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DémocraSissi
Publié dans Business News le 04 - 06 - 2014

Le général Abdelfattah Al Sissi a été élu à la présidence de la République d'Egypte le 3 juin 2014 avec le score fleuve de 96,9% des voix. Avec un score pareil ce n'est plus une élection mais un plébiscite total. Plusieurs activistes du clavier et analystes virtuels se sont extasiés de cette élection et de ce score en exprimant le souhait de voir la même chose en Tunisie. Dieu nous en préserve !
Il faut dire que l'expérience égyptienne, malgré ce dénouement, reste chaotique. Le temps où les Egyptiens manifestaient pour la démocratie à la place Tahrir semble bien loin. Ces manifestants là ont été remplacés par des personnes hurlant de bonheur à l'élection d'Al Sissi, le général. Penser que la démocratie pourra être réalisée et entretenue par un régime militaire est une lubie.
Les Tunisiens qui s'extasient de cette nouvelle ne font qu'exprimer leur peur de l'inconnu. Il faut les comprendre aussi, c'est tellement plus reposant d'être sous une dictature ! Il est bien plus facile de se voir dicter ce qu'on doit dire et faire que de s'évertuer à réfléchir et à inventer une nouvelle manière de vivre ensemble tout en sauvegardant le pays.
Alors nos amis pro-Sissi se rappellent soudain que l'Egypte est une grande nation et prétendent que ce pays s'en est sorti par le haut, des tumultes de l'après-révolution. Aux oubliettes les centaines de condamnés à mort par la parodie de justice égyptienne ! Après tout, ce n'était que des sympathisants islamistes, donc pas vraiment des êtres humains…
C'est justement parce que l'Egypte est une grande nation qu'elle ne mérite pas ce qui lui arrive. Indépendamment de la personne du général Al Sissi, aucun candidat, quel qu'il soit, ne devrait pouvoir obtenir ce type de score. Un tel plébiscite montre seulement que la différence a été évincée, que les voix discordantes ont été rendues muettes, que ce soit par la peur ou par la contrainte.
Espérer un tel scénario en Tunisie est une forme d'abdication dans le combat pour la démocratie. Si un tel scénario se produit dans notre pays, ce serait l'échec définitif de toute la démarche entreprise depuis le 14 janvier.
Certes, beaucoup de choses sont à reprocher à la démarche tunisienne, elle est loin d'avoir été parfaite. Toutefois, quelques maigres réalisations ont été concrétisées. Par exemple, les médias et le peuple égyptiens ne pourraient se permettre de critiquer aussi ouvertement leur président. Plusieurs cas de figure illustrent cet état de fait dont celui de Bacem Youssef qui a dû mettre un terme définitif à son émission.
Il est probable que l'élection de Abdelfattah Al Sissi à plus de 90% des suffrages exprimés est un choix délibéré du peuple égyptien. Toutefois, une telle option est inenvisageable en Tunisie. Il existe différents courants dans ce pays, différentes manières de penser, c'est ce qui garantit la diversité du paysage politique tunisien. Il est clair que cette diversité est parfois agaçante quand elle nous oblige à écouter des Abderraouf Ayadi ou des Bahri Jelassi. Mais ce n'est pas une raison pour remettre en cause le principe. En démocratie, on écoute aussi ceux qui n'ont rien à dire.
Les processus égyptien et tunisien ont été mis en parallèle, souvent à tort. Les protagonistes ne sont pas les mêmes, chacun des deux pays a sa propre Histoire et les traditions de gouvernance sont éloignées. Toutefois, ceci n'exclut pas qu'il existe une influence entre les expériences des deux pays.
L'accession au pouvoir d'Abdelfattah Al Sissi aura au moins eu le mérite de ramener une certaine tranquillité au pays des pharaons. C'est rassurant de voir un général à la tête d'un pays qui avait été ébranlé par des actes terroristes et des centaines de victimes. Si l'on veut être cynique, on pourrait assimiler cela à l'éternel "arrangement" qui fonde toute dictature : La sécurité contre la liberté.
Avec 96,9% des voix égyptiennes, le général Al Sissi devrait avoir assez de monde pour l'adouber et l'applaudir. Parions qu'il lâchera une petite larmichette!


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