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Avec Eloquence, Mohamed Zinelabidine tire sa révérence
Publié dans Tuniscope le 20 - 02 - 2020

Juste avant l'annonce de la formation gouvernementale proposée par Elyes Fakhfakh, chef de gouvernement désigné, Mohamed Zinelabidine, le ministre des affaires culturelles sortant, a publié un statut sur sa page facebook dans lequel il s'est félicité de la liberté annoncé par son prochain départ du ministère.
Voilà ce qu'il a écrit :
En ces moments présents rares de beauté qui effleurent et préparent la liberté...cherchons un sens caché au bonheur, ce culte de l'instant.
«Toute chose appelle son contraire» disait Pierre Desgraupes".
En renvoyant la moralité à ses états provisoires, René Descartes voulait creuser le sens d'un bonheur incompris par la profusion d'une vie, à la fois vivable, vivante et vécue. Il la pourvoira d'un bonheur rationnel, d'un devoir de réalisation et de l'individualisme d'un Être pensant, donc faisant.
Un Être qui pense donc qui est. N'a-t-il pas creusé par cette notion de vérités provisoires un champ de relativité vérifiable aux contextes de l'existence singulière et plurielle ? Le bonheur serait-il construction de l'esprit, chimère ou impression? Rationalité et émotion l'impriment pour que chacun y abonde à sa façon.
Quête d'absolu vérifiable, soumis aux vérités du temps, l'Être y verra hasard et volonté, engagement et laisser-faire.
Le bonheur serait cette lueur d'espoir et de réalisme manifeste ou occulte au fil du temps. Le bonheur est aussi connaissance et reconnaissance d'un pouvoir, d'une autorité circonstanciée qui réalise certains et transcende d'autres. D'où sa relativité autant que sa précarité mutante entre symbolique et contextualité vagabonde et rebondissante.
C'est dans ce sens que l'Homme est porté aux rivages du doute, de la méfiance, de la défiance, de l'instant. Révélé au miroir de la projection et de la sublimation. Le bonheur serait un état de conscience ou le fait d'une inconscience. Une vérité au déboire de la contre-vérité, au regard du prochain, de l'advenant.
Le bonheur est ce qu'on en ressent, ce qu'on en retient, ce qu'on en exprime comme vérités d'un temps qui échappe à son temps. C'est un bonheur au réel sublimé, une aspiration marquée ou démarquée par la raison et son double. Chacun en fera sa propre réalité, chacun en établira sa propre vérité entre allégeance et oubli.
De toutes ces péripéties des cours et revers du bonheur, chaque fois que le malheur accourt, il fera réapparaître legs et espoirs pour un instinct de survie difficile et pressant. Une vérité de vie au détour du bonheur tourmenté, comme n'en pensaient pas moins Albert Camus ou Dostoïevski. Comme quoi, l'Homme a toujours besoin de contradiction et de contradicteurs pour se réaliser et c'est souvent dans le déchirement, le tiraillement et l'instabilité que l'on quête et retrouve ses repères référentiels et pluriels.
Néanmoins, Durkheim ne voyait-il pas « les liens sociaux comme des choses » ? Le bonheur de l'Homme, pour lui, n'était-il pas sa faculté de s'adapter à l'institutionnel et à la loi ? Il en sera ainsi du bonheur comme itinérance et éternel départ d'une question de soi.... à soi.


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