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Du patriotisme des insectes
Publié dans Business News le 13 - 10 - 2021

Comme l'avait sous-entendu le président de la République dans son discours lors de l'investiture du nouveau gouvernement le 11 octobre, le Sommet de la francophonie a été reporté à 2022 et sera, si tout va bien, organisé à Djerba.
A l'annonce de cette décision, certains ont essayé de jouer l'entourloupe. De bonne foi pour la plupart, ils ont essayé de tourner cela en victoire de la diplomatie tunisienne – oui il fallait oser la formule- qui a réussi à maintenir l'organisation du sommet en Tunisie. Le ministère des Affaires étrangères y est aussi allé de son petit communiqué pour nous dire que tout le monde est d'accord pour organiser le sommet en Tunisie qui, elle-même, est fin prête à l'accueillir. Toujours selon le communiqué, seulement quelques pays ont souhaité réunir toutes les conditions de réussite du sommet, y compris avoir la certitude que la situation sanitaire mondiale s'améliore. Donc selon notre MAE, le report du Sommet de la francophonie mériterait à peine d'être relevé et n'est dû qu'à ce satané virus qui fait peur à certains membres de l'OIF. L'audace et le peu de respect à son auditoire, nécessaires pour sortir une telle énormité rivaliseraient presque avec ce qu'il avait fallu comme aplomb et inconscience pour déclarer que l'Algérie partagerait ses cargaisons de vaccin avec la Tunisie. On insulte l'intelligence des Tunisiens de manière éhontée.
Mais ce sont les fans et les groupies de Kaïs Saïed, président de la République, qui remportent haut la main la palme. Pour eux, le report du Sommet de la francophonie est une victoire éclatante de leur bien aimé Kaïs Saïed. Il a réussi à déjouer tous les plans élaborés par on ne sait qui, et a pu garder l'organisation du sommet en Tunisie grâce à son talent et à son tact. Ils remercient le président d'avoir déjoué les pièges des traitres. Certains voient même en cela une raison pour justifier un changement de la position américaine qu'ils sont les seuls à voir dans les paroles de Ned Price, porte-parole du Département d'Etat américain.
Il va sans dire qu'affirmer que le report du Sommet de la francophonie est un camouflet à tous les niveaux pour la Tunisie et pour son président et suffira à exciter le public de plus en plus fanatisé de Kaïs Saïed ainsi que tous les parasites qui gravitent autour de la présidence à l'affut de quelques miettes. Au milieu du flot d'insultes, que suscitera certainement cette chronique également, ils appelleront au patriotisme et à la responsabilité. Ils diront qu'il est inconscient et irresponsable de s'attaquer aux intérêts de la Tunisie de cette manière et de salir son image à l'étranger. Ils useront exactement de la même rhétorique qui prévalait au temps de Ben Ali quand « l'image extérieure de la Tunisie » avait été élevée au rang de dogme intouchable et sacré. Et puis, ceux à qui l'on demande de se montrer patriotes et responsables, n'ont-ils pas, pour une partie d'entre eux, été traités par le même président de la République d'insectes, de diables et d'ivrognes ? Un ivrogne peut tout à fait être patriote mais un insecte c'est plus compliqué. Dire que la Tunisie a échoué dans cette histoire de sommet n'est pas anti-patriotique car il s'agit d'un constat amer. Il n'est pas question ici de marquer des points politiques contre le président de la République, quel que soit son nom, à l'image d'un Moncef Marzouki aigri et teigneux. Faire le tour des plateaux pour dénigrer son pays et se vanter d'avoir fait échouer la tenue du sommet est une traitrise inqualifiable. Toutefois, il est inacceptable de transformer le report du sommet de la francophonie en victoire diplomatique.
Ce que tout ce beau monde, qui veut faire croire que le report d'un sommet d'une telle importance est en fait une bonne nouvelle, essaye de cacher que la situation politique en Tunisie a été l'une des premières causes de ce détournement. Il est clair que les équipes diplomatiques ont fait un grand travail de supplication et de plaidoyer pour garder le sommet en Tunisie, il n'existe pas de doute là-dessus. Vendre la chose comme si c'était une réalisation du président Saïed est un peu trop fort de café. La vérité est que plusieurs pays ont exprimé des réserves quant à l'organisation de ce sommet en Tunisie car le fait d'accaparer tous les pouvoirs, d'annuler une partie de la constitution, d'activer les tribunaux militaires et mettre des journalistes en prison contrevient à peu près à tous les principes sur lesquels est fondée la francophonie et son organisation. Participer à un sommet de ce type en Tunisie, revient, pour plusieurs pays, à adouber le processus extraconstitutionnel qui a actuellement lieu en Tunisie, et c'est une position que plusieurs pays ne sont pas prêts à assumer. Pour cacher tout cela, la novlangue présidentielle évoque des « traitres » et des « vendus » qui redoublent d'efforts pour faire annuler le sommet. Des personnes ou des organismes si influents qu'ils peuvent faire pression sur la France, le Canada ou les pays africains pour faire annuler une rencontre aussi importante, mais dont les plans ont été déjoués par Kaïs Saïed. Il va sans dire que jamais l'identité ou l'appartenance de ces individus ou organismes ne seront dévoilées par le chef de l'Etat.
Par ailleurs, l'Etat tunisien, si prompt à l'autosatisfaction, oublie que l'organisation de ce sommet a mobilisé des centaines de milliers de dinars et un grand nombre de professionnels de différents secteurs. Une pensée particulière à tous ces professionnels de l'événementiel qui ont traversé, pour ceux d'entre eux qui ont survécu, deux années sans aucun travail. Aujourd'hui, ils devront encore faire face au désistement de l'Etat après la décision de report alors qu'ils ont engagé des frais et pensaient reprendre un peu de poil de la bête grâce au sommet. Les professionnels du tourisme se réjouissaient également de l'activité que susciterait l'accueil du sommet, il n'en sera rien, au moins pour cette année. Mais attention, il faut s'en réjouir parce que le président et ses fans le disent. Il faut rendre grâce à Dieu d'avoir Kaïs Saïed comme président.


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