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Tunisie - Le livre qui taille un costard à Moncef Marzouki
Publié dans Business News le 18 - 10 - 2013

45 bourdes en 22 mois d'exercice. C'est à la fois le bilan présidentiel de Moncef Marzouki et la substance du livre de Nizar Bahloul « Bonté divine ! L'homme qui n'a pas su être président ». Ce livre-reportage nous montre comment le président de la République a réussi à détruire le capital-sympathie avec lequel il avait commencé sa présidence jusqu'à devenir aujourd'hui une personnalité, au mieux, mise à l'écart et, au pire, nuisible à la République.
Avec une moyenne de 2 bourdes par mois, le président de la République, Moncef Marzouki, bat tous les records en termes de maladresses à un aussi haut niveau du pouvoir. Il faut tout de même reconnaître que la parution d'un tel livre est une première en Tunisie à mettre au crédit de notre président, même si durant son mandat, plusieurs personnes ont été emprisonnées pour leurs idées.
Nizar Bahloul dresse le tableau d'une présidence ratée, d'une formidable occasion gâchée. Au-delà du « Marzouki Bashing » simpliste, ce livre retrace l'histoire d'un président qui a détruit l'institution qu'il préside et qui a perdu, aujourd'hui, toute crédibilité. L'auteur détaille dans le livre les gaffes que le président de la République a commises dans divers domaines : politique intérieure, politique extérieure, relation avec le gouvernement, avec l'opposition…Malgré le fait qu'il ne disposait pas de réelles prérogatives, Moncef Marzouki a trouvé le moyen de causer des dégâts à la tête de l'Etat. Il n'a même pas été en mesure de respecter le protocole le plus élémentaire lors de ses visites à l'étranger ou lors des réceptions de chefs d'Etat étrangers.
Sur près de 150 pages, l'auteur relate les péripéties d'un président qui a revêtu un costume beaucoup trop grand pour lui. Les caricatures de Imed Ben Hamida ponctuent le bouquin d'une touche humoristique nécessaire pour avaler les « marzoukeries » du président, les unes après les autres. Mais le président de la République n'a-t-il rien fait de positif depuis le jour de son élection-nomination ?
La question mérite réflexion et nécessite une bonne mémoire. Il est difficile de voir ce que le président Marzouki a fait de bon. De toute manière, l'auteur a fait le choix de se limiter au négatif. On peut reprocher au livre de ne pas être « constructif » au sens où l'entendent certaines personnes mais le choix est clair et l'auteur a décidé de se concentrer sur le train qui n'arrive pas à l'heure. Et Dieu sait s'ils ont été nombreux ces trains sous la présidence de Moncef Marzouki !
On peut également reprocher au livre de ne pas avoir assez versé dans l'analyse des tenants et des aboutissants de toutes ces bourdes. Il aurait peut-être été plus pertinent d'analyser les raisons d'un tel fiasco à la présidence. Face à cette critique, l'auteur répond qu'il ne se prend pas pour politologue et encore moins pour un historien. Le travail fait dans ce livre est à caractère journalistique, tous les faits cités sont prouvés, de notoriété publique et documentés. On nous annonce, d'ailleurs, la sortie du livre augmenté avec les vidéos relatant les méfaits de Moncef Marzouki à la tête de l'Etat. M. Bahloul a mis un point d'honneur à ne pas traiter du côté personnel et encore moins de la vie privée du président Marzouki. Dans cette même logique, un exemplaire du livre a été envoyé, par correction et courtoisie, au président de la République quelques jours avant sa sortie officielle.
La sortie de ce livre a, évidemment, suscité plusieurs critiques. Certains ont suggéré qu'il aurait été préférable de sortir ce livre à la fin de la présidence de Moncef Marzouki. D'autres critiques s'attaquent à la personne de l'auteur, ses supposés liens avec l'ancien régime, son opportunisme en tentant de remettre au goût du jour la rengaine des « azlem ». Par contre, pas un mot sur le contenu du livre, ce qui est normal vu que celui-ci est sorti hier, 17 octobre. A ce propos, l'auteur répond en soulignant qu'il reste ouvert à toute critique, mais à condition de lire le livre. Quoi qu'on puisse dire du traitement de la présidence ou de l'identité de l'auteur, il est indéniable que les faits relatés dans cet ouvrage sont incontestables, vrais et ont eu des conséquences désastreuses sur l'image du pays à l'extérieur et sur l'image de la présidence à l'intérieur du pays.
« Bonté divine ! L'homme qui n'a pas su être président » est un ouvrage digne d'intérêt de par son contenu d'abord et de par le fait que c'est le premier livre tunisien critiquant l'activité d'un président encore en exercice. C'est une première en Tunisie. Une première dont le président de la République pourra se vanter dans ses prochaines sorties. Ce livre retrace la destinée d'un président opposant, d'un militant des droits de l'Homme à la tête de l'exécutif. La destinée d'un homme qui a voulu être militant et président en même temps, au final il n'a été ni l'un ni l'autre.
Les lecteurs de ce livre ressentiront de la tristesse en voyant, d'un coup, les bourdes de leur président, censé être celui de tous les Tunisiens. Cet ouvrage permettra de comprendre le cheminement d'une présidence hésitante et nous rappellera les actions du président de la République qui ont été occultées par l'avalanche de nouvelles que connaît la Tunisie depuis la révolution.
La présidence de la République est une institution importante de l'Etat et elle revêt une importance capitale aux yeux des Tunisiens qui ont été habitués à sa prépondérance depuis que la Tunisie est indépendante. Il est intéressant de noter à ce sujet que les premiers à s'être indignés de l'absence de réelles prérogatives à la présidence sont les opposants d'aujourd'hui. A la lumière du livre de Nizar Bahloul, on en arrive à remercier Ennahdha de l'avoir privé de prérogatives réelles, sinon il y aurait eu de quoi écrire des pavés entiers.
Marouen Achouri
* Photo prise à la librairie "Al Kitab" à Tunis, Avenue Habib Bourguiba


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