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Tunisie Régime politique, mode de scrutin et « vouloir » d'Ennahdha
Publié dans Business News le 05 - 07 - 2012

Depuis les élections du 23 octobre 2011, on a parlé et reparlé de tout. De la future Constitution et de son Premier article, de la loi portant organisation provisoire des pouvoirs publics, de la justice transitionnelle, des martyrs et des blessés de la révolution, des problèmes sécuritaires, sociaux et économiques, mais personne, jusque-là n'a évoqué deux parmi les questions cruciales engageant l'avenir de la Tunisie dans globalité, à savoir le futur système politique et le mode de scrutin à adopter
En effet, c'est une fois ces deux questions mises au point et déterminées que les différentes forces politiques et le peuple tunisien pourront être fixés sur leur avenir politique, sur les chances d'alternatives et sur les garanties – ou non – permettant d'éviter l'hégémonie d'un parti quelconque sur le pouvoir.
Or, il a fallu attendre près de neuf mois pour qu'on nous annonce un fait accompli des plus graves : celui du vote par la commission chargée des rapports entre les pouvoirs exécutif et législatif au sein de l'Assemblée nationale constituante (ANC), du projet concernant le régime politique à venir, sachant que rien n'a été soufflé pour indiquer que cette commission tenait des réunions et examinait ledit projet.
On a l'impression que tout a été fait en catimini et, comme à l'accoutumée, le pouvoir, par bloc d'Ennahdha interposé, balance des bribes d'informations qui prêtent à équivoque et entretiennent le flou. Comme s'il s'agissait d'un ballon d'essai pour tester l'opinion publique, sachant qu'à chaque fois, ledit ballon d'essai place la barre suffisamment haut pour avoir, par la suite, la latitude de consentir un soupçon de concessions faisant croire que le parti islamiste prône et opte pour le consensus.
Une pratique pernicieuse, voire machiavélique, pour se donner une image démocratique et consensuelle, alors que ce n'est nullement vrai dans le sens où, en fin de compte, Ennahdha fait passer son projet en totalité où à plus de 90 %, et ce grâce au mécanisme de vote auquel recourt le parti au pouvoir pour faire passer les textes qu'il veut.
Il est certes, évident que le vote est une forme de démocratie, mais quand on est sûr d'avoir le voté à ses côtés, cela revient à imposer sa volonté à la minorité, d'autant plus que la Tunisie passe par une période transitoire et constitutionnelle, d'où la nécessité de regarder l'intérêt du pays et celui de l'ensemble du peuple tunisien et, non pas le vouloir d'une majorité toute relative qui se comporte comme si elle était dans une situation définitive.
D'autre part, cette annonce de vote en faveur du système parlement est intervenue dans une phase délicate de l'histoire de la Tunisie, une période où toute l'opinion était occupée et préoccupée par la crise institutionnelle entre les deux présidences de l'exécutif.
Sans aller jusqu'à invoquer la fameuse théorie de complot et supposer une opération de diversion pour faire passer ce projet vital pour le pays, il est clair qu'aucune campagne médiatique, digne de ce nom, n'a été consacré à l'événement.
D'ailleurs, ceci s'est passé d'une manière tellement discrète que très peu de réactions officielles ont été enregistrées jusqu'à présent. Et Noômane Fehri, élu du groupe démocratique, a été un des rares à s'exprimer pour dénoncer le fait que le vote ne s'est pas effectué en présence de l'ensemble des membres de la commission dont, notamment, son président. Il a, même, accusé Ennahdha de vouloir faire le forcing pour imposer le régime parlementaire, sans aucun esprit de consensus.
En effet, le parti islamiste au pouvoir, s'est toujours, déclaré en faveur d'un régime parlementaire pur et dur pour la simple raison qu'il croit dur comme fer, dans le paysage politique prévalant dans le pays, pouvoir remporter les élections législatives à une majorité confortable, ce qui lui permettrait d'avoir les coudées franches dans la gestions des affaires de l'Etat.
D'autre part, nous assistons, actuellement avec la Troïka, outrageusement dominée par Ennahdha, à un aperçu de ce que sera la vie politique en Tunisie en cas d'adoption d'un régime parlementaire qui, de l'avis des analystes, ne serait pas le mieux indiqué pour la Tunisie qui entame, à peine, son expérience démocratique.
Bien évidemment, il ne faut pas, non plus, retomber dans les travers d'un régime présidentiel comme on l'a vécu pendant 55 ans avec toutes les dérives possibles d'un pouvoir personnifié et dictatorial. Il faudrait éviter les extrêmes et penser, plutôt à un équilibre qui empêcherait toute concentration excessive des pouvoirs chez l'un des deux pôles.
Et comme tout est lié, le mode de scrutin aura un poids déterminant dans la configuration du paysage politique à venir. Imaginons, un seul instant un mode prônant la prise de tous les sièges d'une circonscription donné par les membres de la liste victorieuse ! Cela pourrait un raz-de-marée d'une seule formation politique.
En tout état de cause et avec un minimum de raisonnement logique, Ennahdha n'aurait jamais fait un pareil forcing pour faire voter le régime politique parlementaire s'il n'était sûr de remporter les législatives. D'où la curiosité de voir la loi électorale qui va être proposée et adoptée. Ce sera d'une importance tellement capitale que toutes les composantes politiques et même de la société civile devront être impliquées et mobilisées pour débattre de ce point en vue d'aboutir à un vrai consensus empêchant une éventuelle mainmise d'une seule formation sur la vie politique dans le pays.
A moins que l'avènement du nouveau parti de Nidaa Tounès ne contribue à contrecarrer les visées de razzia d'Ennahdha. Et tout porte à croire que la donne a changé. Sinon comment expliquer la panique des Nahdhaouis dont des membres, même faisant partie du gouvernement, n'ont pas hésité à taper dessus ce parti et à dénigrer, en usant de moyens et de propos immoraux, son chef, Béji Caïd Essebsi.
Il est clair que, maintenant, la sonnette d'alarme est tirée et que les différents protagonistes politiques sont avertis des éventuels scénarios que veut leur imposer le parti dominant au pouvoir en usant de procédés, souvent, peu orthodoxes.


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