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D'un continent à l'autre, les salauds se partagent les rôles
Publié dans Business News le 17 - 05 - 2025

Episode 1 – Une cellule bien méritée, pour services rendus à la République
Il avait tout pour finir discrètement sa peine. Un verdict est tombé, une amende a été payée, les jours en prison étaient comptés. Mais pour Mehdi Ben Gharbia, la justice n'est pas un cycle, c'est un piège sans sortie. Un cauchemar à épisodes. La saison 4 s'est ouverte cette semaine, avec une mise en scène que même Netflix aurait jugée trop grotesque : le revoilà inculpé, cette fois pour meurtre. Oui, meurtre.
La victime, une jeune femme nommée Rahma, a été tuée il y a plusieurs années. Le tueur a été arrêté, a avoué, a participé à toutes les reconstitutions. Mais surprise : un juge d'instruction vient de découvrir que Mehdi Ben Gharbia serait peut-être, allez savoir, le cerveau derrière ce crime. Pourquoi ? Comment ? Sur quelles bases ? On ne sait pas. Et on s'en fout.
Les avocats boycottent. Les défenseurs s'étouffent. Mais les pages Facebook proches du pouvoir, elles, jubilent. Elles s'empressent de partager la nouvelle, enrobée de théories fumeuses sur une "bande organisée", avec en prime des insinuations racoleuses et des emojis de victoire. Depuis hier, elles exultent. Elles saluent cette prouesse judiciaire comme une revanche sur tous ceux qui, un jour, ont rêvé d'un Etat de droit.

La justice est donc devenue une scène, et Mehdi Ben Gharbia son acteur principal — condamné à jouer sans fin le rôle du coupable idéal. Il a eu le tort d'être riche, le malheur d'avoir été ministre, et l'audace de ne jamais plier. Et cela, dans une Tunisie où l'on n'ose plus penser autrement, encore moins penser librement.
À ce stade, plus rien ne ressemble à un procès. C'est une vendetta. Une mise au pas. Un avertissement silencieux à tous ceux qui croiraient encore que la liberté est un droit. Non, ici, la liberté est un privilège. Accordé à ceux qui se taisent.
Et pour ceux qui parlent — ou pire, qui résistent — il reste toujours une cellule, bien préparée, et bien méritée. Pour services rendus à la République. Le dernier à avoir pénétré cette cellule est Ahmed Souab, avocat de … Mehdi Ben Gharbia.

Episode 2 – Des Boeing pour Trump, et des brebis pour nous
On croyait avoir tout vu avec l'acharnement judiciaire contre Mehdi Ben Gharbia. Mais il y a des injustices plus vastes encore, collectives, génétiques presque. Des injustices qui ne s'acharnent pas sur un homme, mais sur un peuple entier.
C'est ce que rappelle, avec une verve aussi désespérée que drôle, l'influenceur Mehrez Belhassen, dans un texte devenu viral : « Beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent a été injecté dans le forum d'investissement saoudo-américain qui s'est tenu à Riyad cette semaine. Même chose lors de la tournée de Trump au Qatar et aux Emirats : on n'entendait que des trillions fuser à droite et à gauche, une pluie de milliards à donner le tournis… Le Qatar a carrément offert un Boeing 747, le futur Air Force One, à Donald Trump, en violation totale de la constitution américaine. Paraît-il même que celui qui passait par hasard devant la salle du forum se retrouvait, sans comprendre, bombardé millionnaire – ou du moins avec une bourse bien remplie, comme par miracle !! »
Et pendant que cette orgie de pétrodollars se tient en grande pompe, pendant que les enfants palestiniens meurent sous les bombes ou agonisent de faim dans les ruines de Gaza, les pétro-monarchies distribuent sans sourciller des milliers de milliards aux Américains – ces mêmes Américains alliés inconditionnels d'Israël, qui terrorise ces enfants.

Et nous ? Eh bien nous, pendant ce temps, « les descendants des Amazighs d'Afrique du Nord galèrent toujours dans leur coin ». Nos élites chantent la gloire d'une nation arabe qui n'a jamais été la nôtre, pendant qu'on mendie notre propre dignité à coups de mémorandums et de lignes de crédit. « Toujours à surenchérir, à donner des leçons à tout le monde sur tout, et toujours plus préoccupés par les affaires du Moyen-Orient que par leurs propres misères locales. »
Et Mehrez, dans un trait de génie noir, résume le tout : « Même Dieu savait ce qu'Il faisait : Il a donné le pétrole et le gaz au Golfe, et il a laissé aux Amazighs quatre oliviers, deux brebis et quelques touffes d'alfa pour s'essuyer les fesses… Subhanallah ! Il y a des peuples qui semblent aimer la misère, c'est fou ! »
C'est cru, c'est brutal, mais c'est tristement exact. Pendant qu'on enterre nos libertés au nom de la justice, d'autres offrent des jets privés à des milliardaires. À chacun sa notion de priorité.

Episode 3 – Dieu, préservez-moi de mes amis… mes ennemis, je m'en charge
Il était une fois un président africain qui croyait au pouvoir de l'amitié. Mohamed Ould Abdel Aziz, pour ne pas le nommer, ancien chef d'Etat mauritanien, ancien homme fort, ancien homme libre… et désormais ex-homme tout court. Quinze ans de prison. Ferme. Pour enrichissement illicite, blanchiment, trafic d'influence et surtout… excès de confiance.
Car dans cette fable sahélienne, l'arme du crime n'est pas un fusil, ni une mallette, ni un décret. Non. L'arme, c'est un ami. En l'occurrence, Mohamed Ould Ghazouani, compagnon de coups d'Etat, chef d'état-major fidèle, ministre de la Défense loyal, président désigné. Et qui, sitôt élu, s'est souvenu d'une vieille maxime : les amis, c'est comme les bananes, plus ils mûrissent, plus ils te la mettent profond.
Le verdict est tombé le 14 mai, à Nouakchott : quinze ans de prison, confiscation des biens, déchéance des droits civiques. Une punition biblique. Le tout assorti d'un silence présidentiel glacial. Ould Ghazouani a regardé son ancien frère d'armes s'enfoncer dans le néant judiciaire sans bouger un cil. Mieux : il a laissé les juges déguster. En toute indépendance, bien sûr. Comme c'est beau, la séparation des pouvoirs, quand elle sépare surtout les têtes.

Et dire que ce même Ghazouani aurait, selon Ould Abdel Aziz, lui-même offert deux valises pleines de cash le lendemain de son élection. Entre gentlemen, on règle les transitions avec élégance. Une poignée de main, deux valises, et puis chacun sa route. Sauf que parfois, la route de l'un passe par la cellule de l'autre.
La morale ? Il n'y en a pas. Juste un proverbe : "Dieu, préservez-moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge." Ould Abdel Aziz, lui, a bien géré les islamistes, les putschistes, les djihadistes. Il avait simplement oublié de se méfier de son meilleur ami.


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