Bonne nouvelle pour les retraités : plus de déduction progressive sur les pensions    CAF dans le viseur : l'Espérance dépose une plainte officielle    Nuages et vent : un temps changeant    Mourouj: la STEG clarifie les causes de l'explosion    Mohamed Ali Nafti représente la Tunisie aux forums africains sur la paix et la justice    Jilani Benmabarek à Al Kitab avec les copains d'avant (Vidéo et Album photos)    Déviation de la circulation dans cette ville    Airbus stoppe 6 000 avions A320 après la découverte d'une faille    YJC Power mise sur la Tunisie pour ses batteries    Sous pression en Angola : un match crucial à suivre    Le Goethe-Institut Tunis présente Filmklub : Was ist neu? / Chfama jdid ?    Direct Club Africain – Stars d'Al Quds : chaîne TV et streaming disponibles    Matchs de la Tunisie lors de la Coupe Arabe Qatar 2025 et les primes en jeu    Red Sea International Film Festival 2025 : Le cinéma nord-africain à l'honneur    Rapport APT d'ESET : une guerre silencieuse entre puissances numériques (Avril-Septembre 2025)    Samsung Vision AI Companion : L'AI conversationnelle au service des ménages du monde entier    Inondations et glissements meurtriers frappent la région : des dizaines de morts    Météo en Tunisie : pluies orageuses sur plusieurs régions du nord    Choc : Trump réexamine les cartes vertes de migrants de 19 pays, dont 4 arabes !    Tunisie convoque l'ambassadrice des Pays-Bas pour ingérence    Kaïs Saïed répond fermement au Parlement européen : La souveraineté tunisienne n'est pas négociable    Tunisie Telecom, acteur clé d'une IA responsable et compétitive    nouvelair lance sa promo Black Friday: 30% de réduction sur tout son réseau    Sonia Dahmani libre ! Le SNJT renouvèle sa demande de libération des journalistes Chadha Haj Mbarek, Mourad Zghidi et Bourhen Bssaies    Chine: L'Orient du développement, modèle d'avenir pour le Sud ?    Météo en Tunisie : pluies éparses attendues jeudi et vendredi    Prix Abou El Kacem Chebbi 2025 : La Tunisie au cœur de la création littéraire arabe    L'artiste tunisienne Bochra Mohamed est décédée    Ghalia : la chanson qui secoue la Tunisie contre les violences faites aux femmes    Epson L11050: l'imprimante A3 multifonction pensée pour les environnements professionnels exigeants    Hommage à René Passet, pionnier de l'approche transdisciplinaire en économie et le développement durable    Elyes Ghariani: L'Union européenne à l'épreuve des nouvelles dynamiques sécuritaires    Ce vendredi à la librairie Al Kitab Mutuelleville: Jilani Benmbarek présente son nouveau livre «Lumière sur une aventure»    Météo en Tunisie : pluies orageuses attendues à l'extrême nord    Triomphe tunisien au Caire : Afef Ben Mahmoud sacrée meilleure actrice pour « Round 13 »    Les nouveaux ambassadeurs du Burkina Faso, du Liban et des Etats-Unis d'Amérique présentent leurs lettres de créances au Président Kais Saied (Vidéo et album photos)    Khadija Taoufik Moalla - Dépasser la notion de "race": vers une humanité réconciliée    Le jour où: Alya Hamza...    Alerte Technique : Cloudflare frappé par un ''pic de trafic inhabituel''    Le SNJT organise un mouvement national dans toute la Tunisie pour défendre la liberté et la dignité des journalistes    Ridha Bergaoui: Des noix, pour votre plaisir et votre santé    Match Tunisie vs Jordanie : où regarder le match amical préparatif à la CAN 2025 du 14 novembre?    Hafedh Chekir: Accroissement naturel de la population en Tunisie    Jamila Boulakbèche et Isra Ben Taïeb remportent 2 médailles d'or aux Jeux de la Solidarité islamique 2025    Secousse tellurique en Tunisie enregistrée à Goubellat, gouvernorat de Béja    Le CSS ramène un point du Bardo : Un énorme sentiment de gâchis    Ligue 1 – 11e Journée – EST-CAB (2-0) : L'Espérance domine et gagne    New York en alerte : décès de deux personnes suite à de fortes précipitations    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Marzouki : « La révolution n'est ni religieuse, ni laïque. Elle s'est déclenchée pour la dignité et les libertés »
Publié dans Tunivisions le 19 - 06 - 2012

« Le dialogue des religions est la meilleure voie pour transcender les différences, régler les conflits et instaurer une relation saine entre les religions et plus particulièrement entre l'Islam et le Christianisme », a-t-il ajouté lors d'une conférence, à Tunis, sur le thème « la religion dans une société en transition : Comment la Tunisie interpelle l'occident ? ». La parfaite compréhension des nobles préceptes de l'Islam, a-t-il estimé, devrait nous éloigner du dogmatisme, du fanatisme, des préjugés et des idées préconçues qui empêchent l'instauration d'un dialogue réel et fertile entre les mondes occidental et islamique ».
Cette conférence a été organisée, les 18 et 19 juin courant à Tunis, à l'initiative de la fondation « Oasis » pour le dialogue des religions et des civilisations. Créée en 2004, cette fondation a pour but de promouvoir la connaissance réciproque et la rencontre entre le monde occidental et le monde à majorité musulmane. Si dessous le discour intégral.
Mesdames et Messieurs, Chers amis,
Au nom de tous les tunisiens et en mon nom propre Je vous souhaite la bienvenue, et remercie d'avoir choisi Tunis pour cette rencontre de la fondation Oasis.
Son objectif est d'analyser non seulement les conditions des libertés dans la Tunisie d'après la révolution, mais de montrer en quoi les événements tunisiens ont bouleversé un certain nombre de paradigmes occidentaux sur la question du rapport entre religion et politique.
On ne peut qu'encourager les discussions de ce type, qui refusent d'adopter les paradigmes réducteurs de l'opposition entre islam et sécularisme. La révolution tunisienne s'est distinguée en ce qu'elle n'était ni une révolution religieuse, ni une révolution laïque, mais une révolution pour le dépassement de ces oppositions stériles, pour la dignité, pour les libertés.
Hier, son éminence le cardinal Scola, évoquant les défis de la compréhension mutuelle entre orient et occident, insistait sur la nécessité d'élargir les référents des uns et des autres, et non pas simplement de juxtaposer des communautés particulières.
C'est bien là l'enjeu central de la période de transition que nous traversons. Les défis que nous devons désormais relever ne concernent plus simplement la problématique du dialogue des religions ou des civilisations, de la protection paternaliste des minorités religieuses par un Etat autoritaire.
La problématique de la liberté religieuse ne doit pas être pensée séparément de la question de la citoyenneté et donc de la démocratie et de l'ensemble de ses valeurs et mécanismes dont la liberté d'expression.
Les défis sont nombreux, les sources d'inquiétude réelles, mais il faut aussi nuancer la description pessimiste que les commentateurs occidentaux inquiets donnent du monde arabe.
Les débats sur l'équilibre entre liberté d'expression et liberté religieuse, sur la place des symboles religieux dans l'espace public, sur le sens du sacré, ne sont en rien spécifiques à la Tunisie ou à l'islam.
La cour suprême américaine débat de l'interprétation du premier amendement de la constitution depuis le 19ème siècle, et s'interroge toujours sur l'équilibre entre la clause d'établissement et la clause de libre exercice.
La cour européenne des droits de l'homme a débattu récemment de la question de savoir si les crucifix peuvent être accrochés dans les salles de classe italienne, et s'ils sont un symbole religieux ou culturel.
Les catholiques ont manifesté cette année en France contre une pièce de théâtre jugée blasphématoire.
Les Américains ont protesté contre le caractère offensant de la construction d'un centre islamique près du site de Ground Zero...
Nulle part, la revendication du droit à la liberté d'expression totale n'existe sans être remise en cause par la référence à d'autres types de normes, morales, religieuses.
Cette problématique n'est en rien propre à la Tunisie. Il n'y a pas non plus de spécificité islamique.
Toutes les religions sont traversées aujourd'hui, comme hier, par des débats importants. Les questions de l'avortement, du droit des homosexuels sont centrales aux discussions actuelles du christianisme.
Une partie du clergé catholique s'oppose au plan de réforme du système de santé lancé par le président Obama au nom de la liberté religieuse.
Mon propos n'est pas ici de confondre tous ces contextes, mais de rappeler que l'interrogation sur l'équilibre entre les diverses libertés, la liberté religieuse et la liberté d'expression, est propre à toutes les sociétés, occidentale et non occidentale. Toutes les religions doivent gérer des débats internes profonds relatifs aux normes libérales. Enfin, l'argument de la liberté religieuse n'est pas toujours utilisé à des fins progressistes, mais parfois aussi pour maintenir le contrôle d'institutions religieuses sur les membres de leurs communautés.
Ces interrogations, ces débats, ne peuvent bien entendu s'éterniser et doivent aboutir à la mise en place de solutions juridiques et institutionnelles. Les controverses sont nécessaires, car les droits n'ont de sens que si le peuple se les approprie. C'est par les controverses que cette appropriation se fait. C'est du conflit politique –raisonné- que naît un consensus réel.
Tout le monde est invité à prendre part aux débats en cours, toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance religieuse ou leur non appartenance religieuse. C'est seulement de cette façon que l'on pourra créer un nouveau monde commun. Cet engagement est non seulement un droit, mais une nécessité, car, comme le disait Mgr Scola hier, la tentation du repli n'a pas de sens : « il n'existe aucune île sur laquelle se retirer, ni aucune enceinte où se réfugier ». +
Qu'est ce qui doit émerger de tout cela pour moi qui suis un citoyen de ce pays en mutation et un responsable politique participant à la gestion de cette mutation.
Pour moi face aux difficultés crées par les peurs, les incompréhensions et l'extrême tension nerveuse qui caractérise les périodes charnières, il faut maintenir un cap. S'il faut défendre la liberté de conscience, c'est parce qu'elle est le fondement d'un type d'appartenance moderne qu'est la citoyenneté. Aujourd'hui l'appartenance religieuse fonde l'appartenance à une communauté de foi et non à l'appartenance à la communauté nationale.
On peut être citoyen tunisien, tout en étant musulman, chrétien, juif, athée. Le plus important est qu'on le soit sans difficulté, de façon non conflictuelle, naturelle, confortable oserais-je dire, en connivence et en synergie avec l'autre reconnu et accepté comme si différent et si semblable.
Tel est notre objectif, tel est notre destin si nous voulons nous humaniser chaque jour un peu plus Je vous remercie


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.