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Pourquoi Chahed a-t-il pris l'exemple du Portugal ?
Publié dans Business News le 04 - 01 - 2018

C'est stupéfiant ce que certains ministres et secrétaires d'Etat qui ont eu en charge le portefeuille des Finances au sein des gouvernements successifs depuis 2011 ont la mémoire courte ou perdu le sens de la mesure. Critiquer la loi de finances et la politique budgétaire du gouvernement actuel leur est légitime, cela ne fait aucun doute. Sauf qu'il conviendrait préalablement qu'ils assument leurs responsabilités et avouent leurs erreurs sur certains choix budgétaires qui ont rendu la situation des finances publiques si périlleuses aujourd'hui. Tous ont contribué au gonflement du stock de la dette. Tous ont laissé filer le budget des rémunérations et le budget de subventions. Aucun n'a rendu opérationnel la moindre réforme structurelle. Alors, entendre certains d'entre eux parler « d'absence de politiques publiques mais de rafistolages », « d'adoption d'hypothèses irréalistes dans l'élaboration du budget de l'Etat », « de nécessaires réformes structurelles et de révision de la politique de subvention », laisse rêveur. Heureusement, il s'en trouvera un, Hakim Ben Hammouda, qui avouera au micro d'une station radio, que l'actuel gouvernement « devra faire ce qu'on n'a pas fait ».
La loi de finances 2018 matérialise, en fait, une grande partie de ce qui devait être entrepris il y a quelques années. La hausse de la TVA, la limitation des importations par un relèvement des barrières tarifaires et par un resserrement des conditions de financement des importations, la fixation d'un plafond à la subvention des produits énergétique, la maîtrise de la masse salariale en arrêtant les recrutements nets, toutes ces mesures ont été proposées aux gouvernements de l'époque, ministres et secrétaires d'Etat aux Finances compris. Malheureusement, ils ont fait la sourde-oreille pour ne pas dire, l'autruche face au péril. En 2014, l'homme d'affaires, Hamadi Bousbiï, s'est payé une pleine page du quotidien La Presse pour livrer ses « réflexions concernant d'éventuelles solutions aux déficits actuels » à travers lesquelles il recommandait au gouvernement d' « établir une liste des produits importés non essentiels qui ne bénéficieraient d'aucun crédit bancaire et obliger les importateurs à bloquer un montant équivalent pour 6 mois au Trésor ». Cette liste, qui représenterait selon lui 8 à 10 milliards de dinars d'importation, « ferait diminuer les importations de 2 à 3 milliards de dinars et permettrait au Trésor de disposer d'un fonds de roulement de 3 à 5 milliards de dinars ». Il y proposait aussi « l'instauration d'une taxe de 1 à 1,5% sur les paiements en devises (achats et ventes) qui pourrait rapporter 1 milliards de dinars à l'Etat » ou encore d'introduire « un droit de consommation de 10% à 15% sur les communications téléphoniques ». A la même époque, le Centre de recherches et d'études sociales (CRES) serinait les autorités pour qu'elles accélèrent la mise en œuvre du « projet d'identifiant social », étape essentiel à la mise en place de l'identifiant unique, l'outil fondamental sans lequel la politique de subvention de l'Etat n'aurait aucun sens et donc aucune efficacité.

Ce n'est qu'aujourd'hui qu'on consent à prendre de telles mesures et d'autres en plus. Elles sont douloureuses, nul ne peut le nier. Sont-elles indispensables ? En tout cas, elles sont incontournables pour freiner l'effrayant déficit des finances publiques et remédier à la sérieuse fragilité de la position extérieure du pays, premières causes à la dégradation du taux de change du dinar. Il va falloir serrer la ceinture aujourd'hui, avant de la serrer davantage demain et éviter l'excessive empathie à l'égard de ceux qui s'offusquent, râlent ou protestent contre la cherté de la vie du fait de l'application de la loi de finances 2018, alors même qu'ils en étaient amplement avertis, oublieux que leur train de vie est bien supérieur à leurs revenus. Sur ces mêmes colonnes, on rappelait, il y a moins de 6 mois, qu'en 2015, dernière statistique disponible, la consommation par habitant dépassait largement le revenu disponible par habitant.

Au cours de l'entretien accordé à la chaîne de télévision Watania 1, le Chef du gouvernement Youssef Chahed a pris pour exemple le Portugal qui s'est infligé une cure de rigueur drastique et de vraies réformes structurelles. . Balayé par la crise financière, dévoré par le chômage de masse (18% en 2013), englué dans les déficits abyssaux (10% du PIB) et une dette phénoménale (110% du PIB), il était, en 2011, à deux doigts de la banqueroute. Six ans plus tard, c'est une tout autre ambiance. La croissance est repartie (1,8% prévu en 2017), les comptes publics sont sortis du rouge, le chômage a été divisé par deux et la balance commerciale est redevenue positive (+ 4,1 milliards d'euros en 2016).
Un renversement pareil n'a été rendu possible que lorsque les autorités portugaises se sont attaqués à la plus sensible des réformes qu'un gouvernement, quel qu'il soit, est amené à mettre en œuvre : le marché du travail. On a assoupli les conditions de licenciement, introduit des mécanismes pour permettre aux entreprises en difficulté de régler leurs problème sans trop de casse, permit une forme de modulation du temps de travail au sein de l'entreprise. Afin de réduire le coût du travail, on est allé jusqu'à supprimer trois jours de congés payés et quatre jours fériés.

Pour redresser les finances publiques, les autorités portugaises n'ont pas hésité à réduire de presque 10% les effectifs de l'administration, allonger le temps de travail et même de diminuer les salaires. Dans le même temps, elles ont revu à la baisse le remboursement de certaines prestations sociales, elles ont augmenté de 2 points de pourcentage la TVA et elles ont cédé plusieurs actifs appartenant à l'Etat.
Elles y sont arrivées parce qu'elles ont avoué de but en blanc que ces orientations allaient appauvrir les ménages et que cela constituait la seule issue. Elles y sont arrivées parce que les partenaires sociaux, à de rares exceptions, se sont mis d'accord pour travailler ensemble dans l'espoir de lendemain meilleur pour tous. Ils ont accepté de jouer le jeu même cela n'a pas été facile de part et d'autre d'avaler autant de couleuvres et de contenir une contestation de plus en forte de la population. « Cela nous a obligé à de grands sacrifices, mais nous en avions l'obligation morale », avouait récemment, à la revue Capital, Carlos Silva, le Secrétaire général de l'UGT (Union générale des travailleurs ou Unión General de Trabajadores), l'un des plus influents syndicats portugais, proche du PSOE.
En prenant exemple du Portugal, Youssef Chahed pensait-il à tout cela ?


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