Inflation de 4.8%, déficit courant de de -4.350 MDT et taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie inchangé à 7,00%    Tunisie lance un appel d'offres international pour 50 000 tonnes d'orge    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    La municipalité de l'Ariana frappe fort contre le commerce illégal    Météo Tunisie : vents violents jusqu'à 100 km/h et pluies orageuses    Du donnant-donnant en milieu académique: entre coopération éthique et dérive clientéliste    Fierté tunisienne : Ridha Mami ouvre un département arabe et islamique au Mexique    Fortes rafales et intempéries : l'Observatoire appelle à la vigilance sur les routes    Bonne nouvelle pour les Tunisiens : des centaines de postes ouverts dans l'éducation    Taux directeur maintenu à 7% : la Banque Centrale de Tunisie mise sur la stabilité face aux incertitudes    beIN MEDIA GROUP obtient les droits exclusifs de diffusion des Jeux Olympiques Milano Cortina 2026 et Los Angeles 2028 dans la région MENA    Le diplomate tunisien Mohamed Ben Youssef nommé à la tête de l'Institut culturel Afro-arabe    Décès de Boubaker Ben Jerad, une figure majeure du football tunisien    Sabri Lamouchi : fier de coacher un équipe 100 % tunisienne et de réaliser les rêves du public    L'île de Djerba réduit de moitié sa consommation d'éclairage public grâce aux LED    LG présente son expérience AI Home au LG InnoFest MEA 2026 à Abou Dhabi    Osaka 2025 : Mourad Ben Hassine souligne le succès tunisien devant 600 000 visiteurs    Raoua Tlili et Yassine Gharbi remportent 2 médailles d'argent aux Championnats internationaux de Fazza de para-athlétisme 2026    La danse contemporaine à l'honneur au Festival des Premières Chorégraphiques à Tunis et Sfax (Programme))    Elyes Ghariani - La doctrine Donroe: le retour brutal de l'hégémonie américaine    Météo en Tunisie : temps nuageux, chutes de pluies éparses    Changement à la tête de l'ITES : Kaïs Saïed démet le directeur général    Sous la surface: un voyage dans les abysses, royaume de la pression    UNICEF Tunisie lance un guide pour expliquer l'IA aux enfants    L'ambassadeur Mondher Mami est décédé    La Galerie Saladin propose l'exposition Les 12 Art'pôtres de Carthage    Les taekwondoistes tunisiens dominent le classement de la Coupe arabe juniors avec 8 médailles    Décès du Dr Badri Mimouna après une répétition théâtrale    Météo en Tunisie : chutes de pluies éparses sur les régions côtières    Du marketing au gaming: une nouvelle façon de séduire    Magna Mater: La Grande Déesse de retour à Zama (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Tunisie: Gestion des villes et conseils municipaux    Concert de Bad Bunny à la finale du Super Bowl 2026 : plein de symboles gloire à la culture Latino    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    Un pays arabe bloque Roblox pour protéger les enfants    Le pamplemousse ou pomélo en Tunisie : un trésor nutritionnel et culinaire souvent ignoré    La Tunisie à Ajaccio et à Bordeaux    Salon national des arts plastiques: des talents à promouvoir (Album photos)    Etude de cas - Venezuela: Anatomie d'une opération spéciale, l«Absolute resolve»    Ramadan 1447 en Arabie Saoudite : voici quand débutera le jeûne et l'Aïd al-Fitr    Le Conseil européen de la fatwa fixe la date du début du Ramadan    Nizar Chakroun fait rayonner la littérature tunisienne avec le Prix Naguib Mahfouz    Trump 2.0: l'avènement de l'Etat-entreprise et la recomposition de l'ordre mondial    Sidi Bou Saïd menacée par les glissements : comment protéger la colline ?    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Tunisie : Bientôt du mariage "orfi" pour doper le tourisme?
Publié dans WMC actualités le 07 - 02 - 2012

La déclaration qui choque venait, bien entendu, d'une femme, et pas n'importe laquelle, Madame la ministre des Affaires de la Famille et de la Femme. Elle affirme, dans un premier temps, que le mariage «orfi» est une question de liberté individuelle, mais elle se rétracte par la suite.
Après la politique consensuelle, la Tunisie plongera-t-elle dans le mariage consensuel? Le phénomène, selon certaines sources, commence à se propager dans les milieux universitaires au risque de faire sombrer le pays dans une orgie où l'on ne sait plus qui couche avec qui.
Le tourisme et le sexe ont toujours fait bon ménage. La Tunisie, même si certains conservateurs estiment que le pays l'est, n'a jamais été une destination de tourisme sexuel proprement dit comme le sont catégorisées bien d'autres destinations. La Tunisie n'a pas été assez permissive pour certaines clientèles et demandes.
Cependant, la pauvreté qui frappe le pays est un lit idéal pour son développement. Aux pouvoirs publics de faire attention à un fléau qui pourrait vite se propager si l'on ne prend pas les mesures nécessaires.
Dalenda Lagrèche, historienne et directrice du Centre d'études, de recherches et d'informations de Tunis, explique que ce phénomène, disparu depuis les années 1970, revient en force aujourd'hui à cause des mauvaises conditions sociales dans lesquelles vivent certaines Tunisiennes notamment. Selon elle, cette pratique est le symbole d'une soumission de la femme en échange d'une prise en charge financière.
Ce fléau reviendra assurément en force si l'on en parle en termes de "libertés individuelles" (sic) et que l'on ferme les yeux sur des pratiques encore éparses et singulières. Pour reprendre les propos de Kalthoum Meziou, juriste spécialisée en Droit international privé et ancienne doyenne et professeure à la Faculté des sciences juridiques et politiques de Tunis, cette balle d'essai est une «remise en question de tous les acquis de la famille tunisienne puisqu'il s'agit-là d'une première attaque frontale du Code du statut personnel entraînant nécessairement dans son sillage d'autres atteintes».
Qu'est-ce qu'un mariage «orfi»?
Le mariage en droit musulman peut prendre plusieurs formes: le «orfi», le «motaa», le «waktii», le «charri». Le mariage musulman est un contrat purement consensuel, seule la présence de deux témoins est exigée au moment de l'échange de consentement entre le futur époux et la future épouse ou son représentant.
Dans certains pays, le mariage «orfi» est une vraie motivation de voyage. En effet, certaines clientèles recouvrent d'un voile religieux leurs relations hors mariage profitant ainsi de la crédulité de jeunes filles. Sans s'étaler sur les répercussions de ces mariages sur les enfants à naître, la femme n'a bien entendu plus aucun droit ni aucune protection.
Qu'en est-il en Tunisie?
La loi du 1er août 1957 réglementant l'Etat civil exclut le mariage «orfi». Après la promulgation du Code du statut personnel, le législateur intervient le 4 juillet 1958 par une loi interprétative pour expliquer que le mariage «orfi» qui suit un mariage célébré en la forme légale constitue un cas de bigamie tombant sous le coup de la loi pénale. Le 20 février 1964 une autre loi sanctionne les hypothèses de polygamie. Depuis, toute union qui n'est pas conclue conformément aux dispositions de la loi est nulle et sanctionnée pénalement (art. 36 de la loi du 1er août 1957 réglementant l'Etat civil).
Le législateur fait ainsi de l'exigence de l'acte authentique le rempart contre un retour à la polygamie, rempart qui s'effondrerait avec le retour (éventuel) du mariage coutumier.
Avec les nouvelles pratiques et mentalités qui tendent à se développer et face à ce que l'on nomme hypocritement les «libertés individuelles», sommes-nous devant des incitations pour le lancement d'un nouveau produit touristique à forte valeur ajoutée? Rappelons que ce sont les enfants issus de ses unions que le parti au pouvoir s'est empressé de qualifier de «laquit» via une de ses autres porte-voix, Souad Abderahim, élue d'Ennahdha à l'Assemblée constituante tunisienne.
De là à ce que des charters pleins à craquer fassent des allers et retours sur la destination tunisienne, il y a encore de la marge. La société civile se mobilise et les femmes fortement convaincues et acquises à leurs droits aiguisent leurs armes. Elles refusent ce genre de retour en arrière qui porte atteinte à leurs dignités et à celle de leurs enfants.
Si certaines destinations ont fait fortune dans l'organisation des mariages, d'autres ont misé sur le tourisme des mariages temporaires. Des milliers de clients, surtout arabes, viennent passer leurs vacances pour consommer un mariage «hallal». Ils disparaissent ensuite dans la nature, laissant derrière eux le fruit de quelques nuits d'amour et une femme désemparée ne sachant quoi faire de sa vie ni de l'enfant à naître.
Avec l'institution des mariages temporaires (chiites) ou sans obligations (sunnites), du coup le tourisme sexuel “islamiquement correct“ (halal) pourrait devenir possible en Tunisie. Ailleurs il connaît une vogue grandissante.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.