Etrange, singulier, bizarre ! Voilà les adjectifs qui nous sont immédiatement venus à l'esprit quand nous avons lu la missive que vient de nous envoyer l'un de nos lecteurs en commentaire sur un article d'opinion où nous évoquions les difficultés d'un chef d'entreprise de Djerba à trouver des employés. 'Votre désir de bien faire et de faire uvre utile vous joue parfois des mauvais tours. Vos "cris du cur" sont souvent judicieux et justifiés, mais attention à ne pas trop les lâcher à tort et à travers... !'', nous écrit-il. Pourquoi ? Ce commentaire (qui met clairement en cause notre simple bon sens), nous le devons au fait que nous avons souligné qu'à l'heure où notre pays se bat pour créer des emplois (surtout ceux des diplômés du supérieur) en mettant à contribution toutes les ressources imaginables, nous avons également le devoir de nous interroger sur la convergence entre l'offre et la demande. Nous avions cité l'exemple d'un Call center de Djerba dont le DG a toutes les peines du monde à trouver une quinzaine de téléopérateurs qualifiés pour faire face à ses engagements. Pourtant, il ne demande pas la lune : seulement des francophones Bac+2. Et notre 'cri du cur à tort et à travers !'', comme le dit notre lecteur, était simplement que nous craignions que le DG du Call center ne commence à voir ailleurs pour trouver des téléopérateurs que notre marché du travail semble inapte à lui donner pour le moment. Est-il donc s'écrier 'à tort et à travers'' que d'attirer l'attention sur le devoir de nos institutions de formation de faire converger leurs cursus vers la demande des entreprises ?