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Les universités arabes à la traîne
Publié dans WMC actualités le 10 - 10 - 2005

C'est le titre d'un article publié par Mohamed SIHADDOU, ingénieur en Télédétection Toulouse-France, par sur plusieurs sites webs dont emarrakech.info du 26 septembre 2005, ou bien le Matin.ma. Nous avons sélectionné pour vous cet article, compte tenu des informations qu'il contient.
En ce qui concerne la Tunisie, que ces information soient vraies ou fausses, on remarquera que l'information fait encore défaut dans plusieurs domaines. Pour s'en convaincre, lisez le contenu ci-dessous, car plusieurs idées sont battues en brèche .
«Quand les organisations internationales dressent un tableau noir sur les différents pays du monde, les pays arabes se trouvent généralement en tête du classement : par exemple, les pays rongés par la corruption et la mauvaise gouvernance, les pays à taux élevé de pauvres et d'analphabètes, les pays accusés d'atteintes aux droits de l'Homme, à la liberté d'expression et de la presse, etc.
Par contre, lorsqu'il s'agit de classer les meilleurs pays du monde au niveau du développement, les pays arabes brillent par leur absence ou sont classés souvent parmi les derniers. Tel est le cas du classement des meilleures universités du monde.
L'Institut d'Enseignement Supérieur de l'Université Jiao Tong de Shanghai publie régulièrement le classement des 500 meilleures universités du monde; et chaque année, c'est le même résultat qui ressort : aucune université arabe ne figure dans ce classement. Sur les 100 premières universités, toutes sont américaines, canadiennes, européennes, japonaises et australiennes.
Parmi ce palmarès triste pour les pays arabes, on trouve quand même une université israélienne (Université Hébraïque de Jérusalem) qui occupe la 78e position et 5 autres universités israéliennes parmi les 500 meilleures du monde. Au niveau de l'Afrique, sur les 500 universités du monde classées, on dénombre seulement 4 universités et toutes sont sud-africaines.
Cette tendance du classement est encore bien soulignée par le site Internet Webometrics qui confirme la prédominance des universités américaines sur les autres universités du monde. Sur les 100 meilleures universités du monde, 74 universités sont américaines; encore mieux, les 25 premières universités, sont exclusivement américaines.
Il y a lieu de constater également la domination des universités des pays anglophones sur les autres universités (francophones, espagnoles, arabophones,…) et l'absence des universités arabes au top du classement. Au niveau du classement à l'échelle du continent africain, l'Afrique anglophone prend le relais des autres universités africaines.
L'Afrique du Sud aligne à elle seule 31 universités parmi les 100 meilleures universités du continent; cinq universités sud-africaines occupent les cinq premières places.
Qui dit classement dit jugement, et qui dit jugement dit aussi sélection ou encore sanction. Le classement de l'Université de Shanghai et celui de Webometrics sont très inquiétants pour les responsables des universités arabes et les ministères chargés de l'Enseignement supérieur et de la recherche dans les pays arabes. Les universités arabes sont-elles parmi les pires au monde? N'y a-t-il aucune université arabe digne de ce nom pouvant rivaliser avec d'autres grandes universités dans le monde? Ou bien les études menées par ces deux organismes ne sont pas sérieuses ou demeurent imparfaites?
Difficile d'apporter à ces questions des réponses tranchées. Pour établir le classement des 500 meilleures universités du monde, les chercheurs de l'Institut d'Enseignement Supérieur de l'Université Jiao Tong de Shanghai ont réalisé leur enquête de par le monde à partir de cinq critères: les lauréats du prix Nobel, le nombre de chercheurs de haut niveau, les articles parus dans Nature et Sciences et dans l'Index des citations (scientifiques et sciences sociales) et la performance universitaire de chaque établissement.
Jusqu'à présent, aucune université arabe n'a eu l'honneur de produire un lauréat du prix Nobel. La citation des recherches universitaires arabes dans des publications internationales sont extrêmement rares. Les universités arabes publient souvent leurs travaux en arabe et dans des revues locales, ce qui n'est sûrement pas à leur avantage. Certains pourront dire aussi que l'enquête est incomplète, puisque l'analyse ne peut pas encore quantifier plus précisément les études et les recherches des universités en Sciences Humaines.
Si le classement de l'Université de Shanghai est discutable puisqu'il se base sur le prix Nobel et tend à ignorer ou à minimiser les publications dans d'autres langues que l'anglais et favorise les grands établissements sur les petits : est-ce que le classement du site Internet Webometrics est aussi contestable ?
L'Observatoire Webometrics donne une vue générale de la science et de la technologie publiées sur le Web. Dans cette approche, l'Observatoire prend en compte un nombre varié des activités scientifiques publiées dans les sites Internet des universités. Il établit son classement suivant les critères de volume des publications sur le Web, de l'impact des pages Web mesurés par le nombre de fois que le site est cité et par le nombre de liens qu'il reçoit.
Webometrics qui dépend d'un laboratoire de recherche en Internet est dédié spécialement à l'étude quantitative des données concernant la communication universitaire sur Internet. Ce laboratoire a créé un journal électronique (Cybermetrics) qui se base sur la webométrie en utilisant les liens hypertextes à la place des citations dans les bibliographies pour établir des classements. Or, la plupart des universités arabes ne sont pas informatisées ou n'ont pas accès à Internet.
Pour autant, le résultat des deux enquêtes n'étonne aucun observateur, ni expert en matière d'enseignement supérieur et de recherches universitaires. Les universités arabes, pour la plupart publiques, sont financées par les gouvernements, sans aucune exigence en matière de qualité, ni rendement académique, ni scientifique. Il n'existe aucune norme sérieuse pour évaluer ces universités arabes.
La solution pour améliorer le rendement de ces universités, comme pour beaucoup d'autre domaine, est hélas financière et relève également de la bonne gouvernance et de l'investissement dans les ressources humaines. La rigueur - intellectuelle et financière des universités américaines, canadiennes, européennes et japonaises est évidente dans leur classement.
Et le Maroc dans tout cela? Quelles sont ses universités de niveau international ? Combien y en a t-il au Maroc qui peuvent être qualifiées ainsi ? Comment les universités peuvent-elles être évaluées et comparées au niveau mondial ?
Dans ce dernier classement Online de Webometrics sur lequel nous nous appuyons dans cet article, le Maroc s'en sort modestement et seulement à l'échelle maghrébine. Au niveau des 100 meilleures universités africaines, l'Université Cadi Ayyad occupe la 31ème position, l'Ecole Mohammadia d'Ingénieurs, la 37ème position, l'Université Chouaib Doukkali Al-Jadida, la 76ème position et l'Université Mohamed I d'Oujda la 83ème position. On trouve seulement deux universités tunisiennes (39ème et 97ème) au top des 100 meilleures universités africaines, tandis que les universités algériennes (64ème , 68ème, 72ème, 73ème, 80ème, 81ème, 99ème) n'arrivent dans ce classement qu'après les universités des deux pays maghrébins.
Les universités marocaines ne remplissent pas complètement les critères de Webometrics en terme des Nouvelles Technologies de l'Information. Cela soulève la question de l'appropriation et de l'intégration des Nouvelles Technologies de l'Information et de Communication dans nos universités. Nos universités sont très déficientes dans l'utilisation de cet outil indispensable à l'enseignement et à la recherche.
Il n'est pas étonnant de constater que même dans des facultés de l'information et de communication ainsi que des sciences, l'ordinateur est une denrée rare. C'est le fait de l'appauvrissement et de l'indifférence du pouvoir public en ce qui concerne l'enseignement et la recherche en général au Maroc.
J'ai été moi-même saisi de pitié en visitant certaines universités marocaines, sans les nommer, de constater que la bureautique est inexistante! Des bureaux administratifs misérables utilisant jusqu'à aujourd'hui la machine à écrire et de même que les bibliothèques ne sont pas informatisées. Certes, certaines universités disposent du site Internet, mais pas réellement fonctionnel ou n'est pas régulièrement mis à jour !
Si le Maroc en général est déjà en déséquilibre face au monde dit développé, il est encore très loin et très déséquilibré en ce qui concerne l'intégration des Technologies de l'Information dans les universités. Comment alors, dans ce cas, promouvoir le développement et le progrès sans une politique adéquate de l'enseignement et de la recherche moderne. Les priorités du Maroc sont certes nombreuses mais la modernisation de l'université en est une.
L'université marocaine a tout à gagner en intégrant les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. Il en va de sa promotion et de sa participation à la compétitivité qui caractérise actuellement les universités à travers le monde. La concurrence entre les universités est devenue aujourd'hui un fait incontournable.
Les classements mondiaux des universités publiés par l'Université Shanghai Jiao Tong et le site Webometrics ont provoqué des colloques, des séminaires dans beaucoup d'universités qui ne se sont pas reconnues dans ces classements. En France par exemple, les professeurs et les chercheurs ont été invités à réfléchir sur l'avenir des universités hexagonales suite à ces classements. Des forums très animés à travers le monde sur le sujet, et rien ne se passe au Maroc.
L'université marocaine continue à produire des diplômés condamnés au chômage, car non formés dans la faculté ou l'école de l'excellence et dans les filières adaptées au marché du travail.
Au Maroc, il faut tout revoir: le financement, les filières, l'orientation, les programmes et l'utilité même de subventionner certaines filières de l'enseignement supérieur qui mènent droit au chômage et ne produisent pas une valeur ajoutée dans le domaine du savoir et des recherches. Il faut d'urgence en finir avec cette situation dramatique qui fait grossir chaque année les rangs des diplômés-chômeurs.
L'étudiant et le chercheur marocain font leurs preuves quand ils trouvent les moyens nécessaires pour travailler. Beaucoup d'universitaires marocains ont réussi leurs études dans des universités occidentales de renommée mondiale.
La France, comme d'autres pays occidentaux, compte de nombreux professeurs et chercheurs marocains. Mais l'excellence et la qualité des études et des recherches que nous voulons voir s'incarner dans nos universités ne sont pas obtenues au pays; il faut obligatoirement sortir du pays pour les voir se réaliser.
L'hémorragie de la fuite des cerveaux ne s'est pas atténuée au fil des années, alors que le pays a besoin actuellement de milliers d'ingénieurs et de cadres qualifiés pour faire face à la concurrence sauvage engendrée par la mondialisation et les défis énormes du développement.
Comme l'Inde, la Chine et la Corée du Sud et d'autres pays, le Maroc a l'intérêt et le devoir à rapatrier ses compétences qui sont dispersées partout dans les pays développés. Comment voulons-nous que soit cité le Maroc de demain ? C'est seulement par cette prise de conscience que le Maroc cessera d'être connu dans le monde seulement par sa cuisine, ses folklores et ses médinas».
(Source : Matin.ma du 28/09/2005)


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