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Tunisair : Le plan de la dernière chance
Publié dans Business News le 29 - 12 - 2017

Après six mois de retard sur les délais ordinaires, Tunisair a tenu son assemblée générale ordinaire pour l'exercice 2016, ce vendredi 29 décembre 2017 à l'hôtel Paris aux Berges du Lac, sous la présidence de son PDG Elyes Mnakbi. Une assemblée marquée par le mécontentement des actionnaires face aux performances de la société, au prix de l'action et à la gestion globale de l'entreprise, mais qui s'est globalement bien passée et même s'est terminée sur une photo de famille. Compte rendu.

Tunisair-S.A a clôturé son exercice 2016 avec un résultat net déficitaire de 165,48 millions de dinars (MD) contre 71,36 en 2015, soit une régression de l'ordre de -231,89%. Les produits d'exploitation ont atteint 1.086,13 MD (+11,56%) pour des charges d'exploitation de 1.205,07 MD, (+17,72%), et un résultat d'exploitation déficitaire de -118,95 MD (+137,54%).
Pour leur part, les états financiers du groupe Tunisair font ressortir un résultat déficitaire consolidé de 196,61 MD (-221,87% par rapport à 2015), se répartissant comme suit : Tunisair -174,5 MD, Tunisair Handling -22,14 MD, Tunisair Technics +1,45 MD, Amadeus +69,18 MD, Tunisair Express -10,94 MD, Essafa +0,97 MD, AISA -0,14 MD et ATCT -0,48 MD.
Ainsi et selon les chiffres avancés, le trafic global en terme de passagers a atteint 2.991.841 passagers en 2016 (+9%) pour un coefficient de remplissage des vols réguliers et supplémentaires de 71,4% (+2,3 points) et une part de marché de 39,9% en baisse de 0,9 point en 2016.

Le rapport des commissaires, Mourad Fradi (ECC Mazars) et Abdelmajid Douiri (AMI Consulting), note plusieurs réserves, notamment concernant des problèmes liés aux provisions, immobilisations, aux projets informatique (AISA), aux comptes clients, aux personnels et comptes rattachés, au traitement comptable des redevances aéroportuaires, à la situation avec l'OACA, etc. En outre, et vu que les fonds propres sont devenus en deçà de la moitié du capital social, le conseil d'administration doit convoquer, dans les 4 mois suivant l'approbation des états financiers, une AGE pour statuer sur la question de savoir s'il y a lieu de prononcer la dissolution de la société.

Ouvrant le débat, Moncef Ouaghlani a fait remarquer que rien n'a été fait en ce qui concerne les remarques des commissaires aux comptes. Il a appelé à la mise en place d'un comité de suivi pour pallier à ces défaillances. S'adressant aux petits-porteurs, il les a appelé à bouger pour défendre leur intérêt. Mohamed Salah Bouallegui a demandé, quant à lui, une situation actualisée de la société et s'est interrogé quand on allait faire l'inventaire physique de la société.
Pour Abdelfattah Fakhfakh, «la situation est de mal en pis chaque année», malgré les différents plans de redressements annoncés. Certes, il y a des facteurs exogènes qui ont causé cette situation, mais il y a également des problèmes de gestion interne. Il s'est interrogé sur les affaires de vols de bagages, sur les retards enregistrés sur les dessertes, les sanctions prises concernant le conflit entre le commandant de bord et le technicien. Il s'est demandé combien la compagnie gagnerait en termes de réduction de coût si elle supprimait les billets pratiquement gratuits pour son personnel, les quelques 7700 personnes et leurs familles.
Une analyste a réclamé plus de détails sur le business plan et sur les perspectives futures ainsi que des explications sur la liquidation de la dette de 650 MD de l'OACA et le plan de départ volontaire concernant les 1.140 employés en sureffectif.
Faycel Mahbouli a pointé du doigt l'état de certains appareils ainsi que le business class sur certains vols africain. Abdelaziz Ben Youssef s'est demandé s'il y aura une augmentation de capital et si l'Etat allait y participer. Moncef Hached s'est demandé comment une société qui ne sait pas ce qu'elle a peut faire des programmes sur 20 ans.

Comme à l'accoutumée, le célèbre actionnaire Mustapha Chouaïeb a fait son show tout en pointant les défaillances. Avec son cours d'environ 400 millimes, l'action Tunisair ne vaut pas plus chère qu'une cigarette d'une certaine marque étrangère connue. Pour lui, avec le surplus d'employés la compagnie arrive tout juste à payer ses effectifs. Il s'est interrogé sur la rentabilité des vols chacun à part et en particulier celui qui passe par Tabarka pour atterrir à Djerba.
Autre chose, M. Chouaïeb estime que tous les membres du Conseil d'administration doivent être présents à l'AGO. Et s'est demandé pourquoi le représentant des petits-porteurs pour l'exercice 2016 n'est pas présent sur la table et s'il a été invité à l'assemblée. Il a fait remarquer l'absence du nouveau représentant des petits-porteurs et celui de la CTAMA.
Pour sa part, Mohamed Lassoued, l'ancien représentant des petits-porteurs, a expliqué que le rôle du PDG et des administrateurs de l'Etat n'est pas facile, car ils sont obligés d'appliquer la politique de l'Etat. Pour lui, la situation de Tunisair a été fragilisée par les PDG qui se sont succédé précisant que depuis 20 ans 25 PDG ont tenus ce poste.


En réponse à ce flot de questions des actionnaires, toute une équipe s'est mobilisée. Tout d'abord, le secrétaire général de Tunisair Jamel Chrigui a tenu à s'excuser officiellement auprès de Mohamed Lassoued pour l'erreur organisationnelle qui s'est produite.
Le directeur commercial Ali Miaoui a rappelé les effets néfastes de la baisse de l'activité touristique et le recrutement de plus de 1.100 personnes en 2011 sur l'entreprise. Il estime que si le nouveau plan de redressement n'est pas scrupuleusement appliqué il n'y aura plus de Tunisair. Il a souligné que 2017 ne sera pas une année bénéficiaire mais elle sera celle du retour à la normale. S'agissant des vols de bagages, il a précisé que la société a déféré certaines personnes devant la justice et que l'affaire suit son cours. En ce qui concerne l'Afrique, il a indiqué que Tunisair va doubler ses points et tripler ses fréquences, et que certains prochains 320Néo seront alloués à ces nouvelles dessertes africaines avec de vrais business class. Il a noté que la ligne de la Suisse est parmi les plus rentables de compagnie et que les chiffres ne mentent pas. Pour la ligne Montréal, bien qu'elle ne soit pas encore rentable, elle fait actuellement un taux de remplissage de 77%. Les dessertes passeront de 2 à 4 l'été prochain, avant d'ajouter l'escale à New York en 2019. S'agissant de Tabarka, il a indiqué qu'une convention a été signée avec un TO qui paye le coût du détour vers Tabarka avant d'atterrir à Djerba. Pour le fret, il a informé de la décision de la compagnie de louer un avion-cargo.
Il a annoncé, que pour la première fois depuis un certain moment, la compagnie aérienne allait publier des états financiers intermédiaires pour l'exercice 2017 au mois de janvier prochain.

Le directeur financier Béchir Ben Sassi a souligné, quant à lui, que l'inventaire physique des immobilisations, des stocks et des caisses a été clôturé le jour même et qu'avec les commissaires aux comptes, ils se sont engagés pour l'apurement des comptes et la présentation de comptes justifiés lors du prochain exercice. Il a aussi assuré que le rapport de l'exercice 2017 ainsi que l'assemblée seront présenté et tenu dans les temps réglementaires, surtout que l'ERP a été implémenté et fonctionne convenablement.
Autre révélation, la vente de l'avion présidentiel a engendré une perte de 100 MD. Il a aussi tenu à remercier Sarra Rajab qui sans elle, le résultat aurait été pire, selon lui.
M. Chrigui a souligné que le plan d'assainissement vise l'optimisation des ressources humaines, avec un départ volontaire en premier lieu, puis un autre négocié non-volontaire dans un second lieu. Mais dans tous les cas, il sera ciblé pour ne pas être privé des compétences dont la société en a besoin.
Pour les dettes de l'OACA, il se pourrait qu'elles soient transformées en participation dans le capital. La décision sera prise en conseil ministériel bientôt.

M. Mnakbi a souligné que Tunisair a déféré plusieurs dossiers de corruption devant la justice. En ce qui concerne les retards, il a pointé des problèmes de matériel, de personnel et d'infrastructure. C'est dans ce cadre que Tunisair Handling va acquérir de nouveaux équipements en 2018 qui lui permettront de résoudre l'une des causes des retards. Il a rappelé l'affaire des bagagistes qui ont été intégrés à Tunisair et qui ont dû tenir compte de leurs diplômes : « non seulement ils n'étaient habilité à faire ce métier mais en plus, leurs salaires sont passés de 400 dinars à 2.000 dinars pour certains, et on a dû recourir de nouveau à la sous-traitance ». Enfin, il a noté que l'infrastructure aéroportuaire n'est pas adaptée à un trafic important avec ses 3 ou 4 couloirs aériens. D'où, les retards.
Pour les vols de bagages, il a indiqué que le chiffre a nettement diminué.
En ce qui concerne les billets des employés, il a affirmé qu'ils payaient les taxes comme tout autre passager et qu'ils n'ont pas droit à cet avantage que s'il y a des places libres à bord des avions.
S'agissant de l'affaire du conflit entre les pilotes et les techniciens qui a paralysé le trafic, il a soutenu que Tunisair a recouru à la justice : « le verdict ne va pas tarder à tomber et l'addition sera salée ».

Elyes Mnakbi a tenu à rassurer les actionnaires : «Les indicateurs de 2018 sont excellents et on renouera avec la stabilité». En réponse à la demande des actionnaires de continuer la tradition lancée par son prédécesseur en offrant quelques billets gratuits aux actionnaires, par tirage au sort, pour compenser les pertes qu'ils subissent depuis quelques années (baisse du prix de l'action + absence de dividende), il leur a donné 20 billets d'avion.
«La première fois depuis quelques années que l'assemblée se tient dans de bonnes conditions et que ça finit bien et en plus avec une photo de famille. Ceci témoigne de la confiance qui s'est établie entre la nouvelle direction générale et les actionnaires. C'est un signe positif qui va nous pousser à poursuivre nos efforts pour sortir la société de la situation de crise», a déclaré le PDG à Business News.

Tunisair ambitionne de développer un nombre de passagers de 9,7% en moyenne par an entre 2017 et 2020, pour atteindre près de 4,69 millions de passagers en 2020. Avec l'Open Sky, la compagnie nationale a actualisé son plan de sauvetage et veux s'y tenir, pour prospérer mais surtout pour survivre.


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