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Les travées du stade annoncent la révolte
Publié dans Business News le 20 - 04 - 2022

Karl Marx disait : « Celui qui ne connait pas son histoire est condamné à la revivre ». Il peut paraitre futile, en ces temps de crise économique et de débats enflammés sur le calendrier politique du pays, de parler de football et de supporters de clubs. Toutefois, les premières étincelles de la révolution de 2011 avaient commencé dans les travées des stades par les supporters du Club africain et de l'Espérance sportive de Tunis. La contestation du régime en place et la revendication de plus de libertés n'ont été démocratisées qu'à travers les chants et les cris des supporters.

Nous revivons aujourd'hui la même configuration. L'ensemble des supporters de football, tous clubs confondus, se sont ralliés derrière l'affaire du supporter du Club africain Omar Laâbidi. Ce dernier s'est noyé près du stade de Radès après avoir été poursuivi par la police. Un célèbre hashtag voulant dire « apprend à nager » est devenu le signe de ralliement des défenseurs de la cause de cet enfant. Cela fait quatre ans que l'affaire est devant la justice sans qu'aucun verdict n'ait été prononcé. Le pire est que cette affaire, où les accusés sont des policiers, a été le théâtre de manipulations flagrantes. Pour ne citer que quelques exemples, il est bon de rappeler que le chef d'accusation a été changé pour passer de meurtre à homicide involontaire et non-assistance à personne en danger, le rapport médical a été divisé en deux parties pour cacher le fait que le corps du défunt portait des traces de violence, les policiers eux-mêmes ont admis avoir induit le juge d'instruction en erreur et avoir fourni, dans un premier temps, un faux témoignage. Tout cela sans parler des intimidations et des provocations dont sont victimes les témoins de l'agression dont un, sous la pression, qui a préféré partir illégalement vers l'Italie. Omar Laâbidi, un gamin de 19 ans, est mort le 31 mars 2018. Quatre ans sans qu'aucun des agents de police accusés de son meurtre n'ait passé ne serait-ce qu'une nuit en prison. Heureusement que le président de la République, Kaïs Saïed, a fait dissoudre le Conseil supérieur de la magistrature pour que ce genre de choses ne se répète plus. Et puis, on voit mal le président de la République s'en prendre au corps sécuritaire, sous quelque motif que ce soit.
Suite à cela, plusieurs supporters ont pris fait et cause pour Omar Laâbidi et pour son affaire. Des affrontements ont eu lieu entre la police et les supporters de l'Espérance sportive de Tunis quand ces derniers ont commencé à entonner des chants à l'effigie du supporter décédé. Un autre supporter du Club sportif sfaxien a reçu plusieurs coups de matraque sur la tête et a dû être hospitalisé quand il a chanté le même hymne. Le tout dans l'impunité la plus totale.

Les difficultés économiques et financières du pays ne sont pas simplement des statistiques en baisse et des courbes qui fléchissent. C'est un vécu subi par une large majorité de Tunisiens. Combinez cela au chômage et à l'injustice, vous obtenez un cocktail explosif que la violence policière peut déclencher à tout moment. C'est aujourd'hui la situation en Tunisie à une nuance près : la police est en train de shooter dans ce cocktail explosif.
Les policiers n'ont rien trouvé de mieux à faire que de procéder à des dizaines d'arrestations, arbitraires pour la plupart, parmi les groupes de supporters du Club africain. Certains d'entre eux ont subi les pires traitements possibles dans les postes de police et dans les prisons où ils ont été jetés. Cela ne fait qu'augmenter la colère et la haine qu'ont les supporters de football contre ce qu'ils considèrent comme les représentants d'un régime d'impunité. Un régime qui couvre l'un des siens quand il tue un gosse de 19 ans dont le seul tort est d'être allé au stade. Quand des policiers sont impliqués dans un meurtre, ils n'ont aucune inquiétude à avoir. Même si l'un des leurs est convoqué, ils iront au tribunal, toutes armes dehors, pour le faire sortir par la force comme cela est arrivé à Ben Arous, tribunal compétent dans cette affaire du reste. Par contre, quand l'un des jeunes de ces quartiers pauvres est attrapé, il reçoit un traitement semblable à celui du gamin dévêtu de Sidi Hassine. Quand un policier agresse impunément un civil en le giflant ou en l'insultant, Abdessalem Zayan meurt en détention à Sfax parce qu'on l'a privé de ses injections d'insuline.

Toute cette colère et cette rancœur finira par éclater, d'une manière ou d'une autre. Les autorités réfléchissent actuellement à fermer les stades pour une durée indéterminée faisant ainsi preuve d'un courage devenu proverbial. Mais, évidemment, cela ne résoudra pas le problème et l'ensemble du public sportif de Tunisie continuera de demander des comptes pour le meurtre de Omar Laâbidi. La police aura beau frapper, insulter et séquestrer, elle ne fera qu'encourager à ce que cette affaire ne tombe pas dans l'oubli. Le régime, quant à lui, tout comme ses précédents, tout comme Hichem Mechichi qui remerciait ses troupes après avoir agressé des manifestants, se cache derrière la matraque du policier. Le valeureux Kaïs Saïed, qui semble tellement attaché aux valeurs de justice et d'équité, se tait quand l'accusé est un policier. Son ministre de l'Intérieur, Taoufik Charfeddine, ne risque pas de bouger le petit doigt car il faut savoir que les accusés du meurtre de Omar Laâbidi continuent à travailler et à porter l'uniforme. Ils n'ont même pas été suspendus. Le football et ses supporters ont ce grand mérite de montrer les choses telles qu'elles sont vraiment. Il est désormais une réalité glaçante en Tunisie : la justice n'est pas la même pour tout le monde.


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