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Heureux qui comme moi veille devant sa télé
Publié dans WMC actualités le 02 - 09 - 2009

Comme bon nombre de Tunisiens, je prends ma dose d'émissions télévisées nationales pendant le mois de Ramadhan. A peine je finis de dévorer ma chorba et brika, que je m'avachis devant la TV pour une bonne partie de la soirée.
Comme 77,1% des Tunisiens qui deviennent accros aux émissions de notre chaîne nationale, je suis évidement ensuite celles d'Hannibal TV, de Tunis 21 et finis ma soirée avec 21,8% de mes compatriotes sur Nessma TV. Si je devais suivre le reste des 9,8% des Tunisiens sur la chaîne satellitaire MBC, je n'aurais même plus le temps d'écrire cette chronique.
D'ailleurs, comment ne pas me goinfrer de feuilletons et avaler la plupart des émissions TV des chaînes nationales ? De quoi parlerais-je le lendemain au bureau, dans le taxi, avec ma famille et mes amis ? Regarder la TV est assurément le sport national le plus suivi durant ce mois saint. Commenter, interpréter, condamner ou supporter les événements télévisés de la veille n'est-il pas une de nos drogues de substitution ? Il convient d'ailleurs de l'ajouter à la longue liste des bousculades devant la boulangerie, des insultes, de l'agressivité et du manque flagrant de civisme.
Selon les derniers chiffres de mesure d'audience TV de l'agence Mediascan, pour le 5ème jour du mois de Ramadan, je fais aussi partie des 77,8% de femmes qui regardent TV7 contre 59,1% pour HannibalTV, 38,2% pour Nessma et 25,3% pour Tunisie 21. Comment et pourquoi y échapper ? La production télévisée atteint son paroxysme profitant de la vague déferlante de la consommation des foyers et d'un encombrement publicitaire sans comparaison avec le reste de l'année. Un fait est certain, durant ramadhan c'est la publicité qui a bon appétit.
Si bien qu'hormis la pub, il y a de la pub. Beaucoup de pub et du reste, de plus en plus de pub. A tel point que, pour regarder 25 minutes de production audiovisuelle, je subis 25 minutes de passages publicitaires. Juste le temps de me dégourdir les jambes puis, je me remets docilement devant mon petit écran.
L'occasion est unique pour plusieurs raisons. Ces feuilletons me permettent de voir les vedettes. Celles qui s'accrochent, celles qui ont eu de beaux jours derrière elles et celles de demain. Observer les artistes qui jouent mal, moins mal et les professionnels dont la présence crève le petit écran. On observe les belles, les brunes, les blondes et les rousses, les beaux, les body huilés, les raffinés, les barboos, les délinquants, les dragueurs, les gentils hommes, les femmes adultères, les épouses dociles, les honnêtes gens, les mamans esseulées et celles plus écervelées, les pères abattus et ceux plus dangereusement désintéressés.....
C'est aussi l'occasion rêvée pour voir les dernières nouveautés, admirer les belles berlines, contempler les beaux intérieurs avec vue sur mer, tenter de deviner les derniers endroits à la mode, voir de plus près les riches et les pauvres, les méchants et les bons... Mais pas seulement !
Je constate avec une pointe de légèreté et un peu d'amertume que les feuilletons télévisés sont depuis peu à l'image de la réalité. Une réalité crue et largement interprétée.
Cette nouveauté, attribuée au feuilleton «Maktoub» mais aussi affichée par des émissions sociales diverses sur la chaîne nationale et Hannibal TV sont de nature à réconcilier le Tunisien avec sa télévision. Finalement, notre télévision nous parle. Elle parle de vous, de moi, de mon voisin et du vôtre.
On y voit la prostitution, la corruption, la contrebande, les violences, la cupidité, la drogue, l'alcool, la pauvreté, les naissances hors mariages, les mariages refuge, les divorces, le chantage, ... mais aussi la démission, la perte de repères, la résignation, ... N'y voit-on pas une société écrasée par la dure réalité ? Une société qui ne rêve plus, ou si peu. Une société dont la fuite en avant peut mener à toutes les dérives..
Suis-je frustrée et fâchée ou en colère et triste ? Je ne saurais le dire ! Suis-je rassurée de voir ce beau pays qui est le mien, évoluer de cette manière ?
Je ne sais pas si comme moi, au bout de toute une soirée devant votre télévision, vous ne finissez pas par adorer certaines publicités. Elles ont le mérite de présenter des plans d'une Tunisie embellie et épanouie, où il fait bon vivre. Certaines publicités finissent par être les seules notes positives à faire face à des feuilletons crus et très idéalement réalistes.
Je me serais volontiers calmée si la futuriste et dernière née des séries TV apportait un horizon différent pour la Tunisie en 2050. Outre l'originalité, cette délicieuse série ajoute une pierre à l'édifice. La Tunisie y sera anarchique, désordonnée, corrompue,...
Comme de nombreux Tunisiens, je continuerais de me délecter des productions télévisuelles nationales, mais ne peux m'empêcher de me poser quelques questions. Dans quelle mesure elles collent réellement à la réalité ? Quel modèle sociétal développent-elles ? Quels messages construisent-elles ? Est-ce de leur ressort ? Ne rendent-elles pas légitimes certains débordements ? Pourquoi d'autres dangers imminents et tout autant réels, qui menacent la société, sont-ils marginalisés ?


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