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Les dérapages numériques des candidats à la présidentielle !
Publié dans Business News le 15 - 11 - 2020

Derrière le beau visage de la démocratie se cache un autre visage obscène, c'est celui de la propagande. Pour gagner la course à la présidentielle, chaque candidat devrait fouiller dans ses « boîtes à outils » afin d'en ressortir les meilleurs moyens permettant d'influencer un maximum d'électeurs- autrement dit, faire sa propagande. Face à ce constat, certains candidats ne ratent aucune occasion de profiter des failles juridiques actuelles vis-à-vis de l'utilisation des réseaux sociaux pour remporter la course, faisant la sourde oreille aux principes de transparence, d'indépendance et d'impartialité.
Le débat sur la propagande électorale digitale a pris une tournure particulière durant ces derniers jours à la suite de la publication du rapport de la Cour des comptes. Des dépassements à la pelle ont été révélés en rapport avec le recours des candidats à la présidentielle aux techniques du « sponsoring Facebook ».

Dans son rapport sur le financement des campagnes électorales de 2019 publié le 10 novembre courant, la Cour des comptes a levé la voile sur plusieurs dépassements et infractions commis par les candidats à la présidentielle. Le rapport souligne, entre autres, qu'il y a eu de gros points d'interrogation autour de l'utilisation des réseaux sociaux particulièrement Facebook par les candidats. Le flou règne notamment sur l'origine des pages Facebook non-déclarées auprès de l'Isie et les sources de financement des publications sponsorisées.
Les réseaux sociaux sont devenus, en Tunisie à l'instar de nombreux pays à travers le monde, des outils de communication numérique à des fins électorales pour les candidats. Que ce soit pour tenter de convaincre les électeurs ou pour diffuser des messages destinés à motiver des partisans déjà acquis.
En réponse à une demande de l'Isie, la majorité des candidats à la présidentielle ont déclaré les comptes et pages Facebook officielles qu'ils allaient utiliser lors de la campagne électorale, indique le rapport soulignant que quatre candidats- Omar Mansour, Abid Briki, Mohamed Abbou et Safi Said- n'ont pas envoyé à l'instance les données relatives aux outils de publicités destinées à être utilisés.
En effet, les équipes de campagne qui gèrent les pages officielles des candidats ont payé la diffusion des publications afin qu'elles atteignent toutes les catégories d'utilisateurs de Facebook (même celles qui ne sont pas abonnées ou celles n'ayant pas « aimé » le candidat en question). Mais ceci ne s'arrête pas là. Des pages non-officielles (qui n'ont pas obtenu le badge de vérification bleu, ndlr) ont été aussi mobilisées sur la toile pour prôner les idées d'un candidat bien précis et dénigrer celles de ses adversaires, ce qui a permis aux candidats, selon le rapport, « de communiquer librement avec les électeurs mais sans aucun contrôle ! »


En revanche, les responsables à l'origine de certaines publications sponsorisées et les sources de financement restent opaques, car souligne le rapport, « les coûts de sponsoring ont été payés discrètement sans dévoiler les responsables de gestion des pages, ce qui empêche de vérifier les sources de financement de certaines pages sponsorisées».
Dans ce sens, la Cour des comptes a déploré qu'elle n'ait pas pu lever le flou sur le financement des pages sponsorisées. Ceci revient à l'indisponibilité, en Tunisie, du service des rapports détaillés rendus par Facebook sur les publicités sponsorisées. Or, malgré les déclarations des candidats qui ont assuré qu'ils « ne connaissaient pas les pages non-officielles et dont ils n' assument pas la responsabilité», le rapport a relevé plusieurs points de similitudes entre les pages officielles et celles non-officielles des candidats notamment en ce qui concerne la gestion des publications, les contenus partagés et le timing de leur publication. Ce qui prouve que les deux pages-confirmées et non-confirmées- ont été justement dirigées par les mêmes administrateurs.


Ainsi et selon le rapport, seize candidats ont eu recours au sponsoring Facebook dont onze n'ont pas déclaré auprès de l'Isie les dépenses faites, contrairement au principe de transparence quant aux sources de financement et modalités de dépense des fonds alloués, régissant la campagne électorale. Le rapport a, cependant, conclu que « les pages non-déclarées ont été le théâtre des opérations de propagande ».

Par ailleurs, le rapport de la Cour des comptes a pointé plusieurs infractions relatives à la transgression du silence électoral. Ainsi, 73 infractions, concernent l'article 69 du code électoral interdisant toute forme de propagande durant le silence électoral, ont été enregistrées, outre les 551 infractions qui ont été commises par les pages non déclarées.

Par rapport à la quasi-totalité des autres pays du monde, la question de la régulation se pose avec acuité en Tunisie, où une législation très ambigüe interdit la publicité politique sur les réseaux sociaux durant la période électorale sans prévoir les mécanismes de contrôle permettant de sanctionner les cyber-contrevenants. A cet égard, la Cour des comptes a souligné la nécessité d'établir des contrôles juridiques régissant l'utilisation des réseaux sociaux de façon à permettre de détecter les crimes électoraux.
Toutefois, des études sociologiques menées aux Etats-Unis ont montré que les publicités politiques avaient une influence sur le vote, mais que cet impact était aussi faible que difficile à quantifier. L'efficacité de ce type de publicité est limitée principalement en matière du changement d'avis de quelqu'un qui a déjà fait un choix ou qui se sent en accord avec les idées d'un candidat ou d'une candidate. Ce que confirme l'exemple du candidat, Kaïs Saïed, qui a remporté l'élection présidentielle de 2019 alors qu'on leur a attribué que sept publications sponsorisées sur les 273 recensées par la Cour des comptes. Ce chiffre est incomparable avec ceux des autres candidats.



« La fin justifie les moyens », n'a-t-il pas affirmé le philosophe italien du XVI-ème siècle Machiavel? Et nombreux sont ceux qui s'inspirent de sa théorie. L'émergence des réseaux sociaux n'a fait qu'alimenter « la volonté puissante » des politiques d'user de tous les moyens de manipulation possibles et imaginables pour arriver au pouvoir, une volonté qui remonte à l'antiquité et se présente comme une doctrine fondamentale en politique. Cela dit, il faudra renforcer l'arsenal juridique tunisien en ce qui concerne l'utilisation des réseaux sociaux en politique afin de déjouer toute tentative de manipulation de l'opinion publique et protéger, par conséquent, la démocratie tunisienne, encore jeune !


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