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Pour le pouvoir, les femmes sont aussi libres de faire de la prison
Publié dans Business News le 23 - 08 - 2024

Qui oserait encore dire que le régime actuel n'est pas enclin à consacrer l'égalité femmes-hommes ? On aura beau critiquer les positions du président de la République concernant la notion d'égalité, il s'avère que le pouvoir en place a trouvé, à sa manière, le moyen pour la garantir, cette égalité.
Non, il ne s'agit pas du droit à l'héritage sur lequel Kaïs Saïed a tranché dès son accession au pouvoir. Pour lui, le débat autour de l'héritage est erroné. D'ailleurs, dès le 13 août 2020, il a enterré définitivement, dans un discours, les espoirs d'une réforme du texte. Il avait dit que l'important est d'établir une équité socio-économique et qu'il n'y avait pas de place pour l'interprétation puisque le Coran était clair.
Depuis, il n'a pas hésité à faire la distinction entre les femmes ouvrières ou travailleuses et les autres, « les bourgeoises » qui réclament des droits dont elles seules seraient les bénéficiaires. Dans l'une de ces allocutions, il avait déclaré que « l'égalité dans la pensée libérale est l'égalité formelle qui n'est pas fondée sur la justice comme elle veut bien paraitre, de sorte que l'égalité n'est appréciée que par ceux qui sont financièrement capables d'en profiter ».

Ne cherchez pas à théoriser. C'est clair comme de l'eau de roche, le président est porteur de nouvelles approches plus réactionnaires, pardon, plus révolutionnaires et qui pourraient, à terme, déteindre sur l'humanité tout entière.
N'avait-il pas promulgué unilatéralement une loi électorale dans laquelle il avait éradiqué la question de la parité entre les candidats au parlement ? Une mesure qui avait provoqué un tollé à l'époque dans les milieux féministes alertant sur une diminution de la représentativité des femmes dans l'hémicycle. Mais puisque nous sommes dans l'optique des nouvelles approches et que le président est un incompris, faites un effort et comprenez qu'à travers cette décision, il donnait au contraire une chance aux femmes pour se battre plus âprement à pied d'égalité avec les hommes… Dans une société foncièrement discriminatoire envers la femme, on nous dit que celle qui aura décroché un siège d'élue comptera symboliquement pour dix messieurs. C'est ce que nous affirmaient les soutiens du processus. De véritables lumières !

Quand on disait que le régime a consacré l'égalité femmes-hommes à sa manière, cela est concrètement visible en ce qui concerne les femmes engagées en politique et dans la chose publique. À ce niveau-là, le pouvoir ne fait aucune distinction de genre. Ça poursuit, ça arrête et ça incarcère femmes et hommes confondus du moment qu'elles/ils s'opposent, qu'elles/ils critiquent ou qu'elles/ils soient considérés comme une menace.
Cette semaine, une membre de l'équipe de campagne du candidat à la présidentielle Ayachi Zammel a été placée en détention. Elle est accusée d'avoir fabriqué des parrainages au profit du candidat. La semaine d'avant quatre femmes membres de l'équipe de campagne d'un autre candidat ont écopé de peines de prison pour les mêmes accusations. L'avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani croupit en prison dans des conditions difficiles, pour une simple déclaration médiatique. La présidente du parti destourien libre (PDL) Abir Moussi, et en prison aussi, poursuivie dans un tas d'affaires en lien avec son activité politique. Elle a été empêchée de se porter candidate à la présidentielle alors que son parti l'avait officiellement investie. La journaliste Chadha Haj Moubarek est en prison dans un imbroglio judiciaire qui n'en finit pas. Saadia Mosbah, présidente de l'association Mnemty, emprisonnée parce qu'accusée de faire partie d'un complot pour installer en Tunisie des migrants subsahariens. Il en va de même pour l'ancienne directrice exécutive de l'organisation Tunisie Terre d'Asile, Sherifa Riahi jetée en prison avec son bébé de deux mois. L'ex-intouchable, Sihem Ben Sedrine a également été placée en détention… La liste n'est pas exhaustive et on n'a même pas évoqué le harcèlement des activistes, les intimidations, les poursuites, les lynchages publics et toutes celles qui ont été contraintes à l'exil.

En cette Tunisie qui s'enfonce dans l'arbitraire, personne qu'il/elle soit homme ou femme n'est épargné-e. Toutefois si faire de la politique et s'engager dans la chose publique est dangereux pour tous, cela l'est encore plus pour les femmes puisqu'elles sont confrontées à des formes de violence spécifiques. Dans une société marquée par le sexisme, on cherche à réduire leur influence et à punir leur engagement politique. Les femmes activistes sont donc les cibles de commentaires misogynes et d'attaques virulentes visant à nuire à leur réputation, à semer le doute sur leurs capacités et à décourager leur participation. On les jette en pâture sur les réseaux sociaux en exploitant tous les préjugés et les stéréotypes de genre. Une infamie. Une double peine.
Vous voyez bien que le régime de Kaïs Saïed est bien égalitaire, mais à sa manière.


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