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Rachid Ammar : que cachent ses désobéissances protocolaires ?
Publié dans Business News le 26 - 06 - 2013

Le général Rachid Ammar s'en va. L'annonce de son départ de la tête de l'Armée nationale, faite par lui-même en direct lors de l'émission 9 heures du Soir sur Ettounissiya, l'émission la plus regardée dans le pays, a fait l'effet d'une bombe.
Les politiciens et les médias essaient d'analyser ce coup de théâtre, ses tenants et ses aboutissants, ses causes et ses éventuelles répercussions sur la situation de la Tunisie en ces moments transitoires et difficiles de la vie nationale. On s'en donne à cœur joie et chacun y va de ses hypothèses.
Une première lecture, avec un recul relatif, fait ressortir certains constats concrets et assez significatifs.

Tout d'abord, il est important de relever le choix du chef d'état major des trois armées de faire son annonce en direct sur un plateau télévisé. Ceci laisse entendre, clairement, qu'il a cherché à en faire un coup médiatique sortant de l'ordinaire dans le sens où cette annonce aurait pu l'être à travers un communiqué officiel de la présidence de la République ou du ministère de la Défense nationale.
Autre constat touchant à la forme. Le général a, souvent, lors de cette rencontre, dépassé les réserves dues à son rang de chef militaire. Contrairement aux autres militaires qui se relayaient aux diverses chaînes télévisées et qui invoquaient les restrictions imposées par les secrets militaires, le général Ammar a abondé en détails, chiffres et cartes à l'appui, sur les opérations effectuées à Jebel Chaâmbi, sur les incidents de Rouhia, de Bir Ali Ben Khelifa et de Soliman.
Or, si sur le plan de la forme, cette option a eu son effet, au niveau du fond, les résultats sont mitigés dans la mesure où il a fait soulever, plutôt, de nombreux points d'interrogation et fait naître des sentiments d'inquiétude et d'incertitude tout en faisant assumer, en termes à peine voilés, la responsabilité aux gouvernants et aux politiciens.
Le chef d'état major a, certes, parlé de la situation au Mont Chaâmbi et de la situation sécuritaire, mais il a aussi et surtout traité de la Tunisie d'avant le 14 janvier 2011 jusqu'à nos jours. On avait l'impression que c'est lui qui tenait à fournir des scoops sur ce qui s'est passé lors de ces journées fatidiques tout en faisant l'impasse sur certains points cruciaux.
D'un côté, il abonde en détails sur l'avant et l'après 14 janvier 2011, mais ne nous livre rien sur cette fameuse et historique journée du 14. Peut-on croire le général quand il jure ses grands dieux qu'il ne savait rien de ce qui se tramait au Palais de Carthage et du départ de l'ancien président Ben Ali à partir de l'aéroport d'El Aouina.
Alors que tout le monde se faisait une autre idée de l'homme fort des moments fatidiques de la révolution tunisienne, le général Rachid Ammar, nous en offre une autre tout à fait différente puisqu'il se présente comme quelqu'un qui n'a pris aucune initiative. « J'exécutais les ordres et je me suis retrouvé dans la salle des opérations du ministère de l'Intérieur, en cette après-midi du 14 janvier parce que mon ministre m'avait ordonné de le faire », a-t-il mentionné en substance.
Il a fait, bien entendu, des révélations relatives sur les péripéties ayant entouré la révolution tunisienne, les moments forts des divers gouvernements transitoires dont notamment sa sortie à La Kasbah, le 24 janvier 2011, sa présence aux côtés du président Mebazzaâ lors de la nomination de Béji Caïd Essebsi à la tête du gouvernement, sa présence au Conseil des sages après l'assassinat de Chokri Belaïd, un événement qu'il assimile à un arrêt de mort et un certificat de décès du gouvernement de Hamadi Jebali.
Il a évoqué son refus d'accepter la présidence de la République un certain 15 janvier 2011, il a parlé de sa proposition à Hamadi Jebali de former un gouvernement de technocrates, mais a affirmé, aussi, qu'il reste un « soldat » loin de la politique, un soldat neutre au service de la patrie et de sa défense.

Le général Ammar a, finalement, laissé des traces dans les esprits des Tunisiens. Des traces différentes selon où l'on se place. Certains y ont vu la vraie image du chef militaire et de l'institution militaires en Tunisie, à savoir, neutre, intègre, technicien, loyal et patriote.
D'autres pensaient avoir devant eux, un homme fort, d'une grande personnalité et au charisme profond qui lui permettrait de prendre des décisions capitales, voire de diriger carrément, un pays. Mais de tout cela, on n'a rien vu et entendu. Ce fut une désillusion totale…

On a vu, finalement, un chef militaire sans grande personnalité, sans charisme, un chef militaire qui a recours, souvent, aux dictons, aux adages, aux métaphores et aux mots pieux, tout en s'en remettant aux hommes pieux et aux marabouts pour protéger la Tunisie et ses habitants.
Pis encore. Au moment où l'on s'attendait à un chef militaire au caractère fort face à ses détracteurs dont notamment Mohamed Abbou qui avait appelé à son départ et à son remplacement. « Que Dieu le ramène sur le bon chemin », s'est-il contenté de dire.
Aux propos de Rached Ghannouchi sur le fait que l'armée n'est pas garantie, il n'a pas dépassé la formulation d'un commentaire avec humour. Mais il a laissé entendre qu'il n'accepte pas et ne digère pas les propos de l'ex-conseiller de Marzouki, Ayoub Messaoudi, concernant la remise de Baghdadi Mahmoudi à la Libye, en l'accusant de « haute trahison ».
Mais en tout état de cause, dans les trois cas de figure, le général s'est montré trop passif, jouant, à la limite, à la victime. De là à dire que les Rached Ghannouchi et Mohamed Abbou doivent jubiler après le départ du général, il n'y a qu'un pas que certains observateurs ont vite fait de franchir.
Un fait est là : le chef d'état major voulait faire une sortie théâtrale par la grande porte. Mais on est en droit de se poser la question s'il l'a vraiment réussie ? Enfreignant les règles, les protocoles et les réserves d'usage dus à son range, le général Rachid Ammar semble avoir pâti de son manque du sens de la communication et de son inexpérience politique.
A moins qu'il ne voulait, effectivement, tirer sa révérence et rentrer dans les rangs avec le sens du devoir accompli. Une hypothèse difficile à croire pour un chef militaire qui a su imposer le respect à tous les politiciens, deux ans et demi durant. Mais ses dépassements protocolaires sont-ils inconscients ou calculés ? Noureddine HLAOUI


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