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Le piratage, une bénédiction?
Publié dans WMC actualités le 12 - 06 - 2009

Selon la BSA, le piratage baisse en Tunisie. Faut-il s'en réjouir, quand on sait que même des multinationales ont aussi recours à des logiciels sans licence ? Les films DVD ? Hollywood était un nid de flibustiers !
La lutte contre les « méfaits » du piratage informatique est une nouvelle fois au devant de la scène. Des organismes comme la Business Software Alliance (BSA) diffusent ainsi régulièrement des rapports annuels mettant en avant les « pertes » en termes d'emploi causées par le piratage, ainsi que le manque à gagner « considérable » pour les entreprises du secteur. Et le dernier rapport 2008 de la BSA vient de sortir. Il nous apprend ainsi que le taux de piratage, en Tunisie, est passé à 73% en 2008 contre 76% en 2007. Selon les chiffres fournis, le piratage serait donc en baisse dans notre pays, et ce, pour la 5ème année consécutive. Mais… Faut-il pour autant s'en réjouir ? C'est que la BSA et ses rapports sont pour le moins controversés. En 2008, elle a annoncé que le piratage a occasionné une perte sèche de 250 milliards de dollars pour l'économie américaine. Le célèbre journal en ligne (américain) Ars Technica (voir ici) relèvera, en octobre de la même année, que cette somme dépasse les recettes cumulées de l'industrie du cinéma, du jeu vidéo, et de la musique pour 2005.
Chiffres fumeux
Le journaliste a recherché la source de ces nombres « magiques », en frappant même à la porte du FBI, sans pouvoir remonter à leur source. Le secrétariat d'Etat au Commerce, le Congrès, bref personne n'a souhaité les reprendre à son compte ces chiffres pour le moins fumeux (voir Zataz.com ici). Et ce n'est pas la première fois que les chasseurs de pirates sont pris en défaut. En 2006, un institut pourtant dédié à la protection des droits d'auteurs démentira carrément les chiffres concernant l'Australie (voir ici), les considérant comme « invérifiables, et épistémologiquement pas fiables » ! En somme, l'action de la BSA s'inscrit plus dans le cadre d'une action de lobbying tous azimuts que dans celui d'une étude sérieuse. Et comme son nom l'indique, il s'agit donc avant tout de défendre les intérêts du Big Business du Software.
La plupart des Etats cloués au pilori, puisque désignés comme ceux qui font le moins usage de logiciels dument licenciés, sont des pays émergents. Et pour cause : les couts des licences et donc des droits d'exploitation de ces programmes informatiques trop souvent rédhibitoires, ne sont pas de nature à inverser la tendance. Il n'empêche. Quelques voix se sont élevées, notamment au Etats-Unis, du cœur même du système, pour remettre en question ces allégations que l'on voudrait nous imposer comme des vérités premières. TechRepublic.com, un portail dédié à la technologie a même relevé en 2005 que même Microsoft utilise parfois des logiciels « sans licence » (voir ici). Faut-il alors encore jeter la pierre à nos micro-entreprises, nos jeunes diplômés, nos étudiants ?
Aux origines de Hollywood
Bien avant que nos petites boutiques de gravure CD en font leur beurre, d'autres intervenants autrement plus puissants ont déjà remporté le gros lot. Les bâtisseurs de l'industrie américaine du cinéma, les fondateurs même de Hollywood, ont sans doute été les premiers pirates audiovisuels de l'histoire. Si cette donnée est peu connue du grand public, elle n'en est pas moins avérée, et documentée. Ainsi, Thomas Edison détenait les droits exclusifs d'exploitation du cinématographe puisqu'il s'agit de son invention. Une position qu'il a renforcée en fondant la Motion Picture Patent Company basée sur ses brevets d'inventeurs. Une position dominante, et même monopolistique, à l'image de celle occupée aujourd'hui, par certaines multinationales de l'informatique. Sauf qu'Edison ne se contentait pas de diffuser des rapports. Il a même créé une filiale, la General Film Company, qui ne rechignait pas à utiliser les méthodes « frappantes » pour remettre les contrevenants dans le « droit chemin », celui qui lui rapporte des espèces sonnantes et trébuchantes. L'histoire est relatée en détails dans l'ouvrage « Free Culture » de Lawrence Lessig (disponible en téléchargement ici, lire un extrait en français ici).
Les plus rebelles des producteurs (pirates) du cinéma américain ont rejoint la Californie. Pour se tenir justement à l'abri du pouvoir d'Edison et de la… loi fédérale. Parmi eux, William Fox, père fondateur de la Fox Film plus connue aujourd'hui sous la dénomination Twentieth Century Fox. Hollywood serait ainsi à l'origine un nid de flibustiers malmenant allégrement la notion de propriété intellectuelle. Ironie du sort, la Fox se plaint au FBI quand l'un de ses films, (X-Men Origins : Wolverine) est disponible en téléchargement sur le web (et dans nos magasins) avant même sa sortie en salles aux Etats-Unis. Un remake de « L'arroseur arrosé » (un court-métrage des frères Lumière !), à retardement.
Au final, le système adopté nolens volens en Tunisie, est loin d'être mauvais. Si « on » est relativement strict quand il s'agit de protéger les œuvres tunisiennes, les autres peuvent passer sans vergogne à la moulinette de nos Galeries 7. Ces temples aussi postmodernes que tunisiens continueront donc de propager la bonne parole et les nouvelles technologies… à bon prix.


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