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M. Serge Degallaix : ‘'En matière de concurrence et d'attractivité, la France et la Tunisie ont beaucoup à gagner à travailler ensemble'' (I)
Publié dans WMC actualités le 10 - 03 - 2008

Propos recueillis par Hechmi AMMAR et Tallel BAHOURY

M. Serge Degallaix, ambassadeur de France en Tunisie, nous a récemment reçus à la chancellerie. Au cours de l'entretien, le représentant de la France en Tunisie a évoqué plusieurs questions ayant trait aux relations bilatérales entre la France et la Tunisie, les relations économiques, les relations avec l'UE, et le projet de l'Union pour la Méditerranée.

Compte tenu de l'importance des réponses apportées par le diplomate français, nous avons jugé nécessaire de publier cette interview en trois parties : la première s'intitulera ‘'Tour d'horizon des relations bilatérales'', la seconde ‘'Gros plan sur les relations économiques'' et la troisième ‘' Relations avec l'UE, Union pour la Méditerranée''.


Première partie : Tour d'horizon des relations bilatérales

Webmanagercenter : Depuis votre arrivée en Tunisie, les relations entre la France et la Tunisie ne cessent de s'améliorer sur pratiquement tous les plans. A quoi est dû ce réchauffement ? Et quels sont, aujourd'hui, les axes fondamentaux de la coopération entre Tunis et Paris ?

Serge Degallaix : Je vous remercie de cette appréciation positive de ce que j'ai fait et peux faire en Tunisie. Mais ce qu'il faut voir, c'est que je bénéficiais et je bénéficie encore- de conjonctures favorables : je suis arrivé en avril 2005, et nous avions eu la visite d'Etat du président de la République française en décembre 2003, puis, en janvier 2005, celle du Premier ministre français. Naturellement, ces visites officielles sont l'occasion de donner un nouvel élan aux relations entre la France et la Tunisie. Elles ont donné lieu à d'importantes décisions et je m'inscris dans l'application de celles-ci.

En second lieu, nous avons eu l'année dernière, avec l'élection d'un nouveau président de la République, un nouvel élan qui a été donné, notamment en ce qui concerne l'Union de la Méditerranée. Donc, nous avons une relation qui se développe.

En fait, ce qui m'a frappé en arrivant ici, c'est effectivement la qualité de nos relations mais aussi le sentiment qu'il fallait que cette relation ne paraisse pas aller de soi, ne se banalise pas en quelque sorte, parce qu'on est dans un monde où il faut agir et réagir, et ne pas se contenter des acquis. Donc, j'ai essayé de développer un certain nombre d'axes fondamentaux comme vous le dites - à partir des conclusions des visites officielles.

Ainsi, un premier axe important, à mes yeux, c'est l'échange entre les jeunes et tout ce qui a trait à l'éducation. C'est une tradition ici des relations suivies avec les institutions universitaires françaises. Nous avons en France, également, un très grand intérêt de la part des milieux éducatifs et universitaires pour la Tunisie, c'est naturellement le résultat de la politique d'éducation qui est menée en Tunisie depuis un demi siècle. Ceci débouche sur des liens très forts.

Bien sûr, nous avons en France une communauté tunisienne qui est très importante et compte plus d'un demi million de personnes. Ceci favorise les échanges humains, notamment pour tout ce qui a trait à l'éducation, la formation et la recherche. Donc, éducation, formation et recherche constituent le premier axe.

Le deuxième axe concerne les pôles de compétitivité. Là aussi, il y a une concordance des temps entre la Tunisie et la France. Comme vous le savez, les pôles de compétitivité ont véritablement démarré en France en 2005 tandis qu'en Tunisie un effort important a été fait avec les technopoles puis les pôles de compétitivité (leur nouvelle dénomination). Ces pôles de compétitivité sont une manière moderne de répondre aux défis du monde parce qu'on ne peut y faire face avec succès que par des alliances, à l'intérieur des pays, entre entreprises, instituts de recherche, centres d'innovation, universités, pouvoirs publics, etc. Mais aussi en s'alliant entre pays, car on voit bien qu'en matière de concurrence et d'attractivité, la France et la Tunisie ont beaucoup à gagner à travailler ensemble. Nous sommes plus forts ensemble, plus "Horaces" que "Curiaces". C'est dire qu'il s'agit d'un axe à même de toucher de nombreux secteurs, que ce soit l'entreprise, la recherche, les échanges d'expériences, la formation… C'est un axe de cohérence et de dynamisme de nos actions dans de multiples secteurs.

Le troisième axe, qui commence à prendre des formes nouvelles, c'est naturellement de faciliter la circulation des hommes et des compétences entre la France et la Tunisie. Malheureusement, on n'a pas toujours dans la presse une image exacte, réelle, de ce qui est fait en matière de circulation des personnes. C'est pourquoi je rappelle toujours quelques chiffres essentiels. En effet, nous avons environ 85.000 demandes de visas chaque année et celles-ci sont satisfaites à plus de 90%, c'est-à-dire autour de 75.000 demandes satisfaites. Et parmi ces demandes satisfaites, un tiers environ concerne des visas dits de circulation, c'est à dire couvrant un an ou plus. Certes, nous devons exercer un contrôle sur les demandes aucun pays au monde ne peut laisser ouvertes ses frontières à tous les vents - mais cela montre que nous le faisons avec la volonté de répondre à ce besoin de circulation des personnes. Nous traitons les demandes en temps réel, en 48 heures. Donc, je pense que nous pratiquons une politique favorable à cette circulation, même si on peut toujours améliorer les choses et même si des anomalies peuvent se présenter.

J'ajoute à ces chiffres celui des visas d'étude délivrés aux étudiants pour aller effectuer leurs études en France. Nous n'avons jamais délivré autant de visas : 3000 visas d'études en 2007. Et la population d'étudiants tunisiens en France est la quatrième parmi les étudiants étrangers en France.

Il faut également savoir que l'ambassade de France en Tunisie a été l'une des premières à délivrer les ‘'Cartes compétences et talents'' et que nous allons étoffer nos équipes travaillant dans cette voie…

Combien en avez-vous délivré jusqu'à présent ?

Pour le moment pas beaucoup - nous traitons les dossiers en fonction de la demande mais, comme vous savez, les textes ont été promulgués fin décembre, il y a donc seulement deux mois. Aujourd'hui, nous sommes en train de mettre en place un dispositif destiné à traiter les demandes en plus grand nombre, à essayer de faire le lien entre la demande et l'offre d'emploi en France. Bien entendu, nous avons à cœur que ces cartes ne privent pas la Tunisie de compétences dont elle aurait besoin.

Donc, pour répondre à votre question, aujourd'hui nous sommes à une dizaine de cartes compétences et talents délivrées par nos services, mais il y en aura davantage et dans le cadre plus général de la circulation des professionnels, de l'échange d'expériences et de la mobilisation des compétences tunisiennes vivant en France pour le développement de la Tunisie, ce qui contribuera par-là même au développement des relations entre les deux pays.

C'est un sujet sur lequel je suis prêt à revenir très rapidement pour fournir des informations pratiques à vos lecteurs.

Si vous le voulez bien, nous aimerions maintenant aborder la question de la langue française en Tunisie. Depuis un certain temps, nous constatons une ‘'perte'' ou plutôt le manque de maîtrise de la langue française en Tunisie. Alors, comment faire pour rehausser ou redynamiser son niveau en Tunisie ?

Là s'imposent plusieurs observations. La première c'est que, avec la scolarisation universelle en Tunisie dans le primaire, la montée vers le secondaire et le supérieur, et le fait qu'on apprend le français dès l'âge de 8 ans, on peut dire qu'il y a beaucoup de petits tunisiens qui apprennent et parlent le français. Donc, je pense que le problème est plutôt celui de la qualité et de la bonne maîtrise de la langue française.

Comme vous l'avez dit, les jeunes ne sont pas toujours conscients de la qualité de la langue qu'ils parlent ; c'est du reste vrai du français mais également, dit-on, de l'arabe. Pour eux l'important c'est de se faire comprendre, et ils n'ont pas les mêmes exigences qu'on pouvait avoir dans un système avec un effectif réduit. C'est un grand défi parce qu'on vit dans un univers différent d'il y a 30-40 ans, un univers de l'audiovisuel avec beaucoup de sollicitations, un monde où le goût de la lecture n'est plus le même, avec un mode de vie qui n'est plus le même ; on sort plus facilement. S'agissant de la télévision, les téléspectateurs ont le choix entre des centaines de chaînes en arabe. Du coup, on n'est plus tributaire de la RAI ou de la télévision française comme l'on pouvait l'être il y a quelques années. Ce n'est pas être nostalgique ou regretter le temps des lectures à la chandelle mais il faut en tenir compte dans notre démarche.

Naturellement, chacun est conscient qu'une bonne maîtrise de la langue n'est pas seulement un atout culturel mais aussi économique parce que, avec la France qui est le premier partenaire économique de la Tunisie, avec les pays de la Francophonie (plus de 50 pays dont bon nombre d'Etats africains), la maîtrise de la langue française est un avantage particulièrement précieux.

Nous avons établi des programmes spécifiques avec le ministère de l'Education nationale et celui de l'Enseignement supérieur pour, d'abord, élever le niveau du français des enseignants, ensuite, donner le goût de la langue en mettant en place des activités récréatives (théâtre cinéma…), et enfin montrer que la langue est quelque chose d'utile, c'est-à-dire que bien parler une langue est quelque chose d'important dans la vie, pour l'épanouissement personnel comme pour le succès professionnel. Mais je précise que c'est un travail qui est mené prioritairement par les autorités tunisiennes, dans le respect et la promotion de la langue arabe dont nous encourageons nous-mêmes l'apprentissage dans nos établissements.

(A lire demain 11 mars la seconde partie : ‘'Gros plan sur les relations économiques'')


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