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Propagandistes d'un régime putschiste
Publié dans Business News le 05 - 01 - 2022

Le débat fait rage dans les rédactions de certains médias tunisiens. La réunion de la rédaction de Business News a évoqué le sujet lundi. Elyes Gharbi, animateur de la célèbre émission politique Midi Show en a discuté, sur antenne, avec le chroniqueur Haythem El Mekki. La question est de savoir s'il faut médiatiser la consultation nationale ordonnée par le président de la République Kaïs Saïed ou pas ?
D'un côté, il s'agit d'un évènement d'envergure nationale sur lequel va se baser, théoriquement, une partie non négligeable de l'avenir politique de notre pays. Le devoir d'informer impose aux journalistes et professionnels des médias de couvrir cet évènement, de l'analyser, d'en cerner les portées et d'accompagner le citoyen tunisien dans le processus. En somme, nous sommes tenus d'accomplir la mission principale de notre profession qui est d'apporter du sens à ce qui se passe en Tunisie et éclairer le citoyen tunisien de manière à ce qu'il fasse ses propres choix en disposant d'informations fiables, vérifiées et opportunes.
D'un autre côté, journalistes et éditorialistes ont également la périlleuse mission de protéger la démocratie et d'œuvrer à la pérenniser. Donc, ils doivent se dresser et combattre toute atteinte à la démocratie et toute manipulation de l'opinion publique avec les moyens dont ils disposent. Ce fût déjà le cas à plusieurs reprises en Tunisie, n'en déplaise à ceux qui ont la mémoire courte et Dieu sait qu'ils sont nombreux.

La vraie question qui se pose est celle de savoir dans quelle case va-ton mettre la consultation nationale ? L'importance même de l'événement imposerait, en temps normal, d'assurer sa couverture médiatique. Expliquer les choix proposés, éclaircir la démarche et ouvrir les portes de cette consultation sont les missions des journalistes dans ce cas. Mais d'un autre côté, pourquoi les journalistes feraient le travail de l'Etat et de la présidence de la République qui ont choisi, délibérément, de n'associer personne à cette démarche et de ne rien expliquer à l'opinion publique ? On ne peut extraire cette consultation nationale du contexte global dans lequel elle arrive. Nous sommes devant un régime de coup d'Etat, issu d'une violation de la constitution et qui consacre l'accaparement du pouvoir par un seul homme, Kaïs Saïed. Partant de là, la mission de protéger la démocratie et de se battre pour sa pérennité et sa restauration prend le dessus sur le devoir d'informer. Par conséquent, la médiatisation et la promotion de cette opération de consultation revient à faire la propagande d'un régime putschiste.

La consultation nationale qui doit être ouverte au public le 15 janvier est une vaste fumisterie. Les Tunisiens doivent se prononcer sur un ensemble de questions relatives au politique, au social et à l'économique. Vu de loin, il s'agit de faire participer le plus grand nombre possible à déterminer les politiques et les objectifs de l'Etat tunisien. Autant dire le meilleur de l'exercice démocratique où ce sera au peuple de déterminer directement son destin. Mais cela est vrai seulement de loin. En vérité, Kaïs Saïed, par cette consultation, se défausse complétement du rôle premier du politique qui est celui de déterminer le « comment ». Toutes les sociétés du monde souhaitent abolir le chômage, améliorer leur pouvoir d'achat ou encore se sentir réellement représentées dans les hautes sphères du pouvoir. La mission réelle du politique est de déterminer comment atteindre ces objectifs là en faisant au mieux avec ce dont il dispose. Or, dans ce registre, Kaïs Saïed n'a rien proposé depuis le jour où il a accédé au palais de Carthage. Il pervertit l'action politique dans ce qu'elle a de plus noble pour la ramener à de petits règlements de comptes et d'obscures luttes de pouvoir.

Dépourvu de vision et de projet sociétal pour la Tunisie, Kaïs Saïed tente d'en découvrir un en utilisant un sondage grandeur nature aux frais du contribuable. Un sondage dont les questions ont été déterminées dans l'un des bureaux de l'administration. Une consultation dont les résultats peuvent être manipulés, en admettant que deux mois suffisent pour compiler les réponses de plusieurs millions de personnes. Il s'agit d'un processus sur lequel aucun corps intermédiaire ni aucune instance indépendante n'exerce de contrôle ni de vérification. On sera obligés, à l'issue de cette consultation, d'accepter les résultats en admettant que c'est ce que le peuple veut. Cette consultation ne servira, au final, qu'à donner une légitimité boiteuse au projet politique de Kaïs Saïed. Il a une idée en tête, maintenant le but est de faire croire que cette idée émane du peuple. Mais tout ce processus va se heurter, tôt ou tard, à des difficultés pratiques qui finiront d'achever le peu de crédibilité qui lui reste. Combien faut-il de participants ou de répondants pour dire que telle décision ou volonté est celle du peuple ? Un million, deux, dix ? Comment fera la fameuse commission si un tiers des répondants veut un régime présidentiel, un autre tiers un régime parlementaire et le reste ne se prononce pas ? Le type de régime en soit n'est qu'un titre car il existe des subtilités infinies au sein même de chaque régime, qui tranchera la question ? Quelles garanties avons-nous concernant l'authenticité et l'intégrité des données récoltées à travers cette plateforme ?

On pourrait multiplier les questionnements à l'infini, mais le constat est le même : cette idée de consultation électronique nationale est une arnaque que l'on nous présente comme un outil démocratique ultime. Il s'agit d'un processus élaboré par l'Etat, pour l'Etat et à l'avantage de Kaïs Saïed et de sa doctrine, uniquement. En attendant, la cessation de paiement guette, la situation économique est dramatique et les prix flambent. Nous aurons pour seule consolation de pouvoir l'écrire sur une plateforme électronique.


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