l'affiche telle-quelle sur la voie publique et invoquer le droit constitutionnel à la liberté de création artistique. L'histoire récente des différentes mobilisations violentes à la suite de prêches fanatiques appelant à protéger le sacré et châtier les mécréants est malheureusement éloquente. Nous craignions d'être instrumentalisés pour déclencher une démonstration de force semblable aux tristes évènements du cinéma Afric'art, de Nessma suite à la projection de Persépolis (qui a servi à mobiliser les troupes avant les élections du 23 Octobre 2011) puis Manouba, Abdellia, actions ayant permis l'organisation des rangs des fanatiques religieux inaugurant les attaques Jihadistes qui ont suivi. La récente attaque d'un restaurant à Djerba préfigure d'un retour du cercle vicieux de la violence religieuse, dans un contexte où la société civile demande des comptes aux imams fanatiques ayant appelé au Jihad en Syrie en même temps que la perspective des prochaines élections, l'objectif étant de faire diversion des sujets gênants tout en remobilisant pour reconquérir l'espace public et peser dans les prochaines municipales.
Ayant reçu l'information à l'avance et ayant eu la possibilité de choisir, nous avons pris nos responsabilités en tant que gestionnaires de l'institution, la salle « Le 4ème Art », lieu de rayonnement artistique important et envers le pays. Il était pour nous hors de question de servir de marchepied pour le retour des manifestations de violence d'extrémisme religieux. La propagande intégriste aurait su instrumentaliser efficacement une manifestation devant la salle du 4ème Art, quelle qu'en soit l'issue. En concertation avec le ministère de tutelle et le chorégraphe auteur du spectacle, la décision a été prise de marquer ostentatoirement la censure du titre en arabe d'un X noir. Nous souhaitions en même temps désamorcer la mobilisation des fondamentalistes tout en marquant la censure pour appeler à un débat national sur la censure religieuse. Malgré la publication d'un communiqué expliquant la prise de décision, signé par l'artiste et directeur général du Théâtre National Tunisien Fadhel Jaïbi, appelant à serrer les rangs face à la menace intégriste et annonçant la poursuite de Ridha Jaouadi en justice, les réactions de surenchère sur la défense de la liberté d'expression en même temps que les opérations de règlement de compte se sont enchainées. De nombreuses déclarations de soutien et appels à l'union ont également été publiées. Même si c'est bien le Théâtre National Tunisien et son directeur général qui ont été menacés par les fanatiques religieux, nous ne souhaitons pas nous positionner en victimes. Nous avons précisément fait le choix d'éviter la position de martyrs. Plus que jamais, la société civile, les artistes ont besoin de s'unir pour répondre à cette attaque qui ne doit pas rester impunie, car elle en augure peut-être d'autres. Il faut serrer les rangs pour résister aux velléités d'intrusion des intégristes dans la création artistique. C'est pourquoi un débat de fond sur la question sera organisé bientôt au 4ème Art. Nous ne devons pas nous tromper d'ennemi.


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