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Tunisie Insécurité réelle ou psychose créée ?
Publié dans Business News le 02 - 02 - 2012

L'actualité est dominée, depuis plusieurs mois par des agressions, des groupes armés, des libérations d'anciens criminels parmi les neuf mille graciés par le président provisoire de la République, des braquages, des agressions et des actes de terrorisme. Les forces de la police et de l'armée affrontent un groupe armé dans le gouvernorat de Sfax pour garantir la sécurité du pays. Les terroristes sont maîtrisés et leurs identités dévoilées.
Les forces de police manifestent à la Kasbah revendiquant leur droit à la protection et à la sécurité et font face à des contre-sit-inneurs qui voient dans ces manifestations une atteinte au travail du gouvernement. La sécurité fait débat aujourd'hui et de réelles questions se posent.
La localité de Toleb, délégation de Bir Ali Ben Khelifa (gouvernorat de Sfax) se réveille en ce mercredi 1er février 2012, sur les bruits des détonations. Trois individus armés et des agents de la sécurité nationale échangent des tirs.
Les forces de police et de l'armée prennent en chasse un véhicule transportant trois individus suspects et d'apparence armés. De grandes quantités d'armes et de munitions sont découvertes, par la suite, dans une voiture qui transportait ce groupe d'individus « dangereux » et « potentiellement armés ».
Une situation qui ne tarde pas à être maitrisée par les unités sécuritaires de la Garde nationale et celles de l'armée. Mais à peine le mot « armes » a-t-il été prononcé, que la presse et autres internautes ont brandi le mot « barbus », un terme généralement utilisé pour désigner des islamistes ou, dans ce cas-là, des « salafistes jihadistes ».
La crainte des islamistes, concept prodigué à la fois par Ben Ali et Bourguiba, semble devenir toute une mode. Une pratique où mettre tout sur le dos des « salafistes », « barbus » et même « jihadistes » semble être en tristement en vogue.
Mais le ministre de l'Intérieur, dans une allocution faite mercredi dans la soirée, déclare que « l'identité des individus n'a pas encore été précisée ».
La confusion entre terroristes, jihadistes et islamistes n'a cessé d'entretenir le chaos, et l'amalgame est vite fait en agitant l'éternel et inévitable spectre du danger islamiste.
Grâce à des fouilles sur le véhicule saisi, les agents de la sûreté font la découverte de documents qui les mettent sur la piste de nombreux individus de différentes villes tunisiennes, et un réseau d'une dizaine, voire une vingtaine, de personnes est présumé être à l'origine des « affrontements », selon les déclarations du porte-parole du président provisoire de la République.
Aujourd'hui, l'identité de ces trois individus, dont deux ont été tués par les forces de l'ordre, est déclarée, mais aucune information complémentaire n'a été donnée sur leur appartenance à un quelconque réseau ou à une éventuelle tendance.
Les autorités compétentes sont toutes unanimes : il n'y a rien à craindre et les citoyens ne doivent pas céder à la panique. Hamadi Jebali lance un message de Bruxelles pour dire que les événements « ne sont pas de grande gravité ».
Certains seraient tentés de croire que les médias exagèrent un fait divers d'apparence plutôt banale pour plonger le pays dans la psychose et discréditer le travail, déjà assez critiquable, du gouvernement. L'hypothèse évoquant une tentative de fragilisation du système d'un point de vue sécuritaire est même plutôt plausible.
Aujourd'hui 2 février 2012, devant le siège du gouvernement à la Kasbah, protestataires et contre-protestataires se sont rassemblés par centaines dans la matinée. Les manifestants parmi les agents de sécurité réclamaient l'amélioration de leurs conditions de travail et davantage de protection dans l'exercice de leurs fonctions.
A cette marche pacifiste, se sont joints des contre-protestataires, rassemblés en même temps à la Kasbah, pour un contre sit-in scandant des slogans tels que « dégage », « dehors la police politique », etc.
Or, aux dernières nouvelles, le procureur de la République du Tribunal de première instance de Tunis a décidé de traduire les organisateurs et tous ceux qui se trouvent à l'origine de ce sit-in devant le juge d'instruction pour motifs d'entrave à la liberté du travail et à la liberté de déplacement, selon les dispositions des article 136 et 141 du Code pénal.
Une décision inédite et qui, entamée en premier contre les forces de sécurité, risque de mettre de l'huile sur le feu et d'engager un bras de fer dont le pays aurait pu s'en passer en cette étape difficile.
Ces événements semblent être une occasion propice pour réfléchir sur notre sécurité que les actes de « terrorisme » menacent et que la force de frappe policière a pour mission de garantir. La sécurité en tant que priorité peut être une porte ouverte à toutes sortes de bavures policières qui constitueraient, alors, une atteinte à la dignité des individus, des droits de l'Homme…
Mais si la sécurité ne peut garantir à elle seule liberté et justice, force est de reconnaître que son absence contribuerait à l'empêcher.
Loin de confondre l'ordre des valeurs avec celles des priorités, les deux concepts de sécurité et de liberté restent indissociables afin de ne pas tomber dans une dictature des plus musclées ou dans le chaos le plus total.
Ces considérations ne statuent pas sur ce que doit faire la police contre les terroristes, mais cela aide peut-être à y réfléchir et à en débattre, de façon plus lucide et plus responsable. Les citoyens tunisiens semblent aujourd'hui déchirés entre leurs libertés indispensables, fraîchement acquises, et un besoin vital de sécurité.
Mais le climat d'insécurité qui règne aujourd'hui est-il réel ou s'agit-il simplement d'une psychose qui, à force d'événements amplifiés et remis au goût du jour, tente de déstabiliser le pays…


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