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L'escalade de Rached Ghannouchi risque de mener la Tunisie à la guerre civile
Publié dans Business News le 16 - 08 - 2013

Sur le plan politique, la Tunisie vit sa pire crise depuis la révolution du 14 janvier 2011. Sur le plan économique, elle vit sa pire crise depuis des décennies. Le pays d'où est partie la révolution du jasmin a dépassé le fond du gouffre et commence à creuser.
Plutôt que de calmer le jeu, les Islamistes au pouvoir jouent l'escalade. Avec la bénédiction de la France, de l'Allemagne, de l'Europe et de tous ces « amis » qui nous veulent du bien !

Trois assassinats politiques, une assemblée constituante qui a légalement dépassé ses prérogatives et les délais qui lui ont été impartis, des députés qui falsifient des textes, une soixantaine d'élus qui se retirent, un président d'assemblée qui suspend les travaux, une justice qui patauge, des ministres et dirigeants du parti au pouvoir faisant l'objet de poursuites judiciaires sérieuses, un gouvernement totalement discrédité, des centaines de milliers de manifestants dans les rues, une monnaie en chute libre, un tourisme en berne et des agences de notation qui dégradent, régulièrement, la notation du pays.
Ce pays n'est pas un pays d'Afrique sub-saharienne, mais la Tunisie qui ambitionnait de devenir le Singapour de la Méditerranée, il y a à peine cinq ans.

Une révolution et des élections après, la Tunisie n'est même plus au fond du gouffre, elle creuse ! Certains économistes, comme Moez Joudi et Mourad Hattab, craignent même qu'elle devienne en cessation de paiement. Alarmiste ? Pas trop, quand on voit que le pouvoir politique continue à s'entêter à se considérer comme exemplaire alors qu'opposition, société civile, médias, organisations professionnelles, syndicales et patronales estiment que ce pouvoir doit quitter immédiatement et disparaître de la scène.
Et, pour ne rien arranger, l'agence de notation Standard&Poor's a dégradé de deux crans la notation de la Tunisie, vendredi 16 août 2013. La deuxième dégradation en six mois par cette agence. Elle n'est pas la seule à le faire, Moody's a aussi abaissé la note tunisienne en mai dernier. Même la très prudente agence japonais RI a fait de même. Face à l'euro, le dinar tunisien atteint son plus bas niveau historique.

Cette situation dans laquelle s'est empêtrée la Tunisie est la conséquence d'un régime qui n'a jamais réussi à maîtriser les arcanes de l'Etat. Cela a été remarqué dès les premiers mois de la prise de pouvoir, démocratiquement en octobre 2011, par les Islamistes d'Ennahdha et les « laïcs » du CPR qui n'ont plus de laïcs que le nom. L'opposition et les médias ont, depuis plus d'un an et demi, tiré la sonnette d'alarme. Leurs objections ont été rejetées par le gouvernement qui se considérait, alors, comme le meilleur de l'Histoire.
Le 6 février 2013, après l'assassinat de l'homme politique Chokri Belaïd, l'ancien chef du gouvernement et secrétaire général d'Ennahdha, Hamadi Jebali, a dû se rendre à l'évidence et avouer son échec. Comme solution, il a adopté celle de l'opposition : nommer un gouvernement composé exclusivement de technocrates. Ce qui revient à dire que son parti quitte le gouvernement. Proposition rejetée énergiquement par son parti qui a nommé, à sa place, Ali Laârayedh ancien ministre de l'Intérieur dont le bilan brille par quelques échecs spectaculaires : camps d'entraînement de terroristes (qualifiés de camps sportifs), attaque de l'ambassade américaine, tirs de chevrotine contre des manifestants, caches d'armes, etc. Il est secondé par Noureddine B'hiri, ancien ministre de la Justice, dont le bilan n'est pas moins négatif.
Le 25 juillet, jour de la fête de la République, nouvel assassinat politique visant Mohamed Brahmi. La crise politique prend une nouvelle ampleur. Outre l'opposition, la société civile et les médias, les organisations professionnelles entrent en jeu pour dénoncer cette descente aux enfers et demander au gouvernement de démissionner. Il s'agit de la puissante centrale syndicale UGTT, la non moins puissante centrale patronale UTICA, l'Ordre des avocats et la Ligue des Droits de l'Homme. Plus de 60 députés se retirent de l'Assemblée constituante obligeant son président à suspendre les travaux, jusqu'à nouvel ordre. La grogne gagne la rue et des centaines de milliers de manifestants sortent crier leur colère. Des sit-in et des grèves de la faim sont observés.
Imperturbable, le parti islamiste au pouvoir, Ennahdha, dénonce l'injustice et souligne la légitimité électorale, bien que son mandat ait pris fin le 23 octobre 2012 et qu'aucune élection n'est prévue dans les prochains mois. Aux « dégage » quotidiens, il fait la sourde oreille et répond : « J'y suis, j'y reste. Si vous voulez que je m'en aille, éjectez-moi, si vous pouvez, ça me permettra de jouer aux victimes ». Pourtant, force est de reconnaitre qu'il n'y a pas d'unanimité au sein du parti face à cette position radicale puisque même le SG d'Ennahdha, Hamadi Jebali, est d'accord pour que le gouvernement soit destitué après ces échecs patents.

La communauté internationale, notamment la France, l'Allemagne et l'Europe, continue pour sa part à soutenir cette « transition démocratique » faisant peu de cas de la réalité du terrain et des sonnettes d'alarme tirées.
L'opposition a beau leur faire remarquer que les Islamistes cherchent à gagner du temps afin de trafiquer les prochaines élections, qu'ils ont falsifié des textes de la constitution, qu'ils ont nommé leurs hommes de confiance dans les postes-clé du pouvoir et que la Tunisie ne supporte plus cette crise, ces pays amis préfèrent soutenir le pouvoir en place, jusqu'aux prochaines élections.
Le ballet diplomatique de la semaine du 12 août n'a donné aucun résultat concret pour calmer les esprits. Tout comme les négociations entre l'UGTT et le parti Ennahdha qui ont été suspendues après une seule réunion, durant laquelle, le parti au pouvoir a refusé de faire bouger ses lignes rouges.
On commence alors à évoquer l'armée qui pourrait, comme en Egypte, intervenir pour sauver le pays et éjecter ce gouvernement qui a totalement perdu sa légitimité. Connue pour sa discrétion et sa non-ingérence dans les affaires politiques, l'armée tunisienne demeure pour le moment muette, renvoyant dos à dos pouvoir d'un côté et opposition, organisations professionnelles et société civile, de l'autre.

Après les incidents en Egypte et la mort de centaines de sit-inneurs proches du président déchu Morsi, Ennahdha s'est senti pousser des ailes. Hors de question de lâcher le pouvoir et de prendre le risque de subir le même traitement que les « frères » de Rabâa El Adawya. Lors d'une conférence de presse, tenue jeudi 15 août, Rached Ghannouchi a joué l'escalade. Il estime, contre vents et marées, que la période actuelle exige un gouvernement politique et non technocrate. Il propose un gouvernement élargi à d'autres mouvements de l'opposition, sachant pertinemment que l'acceptation d'une telle option exigera des semaines de négociations, comme ce fut le cas en février dernier. Le résultat d'une telle option est connu d'avance, l'échec, puisqu'elle a déjà été expérimentée.
En résumé, si ce gouvernement reste, c'est le chaos qui attend la Tunisie, pronostiquent les économistes et les politiques. Position à l'exact opposé de ce que dit le gouvernement qui craint, lui aussi, le chaos s'il quitte le pouvoir.
Au stade actuel de la situation, l'opposition, les organisations professionnelles (patronales et syndicales) et la société civile se trouvent dans l'impasse. Concrètement, une solution urgente doit être trouvée afin de sauver la Tunisie d'une banqueroute et d'une guerre civile.
A ceux qui en doutent encore, il y a le communiqué de S&P du 16 août et les incidents égyptiens de la semaine pour les convaincre du contraire.


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