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Les Tunisiens rêvent de leur hypothétique pétrole
Publié dans Business News le 26 - 05 - 2015

Une campagne s'est déclenchée sur les réseaux sociaux depuis plusieurs semaines. Plusieurs personnes s'intéressent aujourd'hui aux richesses naturelles tunisiennes et demandent leur part du gâteau pour pouvoir se marier ou pour l'intérêt public. Tour d'horizon de revendications pas tout à fait innocentes.
Il s'agit de la dernière campagne à la mode. Elle consiste à « troller » les pages Facebook et Twitter en posant cette question « où est le pétrole ? ». L'un des temps forts de cette campagne fût lorsque quelques dizaines de personnes ont organisé une manifestation devant le siège de l'ETAP (Entreprise tunisienne des activités pétrolières) le 22 mai.
Cette campagne consiste à demander des comptes au gouvernement concernant les richesses naturelles de la Tunisie et particulièrement celles provenant des activités d'extraction comme le phosphate ou le sel. Dans une étonnante concomitance, l'ancien président de la République a publié une longue tribune sur ce sujet via sa page Facebook le 22 mai. Moncef Marzouki s'y interroge sur l'existence de puits de pétrole et de gaz.
En sa qualité d'ancien président de la République, Moncef Marzouki devrait pouvoir répondre à cette question et non s'interroger. Dans le même contexte, il a appelé à la création d'une commission parlementaire qui fournirait la réponse à cette question en toute transparence. Cette même commission devrait « fourrer son nez », d'après l'expression utilisée par l'ancien président, dans les comptes des sociétés pétrolières pour déterminer si les droits du peuple tunisien ont été bafoués.
Si on revient à la manifestation du vendredi 22 mai devant le siège de l'ETAP, et si l'on voit les protagonistes, on verra que c'est le même « clan » qui bouge à chaque fois. En effet, on trouve dans les rangs des manifestants Halima Mâalej, prêtresse incontestée des ligues de protection de la révolution, Imed Deghij chef des LPR du Kram, le dénommé Recoba qui avait participé à la campagne de Moncef Marzouki, Yassine Ayari, blogueur récemment libéré de prison, Rached Khiari etc…
Même si l'on pourrait éventuellement s'intéresser au sujet de la gestion des activités pétrolières en Tunisie, le timing de cette campagne laisse perplexe sur ses objectifs réels. En fait, elle vient juste après la visite de Moncef Marzouki au Qatar. Une autre coïncidence.

Que réclament au juste les tenants de cette campagne ? Globalement, ils réclament leur part des revenus pétroliers et gaziers de la Tunisie. Pour eux, ceci passe par la nationalisation des ressources pétrolières, gazières et minières du pays. D'un autre côté, ils veulent également que l'ETAP et l'ensemble des sociétés pétrolières opérant en Tunisie rendent des comptes sur leurs activités pendant les dix ou quinze dernières années.
Ce type de revendications est étayé par des arguments plus ou moins crédibles. Par exemple, certaines publications sur les réseaux sociaux expliquent que toucher les revenus du pétrole permettraient aux gens de se marier. Certaines autres vont plus loin en disant que les attentats terroristes sont fomentés par les groupes pétroliers pour disperser l'attention des Tunisiens et éviter ainsi que le peuple ne se penche sur cette question. Les adeptes de cette campagne s'acharnent donc à demander leur « argent » et à introduire cette question partout. On pourra citer les amusantes publications de Yassine Ayari dont la femme demande où est le pétrole…
D'autres arguments, un peu plus élaborés, viennent soutenir la thèse de l'existence de ressources naturelles insoupçonnées en Tunisie. Parmi ces arguments, l'existence d'une mine d'or dans un village tunisien ou celui de la découverte cachée d'une mine de phosphate contenant de l'uranium près du Kef.
Evidemment, la réponse des internautes à ces argumentaires creux n'a pas tardé. En effet, sur la toile on se délecte des affirmations ubuesques de ceux qui réclament leur part de pétrole. L'un d'eux a écrit : « ça fait trente minutes que j'essaye de convaincre mon banquier de me donner ma part de pétrole mais il ne veut pas ! ». Un autre s'est moqué du fait que ce soient toujours les mêmes qui tentent de nier l'existence du terrorisme en disant en substance : « la première année ils disaient que le terrorisme était utilisé pour que les gens aient peur d'Ennahdha et du réveil islamique, la deuxième année le terrorisme était utilisé pour faire tomber l'ANC, le gouvernement et la légitimité, la troisième année le terrorisme servait à empêcher la tenue d'élections et la quatrième année le terrorisme est employé pour le peuple ne se penche pas sur le sujet des richesses naturelles, en tout cas le terrorisme n'existe pas ! ». D'autres commentaires plus érudits mettent en exergue la mentalité d'assistés qui transparait à travers de telles revendications.

Cet état de fait s'en trouve confirmé lorsqu'on remarque qu'aucun d'entre eux ne s'est demandé par exemple ce qu'il en était du monopole de la STEG concernant la production d'électricité. Les tenants de cette campagne se parent d'intégrité et revendiquent la protection des intérêts du peuple. Toutefois, aucun d'eux ne se prononce quant à ce qui était fait sur ce dossier lors de la période de gouvernance de la troïka. On ne verra également aucune analyse sur les coûts d'extraction, la qualification de la main d'œuvre, la qualité du pétrole ou sa localisation.
La campagne « où est le pétrole ? » devrait se poursuivre sous l'égide des amis des LPR, de la mouvance du peuple des citoyens ou du courant démocratique. Une manifestation est même prévue le samedi 30 mai à l'avenue Habib Bourguiba. On peut parier que l'on y retrouvera les mêmes qui promettaient les potences en pleine rue ou qui exhortent à agresser les journalistes.

Copyright photo : ALI Chouerreb


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