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Une vie comme au cinéma
Publié dans Business News le 24 - 11 - 2008

Il est parti sans dire au revoir. On le reverra peut-être un jour. Ou on ne le reverra pas, je ne sais pas. Nul ne pourrait répondre à la question avec exactitude, sans faire valoir sa foi. Celui qui est parti sans dire au revoir est connu par l'ensemble du monde du cinéma tunisien. Du monde du cinéma tout court, devrai-je dire, car la célébrité d'Ahmed Baha Eddine Attia a dépassé, depuis des décennies, nos petites frontières. Mais comme nul n'est prophète dans son pays, la célébrité de feu Hmaïed est restée plus ou moins limitée au monde du cinéma.
Le 10 août 2007, Hmaïed disparait. Quelques oraisons sont prononcées et le monde du cinéma passe à autre chose.
Il est parti sans dire au revoir. Lui aussi. Mais lui il est encore vivant. On reverra ses chroniques un jour. Ou on ne les reverra pas, je ne sais pas. On ne saurait répondre à la question avec exactitude, tant qu'on n'a pas de vision sur le destin réservé aux journalistes tunisiens chevronnés après leur retraite. Celui qui est parti sans dire au revoir est connu par l'ensemble des journalistes (francophones) amateurs du bon cru… journalistique. Il s'appelle Abdelhamid Gmati. Il a longtemps porté (ou supporté, on ne sait pas trop qui a supporté l'autre) le pseudonyme de Miduni.
N'appréciant pas trop ses articles critiques et "insolents", un ancien ministre tunisien l'a surnommé un jour "chtar douni". Douni, dans le dialecte tunisien, signifie mauvais et chtar, veut dire mi. Ce ministre voulait salir l'image de ce grand chroniqueur. Mais, Miduni n'en a gagné que plus de respect auprès de ses confrères et de ses lecteurs (notamment de La Presse), qu'ils soient avisés ou pas. Le ministre n'est plus ministre et Miduni est demeuré journaliste, bien qu'on ne lise plus ses chroniques, puisqu'il est parti sans dire au revoir.
C'est impoli de partir sans dire au revoir. Et aussi bien Miduni que si Hmaïed sont partis sans dire au revoir. Le second a été pris par surprise. Si on l'a avisé à l'avance de sa mort, il aurait certainement fait preuve du civisme nécessaire.
Quant au premier, il semble s'être rendu compte du tort qu'il a porté en s'abstenant de rédiger régulièrement ses chroniques. Au lieu de chronique, il a pondu un livre. Et à sa lecture, on se rend bien compte qu'il ne va pas nous dire au revoir de sitôt. Il a encore beaucoup à donner le Miduni. L'au-revoir existe cependant et il est destiné à si Hmaïed.
Par son ouvrage "Une vie comme au cinéma", Miduni redonne la parole à Ahmed Baha Eddine Attia pour un dernier adieu. Il donne la parole à tous ces cinéastes et hommes de cinéma qui ont approché de près ou de loin si Hmaïed. On y lira les témoignages de Férid Boughedir, Nouri Bouzid, Mohamed Damak, Abdelaziz Ben Mlouka, Hédi Khelil, Khaled Barsaoui, Néjib Ayed…
« La Tunisie n'a pas la mémoire de ses hommes. Dans ce pays, et en raison d'une certaine culture arabo-musulmane privilégiant toujours la communauté aux dépends des individus, on n'aime pas les mémoires », dira Miduni. Précision de taille : les interviewés sont terriblement sélectionnés. Seuls ceux qui ont bien connu si Hmaïed avaient droit à la parole, avaient droit au témoignage, avaient le droit de parler de cette vie, comme au cinéma.
L'absence de témoignages d'anciens ministres se justifie. « Le disparu n'avait pas toujours de bons rapports avec eux et beaucoup lui ont mis les bâtons dans les roues », témoignera Miduni. Et il sait de quoi il parle, puisqu'il nous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Nul n'est prophète dans son pays et en dépit de la ferme bonne volonté des uns (Si Hmaïed fut décoré par le Président Ben Ali en 2001), il y a toujours les autres qui essaieront de casser toute initiative, toute étoile qui monte, tout projet qui marche. C'est valable encore aujourd'hui. Et on le ressent nettement dans les témoignages de l'ouvrage.
Comment reconnait-on ces gens là qui continuent encore de sévir ? Ils sont plus communistes lorsqu'ils sont avec les communistes et plus capitalistes lorsqu'ils sont avec les capitalistes. Ils vous embrassent en public pour mieux vous poignarder dans les coulisses. Eux-mêmes qualifient les autres de "chtar douni" et autres adjectifs. Leur vie n'est que du cinéma et nullement comme au cinéma. Quand ils partiront, on ne leur dira pas au revoir.
Si Hmaïed est parti, Miduni lui a dédié cet ouvrage et le cinéma tunisien n'aura pas perdu sa mémoire. Depuis la nuit des temps, le capital de la Tunisie est dans ses enfants. Misons dessus et ne laissons pas sombrer dans l'oubli ceux qui, par quelque moyen que ce soit et dans tous les domaines, essaient de hisser la Tunisie au meilleur niveau possible.


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