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Tunisie - Constituante : On insulte nos intelligences !
Publié dans Business News le 07 - 12 - 2011

Les deux premiers jours des débats au sein de la Constituante ont permis aux observateurs et aux citoyens de déceler des messages à plusieurs tons provenant des représentants du Mouvement Ennahdha.
Le premier ton, et le plus fort, a consisté à affirmer les droits que leur procure leur statut de plus grande force politique dans la Constituante. Le député Sahbi Atig a clairement défendu ce choix, lors des débats de la matinée du mardi 6 décembre, en demandant au président Ben Jaâfar de passer au vote pour éviter ‘la perte d'un temps précieux pour la Tunisie'. Cette réplique a fait dire à l'autre députée, Salma Baccar, que ‘la Troïka aurait mieux fait d'éviter au peuple l'attente d'un mois passé à accorder leurs violons'.
Par ailleurs, cette même tendance a été confirmée lors des débats sur la préface de la loi. La Troïka, dirigée par Ennahdha, a été hostile à la limitation à une année des travaux de la Constituante, comme annoncée auparavant dans la charte signée par 11 partis, dont Ennahdha et Ettakatol. Une large majorité de 153 députés s'est dégagée contre cette limitation, ce qui a été considéré par les observateurs comme un retour sur des engagements déjà tenus par Ennahdha.
« Certes l'ANC est souveraine, mais la souveraineté ne peut aller à l'encontre des engagements pris devant des Tunisiens. La légitimité tient au respect de la parole donnée », déclare Emna Mnif avant d'ajouter que si le CPR a toujours annoncé son attachement à une durée de plus d'un an, tous les autres partis, dont notamment, Ennahdha et Ettakatol, ont fait campagne sur une durée limitée à un an.
Pour sa part, Ahmed Néjib Chebbi a eu, en cours d'après-midi, une intervention virulente envers le président de la Constituante et les membres de la Troïka les accusant de mener le pays vers l'unilatéralisme.
Le leader du PDP est allé, en parlant implicitement au nom de l'opposition, jusqu'à lancer des menaces, à peine voilées, de se retirer de la Constituante et laisser ceux qui veulent y rester décider au nom de tout le peuple.
Certes, la justification présentée par les nahdhaouis et leurs alliés, est que la Constituante est souveraine. Mais, cette limitation à une année est-elle vraiment contraignante ?
‘C'est juste un attachement à un engagement moral, pris avec le peuple tunisien, que l'on peut réviser à tout moment, si des contraintes objectives y obligent', a affirmé Samir Taïeb. ‘Or, ce n'est nullement leur souci majeur', a-t-il ajouté.
Toutefois, les déclarations du porte-parole du mouvement, Noureddine Bhiri, et de l'un de ses dirigeants, Samir Dilou, ont donné un autre ton. Le premier a annoncé que ‘le Mouvement Ennahdha a accepté d'inscrire le Code du Statut Personnel comme loi fondamentale et non pas comme loi ordinaire dans l'organisation provisoire des pouvoirs'.
De son côté, Samir Dilou a annoncé l'autre modification importante dans le projet d'organisation provisoire des pouvoirs permettant ‘le vote de la motion de censure à la majorité absolue des 50% +1 et non pas sur la base de deux tiers'.
Il s'agit là de deux des principales revendications de l'opposition dans la Constituante, ainsi que des organisations de la société civile qui avaient manifesté plusieurs fois à la place du Bardo. La première décision permet, pour le moment du moins, de préserver les acquis de la femme, en exigeant qu'une nette majorité des deux tiers se prononce avant toute modification du Code de Statut Personnel.
Il importe, toutefois, de souligner qu'Ennahdha a maintenu son choix initial de voter les lois fondamentales à la majorité absolue et non au deux tiers.
Quant à la deuxième initiative, elle laisse la porte ouverte à une possible motion de censure contre le gouvernement, même sans l'aval d'Ennahdha, si l'opposition réunie le décide. Mais ces deux questions sont-elles vraiment d'actualité pour le parti islamiste ?
Apparemment, et même si ces deux questions ne constituent vraiment pas des priorités absolues pour les nahdhaouis, surtout qu'il ne s'agit que d'un autre gouvernement de transition, qui ne va durer qu'une année, voire un peu plus et qu'Ennahdha essaie, donc, comme tous les autres partis de gérer ses acquis populaires, en attendant les prochaines élections. C'est la raison pour laquelle, les islamistes refusent la souplesse mais la limitent à essayer d'associer les autres partis dans ce gouvernement provisoire, pour ne pas subir, seuls, les revers d'un éventuel échec dans l'accomplissement des objectifs de la révolution du 14 janvier.
Une telle lecture n'est certes pas partagée par plusieurs députés dont Nadia Chaâbane, qui pense plutôt que ‘ la première journée de débats au Bardo a eu le mérite de montrer clairement qu'une opposition positive peut peser de tout son poids sur la coalition majoritaire et l'amener à reconsidérer ses positions et prendre en considération les revendications des autres familles politiques'. Nadia Chaâbane a conclu qu'il s'agit d'une ‘première démonstration', et que ce n'est que ‘l'apprentissage de la démocratie'.
Par ailleurs, ce ne sont pas uniquement ces prises de position au sein de la Constituante qui traduisent les réactions mitigées du Mouvement Ennahdha. Il y a aussi les diverses propositions qui ont été faites à plusieurs personnalités nationales indépendantes pour occuper des portefeuilles ministériels. Il suffit de mentionner qu'on a proposé à Kamel Jendoubi le portefeuille des Droits de l'Homme, ensuite celui de l'ambassade de Tunisie en France. Quant à Ghazi Gherairi, il s'est excusé pour celui de l'Education nationale, etc.
Ces propositions montrent bien que le mouvement Ennahdha veut associer des personnalités, en dehors de la Troïka, pour élargir le groupe des gouvernants aux indépendants et à d'autres partis.
Il est donc clair qu'Ennahdha veut éviter des accrochages inutiles et préfère faire des concessions sur des problématiques qui ne présentent pas des enjeux immédiats comme le Code de Statut Personnel, ou le vote de sanction contre le gouvernement.
Il est évident, aussi, qu'Ennahdha, a déjà placé la barre très haut dans le contenu du projet sur l'organisation provisoire des pouvoirs publics et qu'il pouvait se permettre des pseudo-concessions sur certains volets pour, finalement, garder l'essentiel de ses prérogatives. Mounir Ben Mahmoud


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