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Chassez l'élu, il revient au galop !
Publié dans Business News le 18 - 01 - 2019

Le Parlement tunisien ne cesse de surprendre et non pas dans le sens favorable du terme ! L'incident le plus récent qui a eu lieu en témoigne. Bagarres, blasphèmes, échanges d'insultes et injures ne sont que quelques échantillons de ce qui se passe au fil des années sous la coupole de l'ARP. Finalement, ces représentants du peuple, sont-ils censés établir des législations ou légitimer la violence exacerbée au nom de la démocratie et de la liberté d'expression ?

« Arrêtez d'aboyer ! Les chiens se reconnaissent et le peuple sait d'où provient l'aboiement. Ben Ali était un homme et il avait raison de vous opprimer ! Je suis le fils d'un militant qui a lutté contre l'occupation française et libéré le pays ! Vous avez appauvri le pays et vous osez encore parler ! Vous n'êtes que des collabos, des mercenaires et des marchands de la religion ! », s'est ainsi exprimé mercredi le député Fayçel Tebbini en s'adressant aux députés d'Ennahdha lors de la plénière de l'ARP consacrée aux votes des articles du projet de loi organique relatif à la création du programme « Amen Social » ainsi que des articles de la loi organique du budget. Des propos provocateurs qui ont révolté les élus du parti islamiste.
A cause de son tempérament, M. Tebbini a, auparavant, été interdit de parole pendant 3 plénières successives pour avoir taxé le président de l'ARP de « catastrophe pour l'assemblée ».

Toutefois, il ne s'agissait pas de l'unique incident qui a eu lieu ce jour-là. La plénière a été également marquée par des tensions engendrées notamment par des accrochages entre les députés du Front populaire et de la Coalition nationale, qui ont failli virer à l'agression physique. Le président de l'ARP, Mohamed Ennaceur n'a pas non plus été épargné de ces querelles entraînant son retrait et la suspension de la séance plénière, partie désormais en vrille.
Abdelfattah Mourou, premier vice-président de l'ARP n'a pas tardé à justifier ces altercations soulignant que, néanmoins, il aurait aimé ne pas voir le problème dégénérer et qu'il aurait été résolu pacifiquement. « Les accrochages qui se sont déroulés au sein de l'ARP sont le résultat de l'indolence de certains députés. S'ajoute à cela, une énorme tension au Parlement à l'image de ce qui se passe actuellement dans le pays. Il existe également un manque de confiance au sein de l'Assemblée et chaque mot prononcé est interprété avec mauvaise foi », a-t-il précisé.

Les grossièretés et les injures ne datent pas, certes, de quelques jours. La coupole de l'Assemblée a abrité de nombreuses empoignades entre certains élus. A titre d'exemple, la plénière consacrée à l'examen de la prolongation du mandat de l'IVD a été, pour le moins, houleuse.
Outre les interventions hystériques de la députée Attayar, Samia Abbou lançant des accusations de corruption enflammées et les altercations entre le député Nidaa Tounes, Sofiène Toubel et le député Harak Tounes Al Irada, Imed Daïmi, c'était les propos de Mabrouk Hrizi d'Al Irada qui ont le plus marqué cette séance.
Hrizi s'est, en effet, attaqué au président du parlement, Mohamed Ennaceur en l'accusant d'être un putschiste, « Vous ne méritez pas d'être le président de l'Assemblée. Vous devez être jugé pour haute trahison. Cette séance est une atteinte à la légitimité », a-t-il martelé ! Et d'ajouter : « Aujourd'hui, je suis venu à l'hémicycle en kamikaze et je suis là pour vous faire exploser ! ».
La plénière consacrée à l'examen du projet de loi de réconciliation administrative a, par ailleurs, attesté de graves tensions. Au refus de Mohamed Ennaceur d'accorder la parole à Samia Abbou, cette dernière s'est rapidement révoltée. Tentant de la calmer, la députée Nidaa Tounes, Héla Omrane a été récompensée par l'agressivité : « Ferme ta gueule ! Toi et ton parti, vous êtes plutôt des bandits ! ».

Les scènes pareilles ont proliféré avec les élus Aymen Aloui du Front populaire, Sofiène Toubel et Mohamed Ben Souf de Nidaa Tounes se sont disputés concernant le projet de loi criminalisant la normalisation avec l'entité sioniste. L'amendement du projet de loi de la réconciliation économique et financière a également été sujet de désaccord. Le climat dans l'hémicycle a été électrique suite à un affrontement entre Mme Abbou et le président du bloc d'Ennahdha, Noureddine Bhiri.
Un an avant cet incident, une dispute a éclaté entre Tarek Ftiti, député UPL à l'époque et Noureddine Ben Achour, député démissionnaire de l'UPL et qui vient de rejoindre Nidaa Tounes. La querelle a débuté par un échange vif de mots entre les deux élus pour finir en coups de poing.

Des scènes déplorables qui ne cessent de s'accroître malgré l'initiative présentée en 2017 par le député de l'Allégeance à la patrie, Riadh Jaïdane portant sur l'ajout d'un article relatif au Code de déontologie et de conduite parlementaire au règlement intérieur de l'ARP. Une initiative visant à apaiser les tensions dans l'hémicycle, à instaurer des relations saines entre les députés ainsi qu'à consolider la responsabilité parlementaire.

Au Parlement, les voix débattant avec maturité et sérieux des préoccupations des citoyens sont l'apanage d'une minorité. Aujourd'hui, nous assistons de moins en moins à des débats constructifs qui servent l'intérêt général transcendant ainsi celui des partis. En tant que démocratie émergente, les députés doivent se féliciter de la liberté d'expression dans cet espace public. Malheureusement, nos élus semblent ne pas saisir le vrai sens de ces valeurs, avec des incidents aussi désolants et un langage facilement ordurier. Le prestige de cette institution de l'Etat est ainsi bafoué et une descente vers l'abîme est plus que jamais évidente à moins que ces représentants du peuple soient rappelés de leur mission primordiale.


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