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Tunisie - Abdeljelil Bedoui : Ennahdha n'a ni programme, ni doctrine économique
Publié dans Business News le 17 - 05 - 2012

Dans une interview fleuve, accordée à Nouri Nesrouche du journal algérien Al Watan, et titrée «L'économie tunisienne fonctionnait grâce aux groupes mafieux», l'économiste et homme politique, Abdeljalil Bedoui, dresse un constat sans équivoque sur la situation en Tunisie, le volet économique particulièrement.
Tant par la forme que sur le fonds, c'est unautre son de cloche qu'on n'a pas l'habitude d'entendre dernièrement. Une pensée à la fois réaliste et tranchante : M. Bedoui n'est pas avare en mots et en analyse. De prime abord il lance que le parti Ennahdha «n'a pas de doctrine économique»et d'expliquer que le parti islamiste comptait, économiquement, sur deux jokers.
Ennahda, explique-t-il, après avoir gagné les élections, «n'avait pas de solutions internes aux problèmes du pays, et comptait sur deux solutions externes». Ainsi, elle espérait compter «sur le Qatar pour financer les projets et aussi sur le marché de travail libyen».
Malheureusement pour le pays, «les deux solutions n'ont pas fonctionné», constate-t-il.La Libye, « n'est pas encore stable » et le Qatar «s'est montré peu généreux». L'absence de doctrine économique explique, justement, pourquoi «Ennahdha, avec ses amis de la troïka, se débat dans des problèmes insolubles en l'absence d'un programme clair et de moyens».
Un constat qu'on pourrait facilement imputer à des références idéologiques ou à des courants de pensée bien précis. Toutefois, M. Bedoui avance un argumentaire qui soutient sa vision. Il souligne que tout le monde possède un programme et qu'il suffit de fixer des objectifs. Or, ce genre de rafistolage, «ne s'appelle pas avoir un programme cohérent avec des orientations qui rompent avec les choix qui ont abouti à cette révolution. Parce qu'en fait, la révolution c'est l'expression de l'échec d'un modèle de développement économique. Ce qu'il faut, c'est avoir une alternative à ce modèle. Or Ennahdhan'a pas d'alternative. Dans son programme, ce parti, adhère aux choix fondamentaux en cours actuellement, c'est ça son malheur».
M. Bedoui relativise en expliquant qu'économiquement, des choix ont été «imposés par les institutions internationales dans le cadre d'un programme d'ajustement structurel adopté depuis 1986».
Ainsi, il considère la situation économique comme suit : la combinaison entre le PSA qu'il qualifie comme un «programme bénéficiant à une oligarchie financière internationale qui met de l'argent et investit dans le pays» et des «acteurs économiques nationaux, plutôt frileux» a fait que c'est «un programme libéral mis en œuvre par un pouvoir dictatorial, c'est un libéralisme sans liberté pratiquement qui s'est basé sur des groupes mafieux».
Le constat dressé, M. Bedoui, estime que, désormais,«n'importe quel gouvernement, s'il veut être fidèle à l'esprit de la révolution et sortir le pays de cette impasse, doit immanquablement revoir sa copie et repenser le modèle».
Sur ce point, les espoirs placés en la Loi de finance complémentaire se sont révélés vains. Pour M. Bedoui,«c'est une loi de finance qui ne répond pas aux attentes, qui ne va pas jusqu'au bout des possibilités et se base sur des ressources incertaines provenant de choses qui risquent de prendre du temps et donner lieu à des dérapages et à des malversations».
Trois principaux arguments consolident sa vision: d'abord, cette LFC «s'inscrit dans une logique de continuité alors que la révolution exprimait l'échec de l'ancien modèle de développement qui nécessitait des rectifications graduelles».
Ensuite, c'est une LFC qui manque de cran, «on aurait pu aller un peu plus loin parce que la situation est exceptionnelle, et il aurait fallu envisager des solutions exceptionnelles évidement sans déraper, sans aller au-delà de ce que le pays peut supporter».
Troisièmement, «toutes les ressources prévues et programmées pour faire face aux dépenses envisagées, ne sont pas définitivement acquises». Il pointe du doigt, notamment les «solutions de vente des bien sous séquestres de l'ancienne famille régnante et censésrapporter 1,2 milliard de dinars».
À cet effet, il alerte sur le risque «d'avoir des surprises désagréables» à moins d'accepter de brader les biens séquestrés et de faire les choses dans la précipitation, or ça peut ne pas ramener le montant escompté.
Quant aux 450 millions de dinars supposés être générés par le «produit de la conciliation avec les hommes d'affaires qui sont accusés de corruption», il estime que ces sources manquant de clarté et «pas définitivement acquises».
M. Bedoui estime qu'avec la LFC on a poussé le déficit jusqu'à 6,6% du PIB, alors qu'on aurait «pu aller plus loin, mais la loi de finance est restée prisonnière de la logique libérale, de la nécessité imposée par les institutions internationales pour respecter les équilibres et ne pas dépasser certains seuils». Et d'estimer, à cet effet, que la mobilisation de ressources supplémentaires est en déca des possibilités et que le taux d'investissement aurait pu atteindre les 24 ou 25 % au lieu des 22,4% prévus.
Pour lui, «l'Etat n'a pas été suffisamment ferme pour aller au-delà de ce qui est toléré par les institutions internationales en termes de déficit et ainsi de suite».
Cette responsabilité de l'Etat apparaît quand il évoque l'investissement?Là, aussi, M. Bedoui fait assumer au gouvernement la responsabilité de la quasi-stagnation des investisseurs. «Ce n'est pas un problème de coût, c'est un problème d'absence de stabilité politique et sociale, ce qui fait que les investisseurs hésitent à s'engager, qu'ils soient étrangers ou locaux», ajoute-t-il.
L'économisteprécise, encore, que le coût d'investissement est l'arbre qui cache la forêtpuisqu'il faudrait plutôt résoudre le problème «de paix sociale, de sérieux dans la gouvernance et de visibilité dans l'avenir du pays» et d'aller plus loin en affirmant que «même si on fait un taux d'intérêt zéro ou négatif, en plus il est même négatif réellement actuellement, ça ne fera pas pour autant redémarrer l'investissement».


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