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Tunisie - Les médias dans la tourmente : Entre réforme nécessaire et menaces liberticides
Publié dans Business News le 19 - 09 - 2012

Nominations arbitraires, manifestations, corruption, liste noire, professionnalisme, liberté d'expression, service public, nécessité d'information mais également contre-pouvoir… la question des médias englobe à elle seule l'ensemble des problématiques que connaît aujourd'hui la Tunisie. La transition « démocratique » ne peut passer sans une réforme nécessaire des médias. Au cœur de la tourmente, au moment où la liberté d'expression et des médias est remise en cause, où les menaces, violences ou procès contre les journalistes se multiplient, le Programme international pour le développement de la communication, sous l'égide de l'Unesco, rend son rapport et émet ses recommandations sur la possibilité de développer les médias en Tunisie.

« La Tunisie traverse une période de transformation, de même que les médias. Sans médias, sans possibilité de s'exprimer, on ne peut pas imaginer un débat démocratique. Mais les médias doivent aussi faire leur travail sur le plan du professionnalisme », affirme Janis Karklins, sous-directeur général de l'Unesco, pour la communication et l'information.
Ainsi, dans le cadre d'une collaboration entre l'Unesco et la Tunisie, afin d'appuyer la transformation de l'espace médiatique, l'Unesco, avec l'aide de nombreux professionnels du domaine, a publié une évaluation exhaustive du secteur des médias et les moyens de remédier à ses lacunes. L'Unesco se base, pour ce faire, sur les indicateurs de développement des médias (IDM), approuvé en mars 2008, par la 26ème session du Conseil intergouvernemental du Programme international pour le développement de la communication.

Le rapport a mis l'accent sur la nécessité de constitutionnaliser les principes de la liberté d'expression, conformément aux normes internationales. Il recommande que les limites à cette liberté, doivent être clairement énoncées par la loi. L'ébauche de la Constitution et particulièrement l'article II-16 énonçant que la liberté de conscience et l'exercice des cultes est garantie et que les atteintes au sacré sont criminalisées, est dénoncé par l'Unesco comme « non conforme au droit international », en vertu de l'article 20 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Cet article précise, en effet, qu'il est interdit d'appeler délibérément à la haine ou d'inciter à la violence ou à la discrimination, mais que, dans le même temps, « la critique de la religion ou des croyances est protégée tant qu'elle ne constitue pas une incitation ». Ce point épineux de la liberté d'expression est aujourd'hui sujet à un débat houleux suite aux récents événements en Tunisie.

L'Unesco insiste également sur la nécessité de mettre en place des organes de régulation des médias totalement indépendants du pouvoir. Il regrette que les décrets 115 et 116 ne soient pas appliqués alors qu'ils ont été promulgués, tout en demandant à ce que les peines privatives de liberté contenues dans le décret-loi 2011-115 soient supprimées.
D'autre part, le sous-directeur chargé de la communication a précisé qu'il était important que les accords internationaux soient définis, dans la nouvelle Constitution, comme ayant une suprématie sur la législation nationale ordinaire, contrairement à ce que prévoit la version provisoire, et ce afin d'éviter des ajustements concernant la ratification de ces accords et traités. Concernant la diffamation ou tout type de limites à la liberté d'expression, l'Unesco met en garde contre la criminalisation de la parole. « Personne ne peut être tenu pour responsable criminellement sur sa parole, a affirmé M. Karklins, la parole est de l'ordre du civil et non du pénal ».

Par ailleurs, la réglementation des médias doit passer par une transparence totale, que ce soit pour les médias publics ou privés. Pour les médias publics, la commission de l'Unesco a dit regretter les récentes nominations ressenties comme arbitraires. Il est nécessaire, selon cette commission, d'établir une parfaite transparence dans ces nominations, avec de vraies consultation et des critères objectifs, afin d'éviter les polémiques et les controverses sur le sujet et assurer l'indépendance éditoriale des médias, loin des considérations partisanes. Concernant les médias privés, « la meilleure façon d'assurer le pluralisme d'expression est de faire savoir qui est derrière chaque média, qui en est le propriétaire ». Notons que la polémique concernant la chaine télévisée Zitouna Tv a été enclenchée, justement, en raison du manque de transparence et de la difficulté, en Tunisie, de connaître les propriétaires et les gérants des entreprises médiatiques.

Plusieurs volets, concernant les médias, ont été épluchés par cette étude, notamment la publicité publique, dans la presse écrite, dont la distribution doit faire l'objet de critères de sélection objectifs et sans rapport avec la ligne éditoriale du média ou son allégeance ou pas, au pouvoir en place. L'Unesco pointe également du doigt la situation de quasi-monopole dans la distribution des journaux papiers, particulièrement dans le Grand-Tunis, et qui a perduré après la révolution. Ces deux volets, ceux de l'aide étatique et de la distribution, doivent être réformés, selon le rapport, afin de permettre aux nouveaux journaux de survivre dans un environnement qui leur est hostile. A ce sujet, le directeur d'Al Oula s'était fait remarquer il y a quelques mois, en entamant une grève de la faim « sauvage ». Malgré les promesses du gouvernement, de se pencher sur le problème, rien de concret n'a été entrepris jusqu'à présent.
Les problèmes concernant les formations professionnelles et continues, ainsi que le statut et la sécurité du journaliste ont également été soulevés par l'Organisation. Il a été convenu d'appeler au renforcement des enseignements et formations proposées et à garantir l'indépendance des Instituts qui les dispensent.

Ainsi, pour que le débat démocratique puisse avoir lieu et se poursuivre en Tunisie, de nombreuses réformes sont nécessaires, les plus essentielles et celles sur lesquelles l'accent a été mis, sont celles concernant les droits humains fondamentaux, parmi lesquels les libertés d'expression et de conscience, principes qui devront nécessairement être inscrits dans la Constitution et appliqués dans les faits afin de poursuivre le processus démocratique enclenché.


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