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Le monde n'est pas prêt pour Imane Khelif
Publié dans Business News le 06 - 08 - 2024

Au cœur des Jeux olympiques de Paris 2024, une sombre polémique autour de la boxeuse algérienne Imane Khelif. Dénigrée, critiquée et descendue par les médias et la toile, Imane Khelif a été la cible des critiques les plus acerbes. On l'accuse de ne pas être suffisamment femme et de fausser le jeu en combattant « comme un homme ».
La polémique sur le genre et les performances des sportifs aux Jeux olympiques de 2024 était clairement prévisible. Avec tous les questionnements sur les définitions et limites du genre, un tel débat était tout sauf inattendu.

Mais, le problème est loin d'être nouveau. Dans le sport de haut niveau, il est même vieux de plusieurs centaines d'années. Aucune réponse n'a été trouvée jusque-là. La dimension sentimentale et sexiste n'y est pas forcément étrangère.
Mais, cette année le débat est encore plus explosif car il ne concerne désormais plus simplement des disciplines « douces » comme la course ou la natation. Il s'agit cette fois-ci de boxe, autrement dit de la « légitimité » de ces sportives à asséner des coups à leurs adversaires. Pour y répondre, l'on se pose la question de savoir si elles sont homme ou femme ? Les sports de combat sont, en effet, tolérés entre femmes, mais il n'est socialement pas accepté qu'un homme donne des coups à une femme. Et c'est là que le débat dérange.

Le monde du sport est régi par une organisation bicatégorielle. Il y a d'un côté les hommes et, de l'autre, les femmes. La question est claire et tranchée et chaque catégorie obéit à ses propres règles pesées, calculées et littéralement millimétrées. Sauf que la nature, elle, en a décidé autrement. Les personnes intersexe ont toujours suscité un malaise dans le monde du sport, compte tenu de la difficulté de les placer dans une catégorie claire. En matière de « sexe », les choses sont beaucoup moins simples qu'on voudrait le croire. Alors que le sport se permet une bicatégorisation nette, la nature, elle, produit des individus entre les deux.

En 2020, lors des JO de Tokyo, la championne sud-africaine Caster Semenya avait suscité un certain malaise dans le monde de l'athlétisme. Sa poitrine était trop plate, ses épaules étaient trop larges, sa voix était trop masculine pour qu'on daigne la qualifier de véritable femme. A cause de ces caractéristiques purement physiques, elle avait dû se soumettre à un test de féminité qui avait attesté de son hyperandrogénie.
Le procès de l'hyperandrogénie dans le sport a fait de nombreuses malheureuses. Jugées trop masculines car ayant des corps produisant naturellement beaucoup de testostérone, plusieurs athlètes se sont vues imposer un traitement médical – aux lourds effets secondaires - pour abaisser leur taux d'hormones masculines.
La cour européenne des droits de l'Homme, saisie par Caster Semenya, s'est prononcée contre ce traitement en 2023 donnant raison à la championne sud-africaine. Une étape historique dans le combat pour la dignité, l'égalité et les droits fondamentaux des femmes dans le sport. Mais, force est de constater que le débat est encore loin d'être clos.

En 2024, Imane Khelif est, elle aussi, prise à partie, car présentant des signes d'hyperandrogénie qui lui avaient déjà valu une disqualification l'année dernière. Alors qu'elle est née femme, qu'elle est officiellement reconnue en tant que telle et qu'elle-même se reconnait en tant que femme, sa présence auprès des sportives féminines dérange.
Se soumettre à des tests de « féminité », qu'ils soient hormonaux ou génétiques, est incontestablement stigmatisant pour de nombreuses athlètes présentant des cas naturels d'hyperandrogénie. Ils tendent, en plus de cela, à ranger les femmes dans une case de sportives inférieures à leurs confrères masculins, quitte à en brimer les performances.
Cette infériorité naturelle des femmes dans les compétitions sportives élimine de plus en plus les performances quitte à pousser certaines à dire adieu à leurs carrières. Il va évidemment sans dire que les tests de masculinité n'existent pas puisque, dans le monde du sport, la féminité est synonyme d'infériorité.

Imane Khelif n'est pas la seule athlète féminine à avoir déjà échoué à un test de féminité (ndlr, 2023). Elle fait, avec la Taïwanaise Lin Yun-ting, partie des rares sportives de combat à être au cœur d'une polémique de genre. Ce qui rend les propos dirigés contre elles encore plus violents.

Les commentaires les plus violents et les plus acérés tournent autour d'un thème aussi trivial que pernicieux : l'apparence physique d'Imane Khelifi. « Elle ressemble à un homme ». Un argument suffisant pour lui jeter l'opprobre et lui refuser toute appartenance à la sphère féminine. Les réseaux sociaux auront réussi à attiser la flamme de la haine et de l'incompréhension et à jeter la sportive dans l'œil du cyclone.
Si être transgenre est l'affaire d'un ressenti subjectif de la personne qui s'identifie à un genre qui ne lui est pas assigné à la naissance, ceci n'est pas le cas pour Imane Khelifi. Elle est née femme et est restée femme.

Derrière toute cette stigmatisation, justifiée par beaucoup d'ignorance et encore plus de sexisme, une idée très simple : les femmes ont-elles le droit de disputer une discipline sportive « entre elles », sans avoir à faire face à un adversaire biologiquement avantagé ? La question ne se pose évidemment pas dans le sport masculin, les hommes étant "naturellement avantagés grâce à leurs gènes et à leurs hormones".
La réponse à cette question devrait être purement scientifique et non basée sur des estimations purement subjectives liées à l'apparence d'une sportive. Plusieurs sportives, dont l'Américaine Serena Williams, l'Indienne Dutee Chandet d'autres avaient injustement fait les frais de ces procès en féminité. Des procès qui mènent, souvent, sexisme et racisme.

Plusieurs pistes ont été proposées dont celle de cloisonner le sport féminin, dans le but d'éviter toute concurrence injuste, et d'ouvrir le sport masculin à des athlètes pas nécessairement masculins. Peu importe la solution, elle devra être prise en recourant à des données purement scientifiques, sans aucune haine, ni stigmatisation.
Pour l'heure, le monde ne semble pas encore prêt à trancher loin de tout sentimentalisme stérile. Le sexisme étant plus violent qu'on veuille bien nous laisser croire…


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