Une publication largement partagée sur Facebook prétend que les Etats-Unis, Israël, la Tunisie et l'Italie ont tous refusé la solution à deux Etats, créant une confusion et omettant des nuances cruciales. Ceci est trompeur. Bien que leurs votes ou positions publiques puissent sembler similaires, les motivations derrière ces décisions sont radicalement différentes.
Pour les Etats-Unis et Israël, leur position est un rejet direct. Les Etats-Unis, traditionnellement le principal allié d'Israël, estiment qu'un Etat palestinien doit être le fruit de négociations directes entre Israéliens et Palestiniens, et non d'une reconnaissance internationale sans cet accord. Ils ont d'ailleurs utilisé leur droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU pour bloquer une résolution demandant l'adhésion de la Palestine comme membre à part entière. Le gouvernement israélien, et plus particulièrement la coalition de Benjamin Netanyahu, s'oppose à la création d'un Etat palestinien souverain et a accéléré l'expansion des colonies.
Pour l'Italie, sa position est un soutien théorique à la solution à deux Etats, mais une réticence à agir de manière unilatérale. Rome a publiquement affirmé son soutien à la création d'un Etat palestinien, avec Jérusalem-Est pour capitale. Cependant, l'Italie, comme d'autres nations européennes, a préféré attendre un processus de paix négocié plutôt que de procéder à une reconnaissance unilatérale. Son inaction ne signifie donc pas un rejet de la solution, mais plutôt un désaccord sur la manière de la mettre en œuvre. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a déclaré mardi 23 septembre 2025 que l'Italie ne reconnaîtra l'Etat palestinien qu'à deux conditions : la libération de tous les otages israéliens et l'exclusion du Hamas de tout futur rôle gouvernemental. "Je ne suis pas contre la reconnaissance de la Palestine, mais nous devons nous fixer les bonnes priorités", a-t-elle expliqué aux journalistes, ajoutant que son gouvernement présenterait une motion sur ce sujet au Parlement.
Pour la Tunisie, le sujet est le plus complexe et le plus nuancé. Elle ne refuse pas un Etat palestinien, bien au contraire. Son abstention lors de certains votes ne reflète pas une opposition à l'Etat de Palestine, mais plutôt un rejet de toute normalisation avec Israël. La Tunisie refuse de reconnaître l'existence même de l'Etat d'Israël. Voter en faveur d'une résolution qui, même en créant un Etat palestinien, se base sur le principe de deux Etats (Israël et Palestine), serait interprété en Tunisie comme une reconnaissance implicite d'Israël.
La Tunisie soutient un Etat palestinien sur tout le territoire de la Palestine, refusant le concept de deux Etats tel que défini par la communauté internationale.
Pour rappel, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté le 12 septembre 2025 une déclaration commune, préparée par la France et l'Arabie saoudite, visant à relancer la solution à deux Etats. Le texte a été approuvé par 142 pays, avec seulement 10 voix contre (dont celles d'Israël et des Etats-Unis) et 12 abstentions.