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Tunisie - Qui est derrière le grabuge et à qui profite-t-il ?
Publié dans Business News le 16 - 10 - 2011

Avec l'attaque de la maison d'un patron d'une chaîne de télévision, on a franchi une ligne rouge dangereuse.
A une semaine des élections, on devrait se concentrer sur les débats électoraux et les programmes des candidats. Il y a eu diversion et on a transformé une scène d'un film d'une chaîne en une affaire d'Etat avec des manifestations et contre-manifestations et des agressions physiques.
Qui est derrière cela et à qui profite tout ce grabuge ?
Allez à n'importe quel stade de Tunisie ou à n'importe quel café populaire, restez y 15 minutes et comptez le nombre de blasphèmes que vous entendrez fuser de toutes parts.
Cela a de quoi heurter le sentiment de tout musulman, mais aussi de tout citoyen normalement constitué venu se détendre. Et pourtant, malgré ces agressions verbales continues et ces sentiments heurtés, le pire qui pourrait avoir lieu c'est une petite remontrance verbale pour remettre les choses à leur place. Et la vie continue quelques secondes après.
Dire que le sentiment du Tunisien est heurté par la vision de Dieu dans un film est pour le moins exagéré. De là à sortir dans les rues, à crier au scandale, à se donner au vandalisme, il y a de quoi s'interroger s'il n'y a pas des parties derrière toute surenchère religieuse.
L'histoire a commencé le vendredi 7 octobre avec la diffusion du film Persepolis sur Nessma TV.
Le film a déjà été diffusé en Tunisie sans que cela n'émeuve personne. Il a déjà été diffusé dans un nombre de pays arabes sans que cela n'émeuve personne. Pourquoi alors a-t-on crié au scandale maintenant ?
La réponse tient dans le timing de la diffusion du film. La programmation de Nessma TV est tout sauf hasardeuse et tout le monde en convient. Diffuser un film qui met à nu les projets islamistes, à une dizaine de jours des élections, est provocateur pour les parties visées. Et c'est une aubaine pour les parties adverses.
La réponse du berger à la bergère n'a pas tardé. Les « modernistes » attaquent via un média, les islamistes attaquent via la rue.
Et, contrairement à ce qu'on pourrait croire, le principal parti visé (Ennahdha) n'a lancé aucun appel à la manifestation, ni à user de la violence à l'encontre de Nessma.
C'est même tout le contraire, le parti de Ghannouchi a appelé à la liberté d'expression tout en appelant au respect du sacré et tout en dénonçant la violence.
Comme l'a laissé entendre Maya Jeribi, du PDP, les violences enregistrées ont pour but de perturber le processus électoral et ce qui s'est passé est une instrumentalisation claire et nette de la part de certaines parties.
Mme Jeribi semble connaître ces manipulateurs, mais elle s'est refusé de donner un quelconque éclairage là-dessus.
Avant ce vendredi 14 octobre, les appels à la manifestation contre Nessma TV se sont multipliés un peu partout dans les réseaux sociaux et il y a même eu du collage d'affiches à ce propos dans certaines artères.
Dans les mosquées, lors de la prière du vendredi, certains imams ont appelé à la défense de la religion, créant ainsi l'amalgame et n'hésitant pas à mettre de l'huile sur le feu. « La scène heurte, mais elle n'a rien de choquant. Je ne comprends vraiment pas pourquoi on en fait tout un tintamarre, il suffit de zapper la chaine », nous déclare un quinquagénaire à la sortie de la prière du vendredi.
Comme nous l'avons écrit il y a quelques semaines, tout le monde n'a pas intérêt à ce que la Révolution tunisienne (et égyptienne) réussisse. Si les Occidentaux et les peuples font tout pour que la Tunisie réussisse son examen électoral, il n'en est pas de même pour les pays arabes.
De là à dire que des pays arabes et islamiques soient derrière la surenchère, il n'y a qu'un pas. Le communiqué de l'ambassade iranienne en dit long sur les desseins de cette République islamique (voir notre article à ce sujet).
Dans son édito paru samedi dernier, Moez Zayoud de l'hebdomadaire Al Oula n'hésite pas à faire un clin d'œil aux pays du Golfe (et notamment l'Arabie Saoudite) et leur éventuelle implication dans les affaires tuniso-tunisiennes. C'est un secret de Polichinelle, quoiqu'il n'y a pas de preuves, certaines organisations (peut-être des partis) sont financés par des pays du Golfe afin de faire échouer la révolution tunisienne de peur de la « contamination ».
On remarquera au passage que personne, absolument personne, n'a publié un communiqué pour dénoncer la présence des drapeaux noirs des Salafistes radicaux et des appels au Califat et à la Chariâa durant les manifestations. Pourtant, il y a là une atteinte caractérisée à la République tunisienne, à son identité et aux sentiments de tout citoyen. Mais aucun avocat n'a daigné porter plainte contre ces barbus qui veulent devenir califes à la place du président.
A qui profite tout cela ? Les Islamistes pensent que cela leur profite, mais ils ont tort, a estimé Maya Jeribi. Samir Ben Amor, du CPR, estime que toute la Tunisie est perdante à travers cette histoire.
Noureddine Bhiri, d'Ennahdha, estime qu'il n'y a aucun gagnant.
Est-ce si sûr ? Du côté de la rue, un sympathisant du PDM estime que l'histoire de Nessma est inquiétante et devrait renforcer les modernistes et les démocrates à aller voter contre les projets qui risquent de tirer la Tunisie vers le bas et vers le Moyen-âge. Tout le contraire de ce sympathisant d'Ennahdha qui déclare que cet incident montre les projets « sionistes » des modernistes et qu'on se doit de voter pour un parti qui préserve l'islamité et l'identité de la Tunisie.
La diffusion de Persepolis aurait dû servir les intérêts des « anti-islamistes ». Les réactions premières au film a fait que c'est le contraire qui s'est produit. L'arroseur arrosé en somme. Seulement, quand cela a tourné à la violence et à l'exagération d'un fait, qui n'est pas aussi grave comme on cherche à le présenter, fait que les barbus font de nouveau peur. L'arroseur de l'arroseur est de fait arrosé.
Une équation à double inconnue dont le résultat sera divulgué la semaine prochaine.
Dessin : Adel Zaza, dans le quotidien « Le Maghreb » du 16 octobre 2011. Raouf Ben Hédi


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