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Des traitres partout
Publié dans Business News le 08 - 05 - 2024

Dans sa vindicative ivresse et sa recherche désespérée de responsables de son échec, le régime tunisien n'a rien trouvé de mieux à faire que de mettre Saadia Mosbah en détention provisoire. La militante pour les droits humains et contre le racisme qui était de tous les combats pendant ces dernières décennies est soudain sommée de venir s'expliquer sur le financement de son association « Mnemty ». Evidemment, Saadia Mosbah représente un danger tel qu'il est impossible de procéder à ces vérifications en lui laissant sa liberté. De toute manière, la détention est devenue la règle en Tunisie. Il n'y a que ça pour satisfaire les esprits malades qui s'en réjouissent.

Le président de la République, Kaïs Saïed, a lui-même donné le top départ pour ce genre de pratiques lors de son discours à la dernière réunion du conseil de sécurité nationale. Le chef de l'Etat a accusé les associations qui soutenaient les migrants irréguliers d'être des « traitres et des mercenaires », sans présenter le moindre début de preuve cela va sans dire. Il s'en est même pris aux ONG internationales qui ne feraient rien selon lui, à part pleurnicher dans les médias. Les médias qui sont eux-mêmes des mercenaires payés par de l'argent qui viendrait de l'étranger pour porter atteinte à l'Etat et à son intégrité sous couvert de liberté d'expression.
Si l'on en croit le discours officiel émanant surtout du palais de Carthage, on croirait que l'Etat tunisien est assailli de toutes parts par des hordes de mercenaires et de traitres. Ce que l'on doit croire surtout c'est que sans la vaillance et le courage de ceux qui nous gouvernent, l'Etat se serait effondré depuis longtemps. Une fable que tous les régimes qui ont gouverné le pays ont ruminé à maintes reprises. Pour Kaïs Saïed les choses sont claires : les partis politiques et les politiciens sont évidemment des traitres et des comploteurs qui font semblant de se quereller alors qu'ils sont d'accord pour partager les richesses, les hommes d'affaires et les capitaines d'industrie sont aussi des voleurs qui doivent être forcés à restituer des sommes astronomiques à l'Etat, les associations et la société civile de manière générale sont aussi composées et dirigées par des traitres et des mercenaires qui reçoivent de l'argent de l'étranger par milliards pour déstabiliser l'Etat, les médias aussi, malgré la présence bruyante des chroniqueurs pro-régime, sont catalogués comme des traitres qui reçoivent de l'argent de l'étranger, Il paraitrait même que des traitres se sont infiltrés au sein même de l'Etat à tel point qu'il faut épurer l'administration. Kaïs Saïed et son gouvernement livrent une guerre sans merci à tous ces traitres et à tous ces agents de l'étranger qui ne cessent de comploter contre notre pays. C'est du moins ce qu'on voudrait que l'on croit.
Mais une question émane d'un tel constat : comment se fait-il que Kaïs Saïed et son équipe soient les seuls intègres du pays, puisqu'il s'avère qu'il est majoritairement composé de traitres et de vendus ? Les personnes choisies par le président de la République pour occuper les postes à responsabilité seraient-ce les seules qui soient blanches comme neige en Tunisie ? L'expérience Nadia Akacha tendrait à prouver l'inverse, elle qui est passée de bras droit du président à accusée dans une énième affaire de complot contre l'Etat. Toutefois, il y a lieu de s'interroger sur le fait que toute l'élite serait corrompue et au service de puissances étrangères, sauf les membres de cette même élite que le président de la République, dans son infinie clairvoyance, a choisis.
Si l'on élargit cette logique au niveau du peuple, il s'avérera que l'écrasante majorité du peuple est composée de corrompus. C'est d'ailleurs ce que nous avaient dit les soutiens du chef de l'Etat et les chroniqueurs bruyants quand ils ont vu que seulement 11% des Tunisiens se sont déplacés aux échéances électorales fixées par le président. « Ces 11% volontaires et convaincus valent mieux que 90% amenés avec de l'argent ! », n'avons-nous pas entendu cet argument des dizaines de fois pour justifier ce taux de participation ridiculement bas ? Cela veut donc dire que 90% du peuple tunisien est potentiellement corruptible et qu'on peut l'amener à voter pour X ou Y en lui donnant un peu d'argent. Je ne sais pas si cela est vrai ou pas mais ce qui est sûr c'est que les soutiens du président, eux, ne sont pas concernés par cela et sont tous propres et intègres.

Le seul problème avec cette version des choses est qu'elle ne tient pas la route longtemps, du moins pour ceux qui ont un minimum de mémoire. Des traitres et des corrompus étaient à l'origine de l'augmentation des prix et des pénuries de produits de base. Le fait de les avoir mis en prison sous une accusation de complot contre la sûreté de l'Etat n'a rien changé aux prix, qui continuent d'ailleurs d'augmenter. Des traitres et des corrompus auraient influencé le Fonds monétaire international pour que la Tunisie n'obtienne pas de crédit. Mais c'est le même Etat tunisien qui refuse, à ce jour, de rencontrer les experts du même FMI. Les associations et les ONG sont dirigées par des traitres et des mercenaires et pourtant on fait appel à leurs services et on leur reproche leur absence dans le règlement de la question migratoire. Il y a même des associations et des ONG qui travaillent directement avec les ministères de l'Etat.
Il est clair que le président de la République ne diffuse pas une belle image de son propre peuple. Entre traitres, corrompus et voleurs, nous ne renvoyons pas une image très glorieuse. Mais c'est le propre du populisme qui s'applique à merveille à une majorité de Tunisiens. Ce qu'on déteste c'est la corruption la traitrise et les méfaits de l'autre, mais jamais nous n'accepterions de faire face à nos propres vices. C'était déjà le cas avec la famille de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali, ce qui dérangeait les Tunisiens n'était pas leur corruption, mais juste le fait de ne pas pouvoir en profiter.


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