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...et les prospectivistes s'approprient le futur
Publié dans WMC actualités le 29 - 05 - 2004


Entretien avec Michel Godet, prospectiviste.

Dans un monde déboussolé, la prospective est elle le dernier instrument à la mode pour prédire l'avenir ?
Tout sauf çà. Car l'avenir n'est écrit nulle part, il reste à faire. Ceux qui disent le contraire sont des imposteurs. A contrario, la prospective s'oppose à toute forme de déterminisme, de la futurologie au libéralisme économique pur et dur qui suppose que "la main invisible du marché" fasse la loi. Nombre d'économistes et de modélisateurs rêvent même de mettre le monde en équation afin de prédire le futur de façon certaine. En définitive, ils envisagent un scénario unique à partir duquel on pourrait dégager des tendances autour desquelles la société devrait fatalement se structurer. Attitude d'esprit indisciplinée où l'on essaie d'agir dans le présent en fonction d'un projet désiré pour le futur, la prospective est autonome face à des avenirs multiples et indéterminés. Sa prétention n'est donc pas d'éliminer les nombreuses incertitudes économiques, technologiques et sociales, mais bien plutôt d'anticiper les menaces et les opportunités qu'elles portent en elles afin de corriger la route tout en maintenant son cap. Il s'agit en quelque sorte de s'approprier le futur au lieu de se contenter de le subir passivement. Et puis, penser l'avenir autrement, c'est déjà changer le présent.

Vous contestez la prévision économique classique ?
Les prévisions ne sont jamais que des représentations quantitatives qui modélisent, non saris subjectivité, des données du passé pour donner une traduction unique de la réalité. Elles sont nécessairement sujettes à toutes sortes d'erreurs d'analyse: inexactitude des données de base, instabilité des modèles dans le temps, insuffisance d'informations, interprétations erronées.

Le passé sur lequel s'appuient les prévisions n'est il pas aussi incertain et multiple que l'avenir ? Tout dépend de la grille de lecture qu'on en donne. Ainsi, Napoléon est un héros chez nous et présenté comme un "boucher" dans certains pays européens. D'autre part, depuis 1973, avec l'accélération du changement, les comportements des acteurs économiques ne sont plus conformes aux schémas rationnels classiques, et donc les scénarios d'avenir s'écartent de plus en plus des modèles passés. Enfin, en simplifiant la réalité à l'extrême pour la faire entrer dans un modèle mathématiques, on risque de transformer le dit modèle en schéma déformant de cette réalité.

Mon objectif n'est pas pour autant de jeter aux oubliettes les acquis des prévisions chiffrées, mais de les replacer dans le d'hypothèses à long terme qui doivent a fortiori être stimulées et chiffrées pour être crédibles. En tout cas, quelle que soit l'approche adoptée, tout raisonnement doit répondre à quatre conditions : pertinence des questions, cohérence des réponse, vraisemblance, transparence des sources et des résultats. Reposant sur une vision malthusienne de la réalité, les conclusions des experts du Club de Rome avaient peut être le mérite d'être transparentes, mais elles n'étaient ni pertinentes, ni cohérentes, ni vraisemblables. Maurice Allais explique que « tout progrès réel se heurte à la tyrannie des idées dominantes des establishments dont elles émanent.»

En fait, vous remettez la planification au goût du jour ?
Trop souvent, le libéralisme, assimilé au laisser-faire des forces du marché, conduit à subordonner l'action à la réactivité soi-disant stratégique. Pourtant, s'adapter en permanence aux turbulences de l'environnement ne conduit nulle part et ne peut tenir lieu de stratégie. En réalité, il faut non seulement se préparer aux changements attendus (pré-activité), mais aussi provoquer les changements souhaités (pro-activité) et donc restaurer l'idée de projets et de plan. Un retour en force de la planification libérée de ses corsets bureaucratiques me paraît indispensable pour continuer à s'adapter aux aléas de l'environnement, tout en retrouvant un sens à l'action, c'est-à-dire une finalité et une signification.


Propos recueillis par C A T H E R I N E L E v I
SCIENCE & VIE ECONOMIE N°76 - Octobre 1991

Michel Godet est professeur au Conservatoire national des arts et métiers (chaire de prospective industrielle) et consultant auprès de nombreux entreprises (EDF, Chanel, Sollac etc.). Il est l'auteur de L'Avenir autrement, Armand Colin, février 1991, De l'Anticipation à l'action, manuel de prospective et de stratégie, Dunod, et Crise de la prévision, essor de la prospective, Puf, 1977.

(c) Webmanagercenter - Management & Nouvelles Technologies -15/05/2004 à 13:30


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