CAN 2021 : nouvel horaire pour ce quart de finale !!    Tunisie : Land Cruiser séries 70 disponible à la commande chez BSB Toyota    BCT : Les crédits douteux des particuliers augmentent    Ligue 1 Pro : un nouveau bureau directeur nommé dans ce grand club    Grosses pressions sur les banquiers pour financer le budget    L'étrange "évasion" d'Abdelkoddous Saâdaoui, qui en plus nargue sa patrie    Covid-19: Méfions-nous de l'optimisme    Kaïs Saïed reçoit Najla Bouden    Selon 57,8% des familles tunisiennes, l'avenir de leurs enfants serait meilleur hors du pays    Elloumi: Le gouvernement de Bouden est le pire gouvernement depuis l'époque coloniale( Audio)    César 2022 : l'acteur Sami Oitalbali nominé pour le César du meilleur espoir masculin    Côte d'Ivoire vs Egypte : Sur quelle chaîne regarder le match en direct et live streaming ?    Match Côte d'Ivoire vs Egypte : Les chaines qui diffusent le match Choc de la CAN 2022 du 26 janvier    Land'Or obtient un nouveau prêt d'environ 4 millions $    Les salariés de Cactus prod menacent d'escalade    La vraie chambre noire, c'est le palais de Carthage !    Les salariés de Cactus prod menacent d'une grève de la faim    EN : un joueur testé négatif, deux autres encore positifs !!    salon des créateurs MOOD TALENT: 6e anniversaire du 4 au 6 février 2022 à l'hôtel Dar El Marsa    Indice de perception de la corruption : la Tunisie classée au 70ème rang mondial    Corruption : La Tunisie au 70e rang mondial    Tunisie Telecom en chiffres    Kasserine: Mandat de dépôt contre un ancien gouverneur, pour corruption    Moody's évoque la Tunisie    Le chanteur Florent Pagny annule sa tournée à cause d'un cancer, sera-t-il présent à The Voice?    Prix au marché central de Tunis [Vidéo]    L'UGTT veut décréter le 26 janvier une journée nationale    Google Doodle rend hommage à l'actrice Egyptienne Souad Hosni, la Cendrillon du monde arabe    Tunisie : Grève générale à...    Tunisie – Coronavirus: 17 décès et plus de 9000 contaminations selon le dernier bilan    AS Soliman : l'Algérien Frifer Boumedyen engagé pour deux ans et demi    Entreprises publiques en difficulté | Crises en cascade    Kef: 117 nouvelles contaminations par le Covid-19    REMERCIEMENTS ET FARK : Mongi BEN AMOR    Groupe Chimique Tunisien à Mdhilla 2: Levée d'une grève entamée depuis 2 ans    Echo Afrique    CAN 2021 | Huitièmes de finale – Suite et fin – Côte d'Ivoire-Egypte : La guerre des étoiles    CAN 2021 | Une qualification significative : ls ont changé leur destin…    Exposition au musée de l'Institut du Monde Arabe : Slimen Elkamel à cœur ouvert    Dilou : Saied est en train de démanteler l'Etat Tunisien    Tunisie : Départ des vols depuis l'aéroport d'Istanbul via une seule piste    Le film documentaire "Angle mort" de Lotfi Achour primé au Fipadoc à Biarritz    Kaïs Saïed souhaiterait appliquer un modèle proche du Velayet-e faqih iranien, selon Hatem Mliki    Centenaire du cinéma tunisien : Zoom sur un pionnier nommé Albert Samama Chikly    Gordon Gray commente la démission de Nadia Akacha et parle des causes probables de cette décision    Ukraine : les USA évacuent livrant le pays à Poutine, l'UE spectatrice    Rabat pourrait-il "voler" à Alger l'organisation du sommet de la Ligue arabe?    Un astéroïde "potentiellement dangereux " passera prés de la terre mardi soir    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



«Le silence tue la démocratie»
Au fil de l'actualité
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 05 - 2012


Par Néjib OUERGHI
L'état de la liberté de la presse a dominé le débat public au cours de la semaine qui vient de s'écouler. Au moins trois événements ont abordé cette question qui continue à diviser et qui reste d'actualité. En dépit de toutes les évolutions enregistrées en matière de consécration des libertés publiques, seize mois après la révolution du 14 janvier 2011, on est toujours dans l'expectative, le doute et l'inquiétude. Les journalistes, objet de vexation, d'intimidation et même d'agressions verbales et physiques dans l'exercice de leur métier, sont déboussolés.
Procès intentés contre les médias, emprisonnement du directeur d'un quotidien, réticence dans l'activation des décrets 115 et 116 et, cerise sur le gâteau, une campagne en règle contre les médias publics appuyée par des appels, suspects, à leur privatisation.
Dans ce climat délétère, la Journée mondiale de la liberté de la presse, qui devait marquer dans notre pays la parole libérée, a été plutôt une journée de questionnements et d'incertitudes.
Ce sentiment d'inquiétude a été perceptible lors de la présentation, lundi, du rapport de l'Instance nationale pour la réforme de l'information et de la communication (Inric) qui a brossé un tableau peu rassurant sur l'état de la liberté d'expression et sur les obstacles qui se dressent toujours devant la consécration de ce principe fondamental. Un rapport qui montre l'ampleur de l'effort qui reste à accomplir pour renforcer les fondements d'une presse nationale professionnelle, libre et indépendante. Dans cette période cruciale de transition de notre pays vers la démocratie, la liberté d'expression sous-tend assurément toutes les autres libertés et «la liberté des médias n'a-t-elle pas le pouvoir de transformer les sociétés?». Accepter cette évidence revient à donner une réelle chance à des médias libres et pluralistes à consacrer la culture de la démocratie et à assumer pleinement leur mission d'approfondir le débat public sur toutes les questions d'intérêt.
Le doute et l'appréhension ont été, également, dominants lors de la présentation, le 3 mai, du rapport annuel du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt). Atermoiement à mettre en œuvre les réformes nécessaires, multiplication des atteintes contre les journalistes et absence d'instances de régulation sont autant d'entraves qui persistent, rendant chaque jour caduque la parole libérée. Une parole de plus en plus menacée par la montée de l'extrémisme et l'intolérance et par une gestion quelque peu cacophonique de ce dossier. La polémique qui a trop duré sur le statut des médias publics qui, pour la première fois depuis l'indépendance du pays, ont choisi le camp du professionnalisme et de l'indépendance, renseigne fort sur les liaisons encore tendues entre les médias et le pouvoir. A défaut de les mettre à son service, ces médias sont mis à l'index. Le refus d'obtempérer a été perçu comme un défi et non une manifestation d'indépendance qui les anime dans le dessein de réussir leur mue d'une presse sous contrôle à une presse libre.
Même si la vérité n'est pas toujours bonne à dire, il importe, dans cette phase d'apprentissage de la liberté que traversent nos médias, de donner un préjugé favorable à cette presse, non de la condamner d'avance et de chercher à la réduire au silence. «Le silence tue la démocratie, mais une presse libre prend la parole», ce slogan d'une grande signification lancée pour l'occasion par WAN-IFRA (Association mondiale des éditeurs de journaux), en dit long sur l'impérieuse nécessité de laisser la presse assumer son rôle et la mission qui lui est dévolue pour transformer la société en cette période de grands changements.
Enfin, le 3 mai, le signal nous est venu de l'Unesco qui, en choisissant la Tunisie pour attribuer le prix mondial de la liberté de la presse Unesco/ Guillermo Cano au journaliste azerbaïdjanais Eynulla Fatullayev, nous montre que seule la voie de la liberté compte. Elle est la seule à même de permettre aux médias d'agir et d'offrir une vraie alternative.
Ce rôle ne peut être rempli qu'en rendant effectives l'amélioration de la sécurité des journalistes, la dépénalisation de la diffamation, la mise en place de normes professionnelles et éthiques et en garantissant l'accès aux sources d'information.
C'est, incontestablement, sur ce registre qu'il faut orienter le débat et l'action afin qu'une presse nationale libre et indépendante parvienne à gagner en crédibilité, en professionnalisme, en audience et en influence. C'est le pays qui en tirera profit, car les médias libres sont un des fondements essentiels de l'exercice de la liberté et de l'ancrage de la culture démocratique.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.