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Alice au pays des merveilles ou les professionnels du tourisme au pays d'Ennahdha !
Publié dans WMC actualités le 15 - 11 - 2011

Le premier forum d'Ennahdha a été consacré au tourisme. A cette invitation, tout le monde est venu. Des curieux, des inquiets, des intéressés, des opportunistes, des professionnels, des un peu moins… La salle était archicomble, les attentes énormes et les déceptions et réconforts se lisaient en fonction de si l'on croyait ou pas en ce qui se disait par les dirigeants du parti «Ennahdha». Après cette réunion, si on ne sauve pas les meubles du tourisme tunisien, Ennahdha n'en sera pas la seule coupable. Par ce meeting, elle a mis les professionnels à contribution et devant leurs responsabilités afin de minimiser les risques et essayer de garantir une année de transition délicate.
Au premier rang des invités, les poids lourds du secteur qui, comme d'habitude, ont déballé leurs problèmes et revendications. Au programme: la diversification en laquelle ils croient si peu, l'approche régionale -tiens, ils s'en souviennent!-et bien entendu l'incontournable endettement. Quand bien même Ennahdha fumerait tous calumets de la paix avec eux, ni elle ni personne ne pourra un jour prendre cette décision irrationnelle. En faire table rase est une folie dont la Tunisie n'a tout simplement pas les moyens. Ceci dit, la profession ne le revendique pas ou plus ouvertement… quoi que...!
Ennahdha avait-elle, à travers ce forum dédié aux «horizons du tourisme», ouvert un cahier de doléances? Assurément non. Hamadi Jebali, secrétaire général et probable Premier ministre, est venu confirmer qu'il avait parfaitement compris qu'il ne pouvait se passer du tourisme. Alors que peut faire Ennahdha pour le secteur? La question, même si elle mérite d'être posée, n'est pas forcément la plus importante. A moins d'être suicidaire, aucun parti politique ne peut se permettre de mettre en question l'importance du tourisme. Il y va tout simplement de sa propre survie.
La vision «hallalisée» telle que portée par Rached Ghannouchi et orientée vers les pays du Golfe serait en fait plus une forme de marquage de territoire qu'autre chose! La Tunisie n'est ni assez «luxe» ni assez permissive pour être capable, de suite, de concurrencer des capitales touristiques comme Londres, Paris ou Le Caire. Le tourisme sera-t-il il prioritaire pour un parti qui devra affronter l'exercice du pouvoir tout en se restructurant et préparant ses prochaines campagnes électorales dans un contexte économico-social extrêmement fragile?
La balle est dans le camp des pros
A quelques jours de la constitution du nouveau gouvernement suite aux élections du 23 octobre, Ennahdha serait-elle venue à ce Forum avec de belles paroles et pas grand-chose dans les poches? Non, elle a fait mieux. Elle est venue remettre aux mains des professionnels leur propre secteur.
Le parti sait déjà qu'il ne pourra rien réformer cette année et préfère “pactiser" pour gérer 2012 dans le “consensus“. C'est donc à la profession qu'Ennahdha en offre la possibilité et responsabilité. A eux de trouver les formules qui leur conviennent en reconsidérant leurs positions, en réadaptant leurs visions, en assainissant le climat général avec leurs employés, en fédérant un maximum de monde, en s'essayant à démocratie dans leur propre secteur… Bien qu'il ait finalement peu parlé de tourisme, Hamadi Jebali a dit l'essentiel: «Avant de demander ce qu'Ennahdha fera pour vous, remettez-vous en question. Que n'avez vous pas fait pour en arriver là?».
La balle est maintenant dans le camp de la profession et l'Administration recevra, selon Mohamed Belajouza, président de la Fédération tunisienne de l'hôtellerie (FTH) aussi vite que possible une feuille de route. Il s'agit de ne pas refaire les dérapages et erreurs de l'année 2009 et dont l'un des principaux écueils a été le divorce consommé entre l'administration et la profession.
En effet, une évolution dans les rapports tarde à se faire. La révolution du tourisme passera par le changement des mentalités, et ni Ennahdha ni aucun autre parti ne pourra y changer quelque chose. Comment vendre une destination quand on n'y croit pas soi-même? Comment donner le meilleur de soi lorsque l'on se tire dans les pattes? Comment affronter des destinations de plus en plus performantes quand on ne se met pas à niveau? Comment continuer à défendre ceux qui portent le plus de tors à son propre secteur? Comment gagner quand on se fait la guerre en interne et décrédibilise automatiquement toute initiative?...
Ceci étant dit, le parti islamiste rassure en affirmant qu'il ne changera pas grand-chose dans le secteur, du moins pour le moment, et remet à l'ordre du jour la stratégie 2016 du cabinet Roland Berger. Une étude réclamée par les pros du secteur qui, même si elle donne la bonne direction, devrait être condensée par souci d'efficacité et de pragmatisme. Il s'agit de mettre en place des mesures de sauvetage et non de développement pour une année.
Reste qu'il s'agit aussi de rassurer des partenaires internationaux qui ne voient pas en l'arrivée d'Ennahdha un élément réconfortant pour le développement du tourisme. Au lourd déficit d'image de la destination, vient donc s'ajouter une vision «étrangère» plutôt réductrice du processus démocratique tunisien et dont la réussite de ses premières élections n'est que l'une des premières étapes. Désormais, il s'agira de doubler les efforts et probablement les budgets pour changer la perception d'Ennahdha en plus de celle de la destination.
Libertés privées et collectives
Pour en revenir au forum, cette demie journée de rencontres a permis à Hamadi Jebali et son équipe de prendre note des accusations discourtoises, des flatteries mielleuses, des félicitations mièvres et des procès d'intention les plus farfelus ou justifiés. Ses remerciements publics à l'égard de Tijani Haddad qui se définit comme un «militant du tourisme» tout en se défendant d'être «nahdhoui» a jeté le trouble dans l'esprit de certains qui ont vite conclu que Ennahdha prend les mêmes et recommence!
Par les multiples réactions de la salle, Ennahdha a aussi sondé les craintes et les peurs d'une partie de ses concitoyens qui s'articulaient autour des libertés, du statut de la femme, de l'ouverture de la Tunisie, des querelles entre les différents courants et leaders islamistes… Le très probable futur Premier ministre a fait preuve de grande humilité, finesse et patience en écoutant pendant plusieurs heures les participants déballer toute sorte de témoignages, exhortant le parti, frisant l'insolence, abusant des flatteries. Il a même déclaré: «critiquez-nous!».
Mais à quoi s'est engagée Ennahdha finalement? Ne fait-elle pas preuve par les fermes déclarations de son secrétaire général du respect des libertés individuelles preuve d'un certain assouplissement? Depuis des semaines, ses différents leaders affirment ne pas toucher ni à l'alcool, ni aux minijupes, ni aux discothèques… Ce même Hamadi Jebali ne disait-il pas à la télévision il y a quelques mois encore que jamais son parti n'autoriserait ce que Dieu a interdit? Par ce nouveau discours et ses positions plus modérées, Ennahdha prouve qu'elle commence déjà à exercer le pouvoir en -excusez l'expression-, mettant de l'eau dans son vin.
Ennahdha sait que c'est en forgeant que l'on devient forgeron et devra trouver un équilibre entre son modèle bâti sur les grands principes de l'Islam et les besoins économiques du pays. Pour remettre en marche le secteur du tourisme, la Turquie, leur destination de référence, n'a pas hésité à ouvrir des hôtels pour nudistes et des casinos, en même temps que des hôtels islamiques.
Résister à la moralisation de la société, tout en restant fidèle à ses principes, contenter sa base tout en faisant les yeux doux aux capitaux tunisiens et étrangers, c'est une nouvelle voltige que se devra d'exécuter Ennahdha.
En nettoyant le système de la corruption qui sévissait en Tunisie sous le règne de Ben Ali, il y a un nouveau modèle à mettre au point. Si ce dernier n'autorisait les licences d'alcool que pour enrichir ses proches et pénalisait ceux qui ne faisaient pas partie de son clan mafieux, Ennahdha se devra de faire la différence, par exemple, entre les libertés privées et le droit des entreprises à une licence d'alcool. Un investisseur français, présent dans la salle au forum, est resté dans le flou quant à la réponse qu'il a obtenue de la part de Hamadi Jebali. Il ne s'agissait pas pour lui de consommation personnelle mais d'autorisations, de facilitations et procédures administratives pour des entreprises. Et la différence est énorme!


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