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Corruption dans le sport : cachez moi ce mal que je ne saurai voir !
Publié dans Business News le 24 - 03 - 2008

L'émission sportive de chaque mardi que diffuse la chaîne de télévision privée Hannibal TV continue à défrayer la chronique en optant pour des sujets polémiques longtemps tus. Secret de Polichinelle pour beaucoup d'observateurs du monde sportif, la corruption a été au centre du débat mené par Moez Ben Gharbia, Fethi Mouldi and co mardi 18 mars. Un débat quasiment inédit en Tunisie vu que le sujet figure parmi les tabous des tabous. Succulent !
La corruption. Mal endémique auquel n'échappe aucun pays et aucun secteur d'activité. La Tunisie ne fait pas exception, bien que le sujet a très rarement fait objet d'enquête ou d'article de presse (tous médias confondus).
Selon l'Indice 2007 de Perception de la corruption que publie Transparency International, la Tunisie occupe la 61ème place sur 180 pays. Un classement qui lui permet de devancer plusieurs pays (dont développés) bien qu'il soit en recul par rapport à 2006. Le secteur sportif ne faisant pas exception, le sujet a jusque là échappé à tout débat médiatique bien qu'il ne soit absent d'aucune discussion de café ou de salon. « X a reçu tel montant pour vendre le match. Telle équipe a payé tant pour éviter la relégation » sont des phrases qu'on entend très souvent dans le milieu et parmi les fans, sans que nul n'ose porter plainte ou étayer ses dires par des preuves. On va jusqu'à parler de circulation de chèques et donner des montants exacts, montrant une maîtrise parfaite de l'information.
Hannibal TV dans le cadre de son émission Bil Makchouf a évoqué le sujet mardi 18 mars en ouvrant un mini-débat dans lequel ont participé les « animateurs » classiques de l'émission. Soit Moez Ben Gharbia, Me Fethi Mouldi, Khaled Hosni and co.
Selon les reportages et les témoignages que l'on dégage de l'émission, les matchs se vendraient autour de 20.000 dinars, les joueurs seraient au courant des transactions, tout comme les fans et dirigeants. On a même rapporté l'histoire d'une voiture remplie d'argent, destiné à arroser les joueurs, qui se serait éloignée du stade parce qu'elle aurait attiré des voleurs ayant eu vent de la chose. Dès le démarrage de la voiture, les joueurs auraient retrouvé leur énergie et auraient cessé de lever le pied !
Me Fethi Mouldi (professeur universitaire en droit, avocat à la cour de cassation et chroniqueur sportif représentant ce qu'il y a de meilleur chez nous) a rappelé d'abord que le phénomène touche tous les pays et les plus grandes équipes sportives. Juve ou Marseille pour ne citer que ces équipes ont eu leur lot de scandales de corruption. Pourquoi la Tunisie y échappera-t-elle ? Il a ensuite rappelé les sanctions pouvant découler de tel acte : relégation pour l'équipe, bannissement à vie pour les dirigeants de toute activité sportive et sanctions pénales lorsque la justice est saisie.
Selon lui, ce que tout un chacun sait par ailleurs, c'est qu'il y a en Tunisie une quasi unanimité que notre sport serait touché par la corruption, qu'il y aurait vente et achat de matchs, des dessous de tables et des pots-de-vin versés aux joueurs. Tout le monde parle également de cliques et d'évidences lors des déroulements de matchs pour dire qu'il y aurait eu vente de parties.
Problème : c'est que l'ensemble de ces déclarations ne sont jamais accompagnées de preuves formelles.
A cela, indique l'avocat-chroniqueur, il faudra déposer une plainte et c'est à la police de trouver les preuves, ce qui est son travail. « Quand on voit sa maison volée, on va déposer une plainte, rappelle-t-il. La police ne nous dit jamais allez chercher le voleur ou allez chercher des preuves. Elle réceptionne la plainte qui déclenche systématiquement une enquête, les poursuites et les mises en examen qui s'en suivent. Tant qu'il n'y a pas de plaintes, tant qu'il n'y a pas d'enquête, tant qu'il n'y a pas de preuves. »
En résumé, l'avocat invite les dirigeants d'équipes à prendre leurs responsabilités et déposer plainte dès qu'il y a suspicion de match truqué. Le pire, c'est qu'il se trouve des dirigeants pour parler de corruption et match vendus à visage dévoilé, tel ce président d'une équipe de la banlieue de Tunis qui a envoyé un mail en direct au cours de l'émission pour dire : « oui, il y a corruption et il y a des matchs vendus ». Pourquoi ce dirigeant ne s'est-il pas adressé à la justice plutôt qu'à la télévision ?
En guise de réponse, on a ceci : « C'est que la Tunisie ne peut pas supporter une affaire de corruption. » C'est-ce qu'aurait déclaré un ancien président de la Fédération Tunisienne de Football, dont les propos ont été rapportés par M. Khaled Hosni.
Le problème, indique son confrère, c'est tant qu'il n'y a pas de plainte, tant qu'il y a sentiment d'impunité. « Si l'on dépose une plainte, les joueurs seront intimidés et sauront qu'ils risquent gros s'ils acceptent une corruption quelconque. Mais si les choses se passent sans qu'il n'y ait de réaction et de sanction quelconques, cela ne peut qu'encourager le phénomène », conclut-on.
On a également, lors de l'émission, évoqué ces plaintes infondées qui peuvent salir à jamais l'image d'un joueur ou d'un dirigeant.
Me Mouldi rappelle que les solutions judiciaires existent et que l'intéressé s'estimant accusé à tort peut toujours déposer plainte pour diffamation et réclamer des dommages et intérêts. « Cela est insuffisant, lui réplique M. Hosni, rappelant le dicton « calomniez, calomniez, il restera toujours quelque chose » ». Faut-il donc continuer à parler de corruption sans réagir ? Faut-il encourager nos jeunes à recevoir de l'argent sale s'il y en a ? N'est-il pas temps de mettre le holà et d'arrêter l'hémorragie, si hémorragie il y a ? Autant de points que Hannibal TV a eu le mérite de soulever lors de son émission et qui exigent, en théorie, des réactions immédiates de la part des autorités de tutelle. Il se trouve que celles-ci n'ont pas réagi. Peut-être que cette gangrène n'existe que dans la tête des journalistes et quelques fans, mauvais joueurs ? Peut-être, oui !


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