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Réunion de Djerba : Enième roulement de mécaniques au sein de Nidaa Tounes
Publié dans Business News le 18 - 10 - 2015

Déjà en proie à des luttes internes, le parti Nidaa Tounes a vécu de nouvelles tensions ce week-end avec la tenue de la controversée réunion de Djerba. Samedi 17 et dimanche 18 octobre 2015, l'un des deux camps qui s'affrontent au sein du parti a tenu un meeting, qualifié de « parallèle » par ses adversaires, dans lequel il a présenté ses propres solutions de sortie de crise. Entre l'équipe de Hafedh Caïd Essebsi et celle de Mohsen Marzouk, il est encore une fois, question de guerre de leadership.
«Je suis le secrétaire général du parti. Je suis le secrétaire général de tout le monde, du simple militant au membre du bureau politique», a martelé Mohsen Marzouk dans une interview accordée à la Radio nationale le 12 octobre. Difficile à croire pourtant lorsque l'on regarde le beau monde qui était présent lors de la réunion de ce week-end à Djerba. Les ministres appartenant au parti, la majorité des députés au sein de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), et les autres cadres du parti ainsi que les membres des coordinations régionales de Nidaa étaient tous au rendez-vous. L'absence de Mohsen Marzouk, secrétaire général de Nidaa, et de son président Mohamed Ennaceur, était très remarquée.
Tout le gratin de Nidaa était présent à cette rencontre controversée. Selon nos confrères du Maghreb, présents sur les lieux, étaient présents les cadres du parti Taïeb Baccouche, Noureddine Ben Ticha, Faouzi Elloumi, Abdelaziz Kotti, Khemaïes Ksila et Fadhel Ben Omrane, mais aussi les ministres et membres du gouvernement dont Ridha Belhaj, Salma Elloumi, Saïd Aïdi, Mahmoud Ben Romdhane, Slim Chaker, Néji Jalloul et Saïda Garrache. Etait également de la partie Houda Nagdh, veuve de feu Lotfi Nagdh, coordinateur de Nidaa à Tataouine assassiné il y a deux ans à Tataouine. Cette réunion qui devait marquer le troisième anniversaire de son assassinat, le 18 octobre 2012, porte d'ailleurs le nom de « conférence du martyr Lotfi Nagdh ». Il est à noter, par ailleurs, que la quasi-majorité des élus de Nidaa étaient présents à cette réunion, soit 60 sur les 86 élus à l'ARP.
« La réunion de Djerba […] constituera un tournant décisif dans l'histoire du parti », a déclaré Khemaïes Ksila à l'agence TAP hier. Ce membre notoire du camp de Hafedh Caïd Essebsi a ajouté que le meeting a rassemblé les « artisans de la victoire de Nidaa Tounes aux dernières élections ».


Pourtant, le camp adverse qui a tenu la réunion du bureau exécutif, vendredi 16 octobre, a clairement qualifié cette réunion de « illégitime » et de « parallèle » puisque se dressant contre celle des « instances légitimes du parti ». La réunion du bureau de vendredi devait servir, de son côté, à « clarifier la ligne de Nidaa mais aussi à organiser le prochain congrès du parti », selon Boujemâa Remili, porte-parole du parti qui a annoncé que des décisions importantes seront rendues publiques le 30 octobre et que, d'ici la tenue du congrès, le bureau exécutif représentera la seule structure de décision du parti. Comme solution de sortie de crise, le bureau exécutif de Nidaa recommande de confier la préparation du congrès à une commission « neutre et indépendante » dont les membres seront exemptés des postes de responsabilités au sein du parti. Une manière de sauver les meubles qui n'a pas été rejetée par le camp adverse, mais il semblerait que le camp de HCE semble vouloir trouver de « meilleures » solutions à sa manière.


En effet, Hafedh Caïd Essebsi a indiqué que le meeting de Djerba a été organisé après des rencontres qui se sont tenues dans plusieurs régions du pays, dont notamment Sousse et Kairouan. Il a appelé, donc, à ce que les décisions qui en émanent soient respectées par les dirigeants de Nidaa, et ce afin qu'une solution consensuelle soit trouvée aux différends qui secouent le parti depuis un moment. Selon lui, les décisions qui émaneront de la réunion de Djerba et qui passeront au vote des présents réunis, et non des moindres, serviront à sauver le parti de la banqueroute. Dans le cas contraire, le parti court sûrement vers sa perte.

Dans cette crise, le camp dit de Mohsen Marzouk impute la responsabilité des divisions internes à Hafedh Caïd Essebsi. « Celui-ci a appelé à la dissolution du bureau politique parce qu'il n'a pas réussi à s'en dégoter une majorité ». Il a également accusé des « parties étrangères » de vouloir s'imposer en usant de moyens détournés, a déclaré Lazhar Akremi, qui a souligné que « Nidaa Tounes est en train de se diviser […] certains ont la volonté d'accaparer le parti et de renverser ses institutions ». « On loue des bus et on affrète des avions pour avoir une majorité de présents lors des réunions. Ce n'est pas ainsi qu'on peut préserver l'unité du parti », a-t-il indiqué. Puis d'ajouter que des millions de dinars ont été dépensés pour la tenue de la réunion de Nidaa à Sjerba. Cet argent, dit-il, est suspect et renseigne sur une ingérence extérieure dans les affaires de Nidaa.

Pour faire plus simple, les deux camps qui s'affrontent aujourd'hui au sein de Nidaa représentent deux courants distincts du parti. Cette formation politique, créée par Béji Caïd Essebsi représentait le cœur du parti, réunit deux courants : les cadres dits de gauche, dont le secrétaire général Mohsen Marzouk et le ministre démissionnaire Lazhar Akremi, et ceux qui restent attachés à une vision destourienne du parti, donc Hafedh Caïd Essebsi, Khemaïes Ksila, etc. Les premiers estiment que seules les institutions dites « légitimes » du parti ont la primeur et les autres accusent le camp adverse de vouloir faire main basse sur les institutions du parti et le mener vers la crise.

La crise au sein de Nidaa est un constat qu'on ne fait plus à demi-mots. Si on refuse de parler de guerres d'égos et de règlements de compte « personnels » évoquant, généralement, des divergences de point de vue, il faut reconnaitre que dans ce cas précis, tout est une démonstration de force. La réunion de Djerba qui a réuni le gratin de Nidaa, en est la preuve. Les luttes intestines sont en train de prendre le parti par la gorge depuis que Béji Caïd Essebsi, homme fort de Nidaa, est aux commandes de la présidence de la République. Dernière bataille en cours, celle qui devra déterminer comment sera organisé le prochain congrès du parti dont la tenue même reste menacée vu les tiraillements actuels. Ce congrès, prévu pour le début de l'année 2016, devra déterminer le poids réel de chacun et donner au parti de Béji Caïd Essebsi une solidité qui lui fait défaut aujourd'hui.


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