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Success Story-Anis Sahbani : Osez entreprendre, créez de la valeur !
Publié dans Business News le 13 - 05 - 2018

Motivé, déterminé et pétillant de force et de passion, Anis Sahbani, jeune entrepreneur de 42 ans, affirme de plus en plus sa position sur le marché tunisien. Avec la création en 2014, de sa société « Enova Robotics », il se positionne aujourd'hui comme le fondateur de la première entreprise pionnière en Afrique et dans le monde arabe fabriquant sa propre marque de robots, un domaine inédit, peu connu en Tunisie, un défi intimidant et risqué mais fort intéressant et séduisant à la fois. Anis, qui a choisi de sortir des sentiers battus, a pu relever ce pari ? A-t-il réussi à conquérir un terrain aussi inexploré et inexploité ?
Un universitaire accompli
Originaire de Sejnane mais né et ayant vécu à Tunis, Anis Sahbani a fait ses études de base à Tunis au collège Sadiki. Après avoir décroché son baccalauréat mathématiques en 1993, il intègre l'Ipest puis l'Enit. Boursier de l'Etat pour faire son DEA et son doctorat, Anis se dirige par la suite vers d'autres horizons, la France notamment où il entame des études en doctorat à l'université Paul Sabatier. Aujourd'hui, il est devenu docteur en robotique, maitre de conférences depuis 2004 jusqu'à présent à l'université de la Sorbonne. En 2014, Anis est rentré en Tunisie pour créer sa société « Enova Robotics », une société basée à Sousse, spécialisée dans le domaine du développement de robots mobiles et de drones, de l'intelligence artificielle ainsi que de l'industrie des technologies de pointe. Selon Anis, le choix de Sousse a été fait essentiellement compte tenu de l'écosystème qui était en train de se développer autour de la mécatronique (une discipline combinant la mécanique et l'électronique) au sein de la technopole de Sousse.

Le déclic : en quête d'un véritable challenge

« Je cherchais des challenges supplémentaires ! Dans l'enseignement, j'ai obtenu plein de choses mais je manquais de challenges et de défis et c'est cela que je souhaitais avoir », confie Anis.
Passionné par le monde de la robotique et armé par des années d'expérience dans ce domaine, l'idée de monter sa propre entreprise est devenue plus qu'alléchante pour le jeune entrepreneur. Une idée pour laquelle il a opté en quittant la France afin de réaliser son ambition et concrétiser son rêve
« J'ai eu l'idée pour ce projet avant de regagner la Tunisie, et je suis rentré uniquement pour l'entreprise. Je suis encore aujourd'hui professeur de robotique à Paris 6 à mi-temps, ce qui revient à 4 voyages de 2 semaines par an mais ma première aspiration était de lancer un projet créatif et innovant et c'est ce que j'ai accompli », ajoute Anis.
Interrogé sur les motifs qui l'ont incité à faire ce choix de carrière, le jeune entrepreneur a déclaré à Business News que cela était un choix réfléchi.
« La bourse que l'Etat que m'a octroyé pour continuer mes études en DEA et en doctorat ne me suffisait pas pour m'inscrire en thèse. Il fallait donc que je trouve un autre moyen, une autre bourse complémentaire du Centre de recherche français (CNRS) et c'était sur un sujet de thèse en robotique. J'ai eu le choix, plus précisément, entre la robotique et la sécurité informatique et j'ai opté pour la robotique. Aujourd'hui quand je vois le fruit de mes efforts, je suis ravi de ce choix et je n'ai absolument aucun regret ! », explique Anis.


Un projet mature et des prestations diverses

Afin de détailler davantage, le projet consiste à la base en une entreprise qui fabrique des robots mobiles, des plateformes à roues autonomes calculant seules leurs trajectoires et équipées de capteurs chargés de récolter des informations sur l'environnement et agir sur cette base. Un projet qui opère essentiellement dans le domaine de la sécurité civile (par opposition à la sécurité militaire) ainsi que dans le domaine de la santé.
« Il s'agit principalement de robots patrouilleurs qui font des rounds dans des usines et des aéroports destinés à détecter toute forme d'intrusion. Le robot envoie par la suite, des alertes à un poste de commande qui est lointain à travers une transmission radiophonique de 5Km ou bien encore qui pourrait être même dans un autre pays avec la technique 4G. Ce robot est accordé à des positions GPS et il est capable tout seul de localiser toute anomalie. Comme il est un robot de sécurité, baptisé par ailleurs, « Pearl Guard », il comporte un détecteur de fuite de gaz, un détecteur de début d'incendie, une caméra classique, une caméra infrarouge et une autre thermique, un micro et des hauts parleurs et cela permet de voir et d'écouter tout ce qui entoure le robot à une distance de 400 m et parler même à travers lui. Les dimensions de ce robot intelligent sont 140 cm*100cm*100cm et pèse 180 Kg, et il est le premier robot tunisien, arabe et africain commercialisé en Europe », explique Anis avec ardeur.
Concernant le robot qui opère dans le domaine de la santé, avec des dimensions de 50cm*50cm*165cm et un poids de 15 kg, ce robot vise à établir ainsi qu'à renforcer un lien social « perdu ».
« On peut imaginer une personne hospitalisée durant une longue période, d'ailleurs c'est dans ce sens que ce robot a été conçu et déployé le premier. Le patient est loin de sa famille donc on a réfléchi à mettre le robot chez lui. De ce fait, le patient depuis l'hôpital, est capable de téléopérer le robot et le faire déplacer à distance dans son domicile et ainsi voir sa famille ou jouer avec sa famille. C'est plutôt une forme de Skype mobile », martèle le jeune entrepreneur.

Reconnaissance internationale malgré les multiples difficultés

« J'ai rencontré plusieurs difficultés, de quoi écrire un livre ! C'était plutôt administratif au moment de la création ce qui a entravé mon projet pendant 6 mois vu le caractère nouveau de l'activité. Il fallait, donc, créer d'autres codes alors que la loi stipule que la création pourrait se faire en 48 heures. En effet, j'ai commencé en décembre 2013 et j'ai ouvert légalement en fin mai 2014 après avoir attendu plusieurs mois pour l'approbation de mon projet. Heureusement, j'étais chanceux de recevoir l'appui de l'Enit où son directeur m'a prêté un local pour commencer mes activités en attendant, avec l'aide d'un nombre de stagiaires en projet de fin d'études (PFE). C'est inconcevable comment la lenteur des procédures administrative pourrait affecter ton travail ! J'ai eu un blocage au niveau du ministère des Finances où on m'avait demandé un papier qui ne figurait même pas sur la liste des documents requis pour le lancement du projet, qui s'est avéré par la suite anodin et cela m'a fait perdre 2 mois de mon temps ainsi que l'incompétence de certains », déplore Anis.
Malgré ces obstacles, le jeune entrepreneur a su les dépasser et n'a jamais été découragé. Les récompenses se sont succédées, venant prouver la haute qualité des produits de la société « Enova Robotics », leur efficacité et leur distinction reconnaissant ainsi les efforts de Anis Sahbani et de son équipe d'ingénieurs.
1er prix du concours national des inventions en novembre 2016 tenu en Tunisie et organisé par le ministère de l'Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises (PME), prix du meilleur jeune dirigeant au CJD Business Awards également en novembre 2016, une médaille d'or de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) au salon international des inventions au Caire en décembre 2016, en janvier 2017, une autre médaille d'or du salon de l'OMPI et une médaille d'or du salon des inventions au Koweït, 2ème plus grand salon au monde, médaille d'or au salon des inventions de Genève qui est le plus grand salon au monde en avril 2017, ainsi que de nombreuses participations dans des salons internationaux et des manifestations technologiques notamment en France, en Arabie saoudite et à Luxembourg, telle est la preuve de la réussite du robot mobile de sécurisation de l'espace en particulier et de « EnovaRobotics » en général. S'ajoute à cela, une sélection en mai 2017 par l'Etat autrichien parmi une centaine de startups tunisienne pour être présents à la manifestation « Pitch for Austria » ayant lieu à Viennes ainsi qu'une reconnaissance de la part d'un cabinet d'étude basé à New York qui a émis un rapport « Robot Security Market 2016/2021 » en juin 2016 citant « EnovaRobotics » parmi les 12 entreprises les plus influentes dans le domaine de la robotique. Tout simplement une fierté tunisienne !

Aspirations, ambitions et projection dans l'avenir
Une autre distinction vient consolider la notoriété de la marque « EnovaRobotics ». La société prendra part, du 24 au 26 mai 2018 au salon Vivatech 2018 et représentera la Tunisie parmi 8000 startups qui y seront présents. Vivatech est destiné principalement aux professionnels notamment les startups, les investisseurs et les cadres dirigeants et a pour objectif de mesurer l'impact du digital sur de multiples secteurs d'activité.
« Mon ambition actuelle est d'ouvrir en Europe et en Asie cette année, de faire de « EnovaRobotics » une multinationale et un leader mondial en robotique mobile. J'aimerais bien généraliser mon projet, l'élargir et voir un robot dans chaque maison, à usage individuel. Je voudrais que la robotique devienne une culture et que nous soyons les premiers à l'avoir intégré en Tunisie », s'exprime Anis.
Anis a préféré conclure en adressant un message inspirant aux jeunes qu'il espère leur être utile et les inciter à croire en leurs rêves et à œuvrer pour réussir.
« Osez entreprendre, prenez l'initiative et surtout n'ayez pas peur de l'échec ! L'entreprenariat est comme une marche définie comme une succession de chute. La chute est donc possible mais ce qui compte est de savoir rebondir ! N'attendez pas un salaire, créez de la valeur, soyez autonome et indépendants. C'est la recette de la réussite ! »


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