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A celui qui ose l'indécence télévisée
Publié dans Business News le 11 - 02 - 2014

Dimanche 9 février, et sur la chaîne Ettounsiya, « A celui qui ose », une émission a fait débat. On y a vu le père d'un présumé terroriste revenir sur les événements de Raoued où celui-ci a trouvé la mort. On y a vu des invités d'une même mouvance idéologique ou presque parler du terrorisme qui secoue la Tunisie, mais autrement. On y a vu un Khamis Mejri présenter Ben Laden comme un héros et un animateur tombant dans la sensiblerie. Tout ceci a créé une polémique qui continue à agiter l'opinion publique et la scène médiatique.
Une pétition a été lancée sur les réseaux afin d'arrêter l'émission en question. Indignés, des citoyens y ont vu une banalisation du terrorisme et une sorte d'apologie du crime. Au nom des familles des martyrs, la sœur de Socrate Cherni, (victime d'un acte terroriste à Sidi Ali Ben Aoun) est intervenue sur un plateau de Nessma TV pour dire sa colère quant à de pareilles pratiques. «Ceci est une insulte pour la mémoire de nos martyrs », a-t-elle précisé.
Mongi Khadhraoui, secrétaire général du Syndicat des journalistes tunisiens, s'est exprimé ce matin sur mosaïque Fm pour revenir sur ce que certains désignent comme une bavure journalistique. Décrié par ses confrères, l'animateur de l'émission contestée (qui a, par ailleurs, présenté des excuses, aujourd'hui sur Shems Fm) ne pourra pas être sanctionné par le syndicat parce qu'il n'y est pas adhérent, a précisé M. Khadhraoui.
Cependant, le SNJT n'avait pas hésité, en la personne de sa présidente, Néjiba Hamrouni, à réagir vivement et d'une manière officielle quand une autre bavure a eu lieu sur les plateaux de la même chaîne et dans le cadre d'une autre émission qui a été arrêtée depuis, en l'occurrence Attassiâa Massaane. L'effervescence autour de l'émission du dimanche a été à l'origine d'un appel émis par certains afin de boycotter la chaîne dont l'orientation semble avoir changé au gré de son propriétaire. Mongi Khadhraoui a, en effet, été catégorique quant à cela : Slim Riahi détenteur de la fréquence sur laquelle émet la chaîne est présent dans les choix qui s'y opèrent.
Il est sur le plan de la scène médiatique, des chaînes dont la tendance générale est orientée. Pro CPR, pro Troïka, pro Ennahdha, leur ligne éditoriale est perceptible pour le commun des téléspectateurs. Cependant, ces chaînes ont le mérite d'être fidèles à elles-mêmes. Quand on y voit une analyse simpliste présentant un attentat terroriste ayant coûté la vie à des agents des forces de l'ordre comme une tentative de leur part de chercher des trésors, cela agace un peu, mais s'explique…
Cependant, que l'on se rende compte qu'une des chaînes de télévision les plus regardées en Tunisie est en train de tomber dans ce simplisme qui n'en n'est pas un et de duper ceux qui la suivent en les orientant vers un mécanisme de pensée déviant de la norme, cela devient plus dangereux.
Tout au long de son émission, l'animateur de l'émission du dimanche a tenu un discours à tendance moralisante faisant référence à un paradigme suscitant l'empathie. Tout un champ lexical des sentiments a été mis à contribution pour susciter la pitié du téléspectateur quant à la douleur du père du terroriste. Il en est arrivé à hésiter, dans la terminologie, entre terroriste et martyr lorsque l'on évoquait Kamel Gadhgadhi, mort dans les événements de Raoued dans une maison où auraient été trouvées des ceintures d'explosifs, des armes et 600 kilos de TNT.
Sous l'impact de l'intrusion du politique dans le champ médiatique, certaines chaînes de télévision ont été, dès les lendemains de la révolution, vers la manipulation de la population. Elles ont été le vecteur d'un alarmisme qui ambitionnait de déstabiliser la mouvance contestataire. Aujourd'hui que d'autres problématiques se posent, d'autres chaînes vont vers une tendance aussi perverse, celle d'orienter aussi les téléspectateurs. Cette orientation prend des allures diverses et a un impact certain sur le cheminement des événements politiques. La diffusion de Persepolis, film d'animation donnant corps à Dieu, sur la chaîne de télévision Nessma, avait suscité une vive polémique et a été déterminant, d'une certaine manière et d'un point de vue électoral.
Nous constatons aussi, à travers quelques chaînes, la banalisation d'autres phénomènes tels que la prostitution, l'inceste, et tant d'autres sujets hier relégués à la case « tabou » et aujourd'hui exposés à outrance et selon un mode de traitement banalisant et presque naïf. Que des chaînes s'immiscent dans le politique par le biais du social n'est pas étonnant quand nous voyons de près d'où proviennent les capitaux les finançant et quand nous voyons de près le profil de ceux qui sont à leurs têtes et de ceux qui se mettent à leur pied.
Nous avons assisté, dimanche 9 février, d'une manière passive mais volontaire et au nom de la démocratie, à l'apologie du crime justifié, à la starification des meurtriers et à la banalisation du terrorisme. Cela reste en rapport avec une tendance faussement moralisatrice tirant vers deux antipodes : deux formes de radicalisme de la pensée qui normalisent avec un certain extrémisme religieux et un autre extrémisme libertaire en inadéquation avec les principes majeurs de notre schéma sociétal.
Une preuve de plus que notre crise est surtout une crise de valeurs et que c'est dans le débat idéologique idéalement stérile que se nourrissent le schisme social et le hiatus politique.


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