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Pour quelles raisons la BCT aurait-elle décidé de relever son taux directeur ?
Publié dans Business News le 20 - 02 - 2019

Cette fois-ci, on n'aura pas droit à l'habituelle conclusion du communiqué que publie la Banque centrale de Tunisie (BCT) à l'issue de la réunion mensuelle de son Conseil d'administration : le Conseil a décidé de maintenir inchangé le taux directeur de la BCT. La BCT vient en effet de relever de 100 points de base son taux directeur, le faisant passer de 6,75% à 7,75%. La décision ne semble pas avoir été prise de gaieté de cœur. Il a fallu deux réunions du Conseil, ce qui est inédit, pour arriver à cette douloureuse décision.

En tout cas, l'institut d'émission demeure dans le droit fil de sa mission fondamentale de ciblage de l'inflation. Cependant, l'autorité monétaire veut cette fois donner un réel signal sur les risques de détérioration de la situation économique si le niveau d'inflation reste en l'état. Certes, le Conseil a pris acte des effets des mesures de politique monétaire prise depuis 2016, notamment les relèvements successifs du taux directeur. Malgré cela, elles demeurent insuffisantes pour faire face aux tensions inflationnistes qui se profilent.
L'inflation sous-jacente qui imprime le véritable rythme de la hausse des prix à la consommation finale donne encore des signes de surchauffe, dépassant allégrement la barre des 7%. « Cette dernière devrait poursuivre sa tendance à la hausse au cours de la période à venir », indique en substance le communiqué du Conseil de la BCT. Il est vrai que l'indice des prix de vente industriels (Ipvi), qui représente un indicateur d'alerte en amont de ce que pourrait être l'indice des prix à la consommation dans l'avenir, affichait une hausse de 8,8% en glissement annuel, au mois d'octobre 2018.
De plus, si l'inflation a enregistré une hausse de 7,1% en janvier 2019, cette baisse n'est due qu'au changement dans la manière de calculer l'indice des prix à la consommation introduite en début d'année et non à l'amélioration de la situation macro-économique, ajoute-t-on. D'ailleurs, la BCT pointe du doigt d'autres indicateurs suscitant l'inquiétude en raison de leurs impacts inflationnistes.

L'octroi de crédits est encore facile
L'autorité monétaire estime qu'en dépit des relèvements successifs du taux directeur afin de freiner la forte demande de crédits, particulièrement les crédits à la consommation et les crédits à l'importation, elle a été amenée à satisfaire les demandes de financement des banques pour des montants record. Il est arrivé à la Banque centrale d'accorder un volume de crédit aux banques de la place d'un montant dépassant les 17 milliards de dinars en une journée afin que ces banques puissent répondre aux besoins de crédit de leurs clients, particuliers et entreprises. Aujourd'hui, ce qu'on appelle dans le jargon des économistes le volume global de refinancement de la Banque centrale atteint les 16 milliards. En 2010, ce montant dépassait à peine 1,5 milliards de dinars, atteignant 6 milliards de dinars en 2016 et 12 milliards de dinars au début de l'année dernière.

Autrement dit, la fièvre du crédit n'a pas cessé. Au lieu d'une rationalisation de l'offre de crédit, on a constaté un délire d'anticipations. Fallait-il plus pour que la BCT décide de relever d'un point de plus son taux directeur ? Et bien oui. L'autre indicateur est celui du commerce extérieur. Le solde de la balance commercial pour le mois de janvier 2019 accuse déjà un déficit alarmant : 1,5 milliards de dinars contre 1,2 milliards en janvier 2018. En d'autres termes, on demeure dans la continuité d'un creusement progressif du déficit commercial qui déjà a enregistré un record historique pour toute l'année 2018, dépassant les 15 milliards de dinars. Or, ce déficit est devenu un véritable fléau. Les recettes en devises provenant du tourisme et de l'envoi des tunisiens à l'étranger outre l'investissement direct étranger n'arrivent plus à combler ce déficit. De telles sortes que le pays est amené à piocher dans ses réserves en devises pour couvrir le reste, tout en se gardant impérativement de préserver un stock de devises minimum équivalent à 3 mois d'importations.

Aujourd'hui, les réserves en devises équivalent à seulement 85 jours d'importations. Et si le pays a pu préserver 85 jours d'importation, c'est principalement parce que la BCT a fait le choix de laisser glisser le dinar, faisant fi du risque d'un surenchérissement des importations et donc d'une inflation importée en faisant le pari que le relèvement du taux directeur et la dépréciation du taux de change sont pour le moment les seuls moyens pour freiner les importations et réduire le déficit de la balance commerciale et de la balance des paiements courants qui affichent des taux effarants à deux chiffres, respectivement plus de 15% et plus de 11% du PIB, funestes records.

Stopper coûte que coûte le déficit commercial
Est-ce suffisant comme argumentaire plaidant l'augmentation du taux directeur de la BCT ? L'institut d'émission en ajoute un autre dont elle craint fortement les effets inflationnistes : celui des augmentations de salaires dans le secteur public et privé qui interviendront au cours de cette année. Si celles-ci ne sont pas accompagnées d'une augmentation de la production ou d'une amélioration de la productivité, elles impacteront fatalement sur le niveau général des prix et donc l'inflation.
Reste une question lancinante et qui suscitera sans aucun doute débats et polémiques. Cette nouvelle hausse du taux directeur ne risque-t-elle pas de freiner la croissance qui déjà peine à retrouver des couleurs en bridant l'investissement en raison d'une part de coûts de crédit de plus en plus lourd à supporter en prévision d'une augmentation des taux d'intérêt et d'un alourdissement de la facture d'importations des biens d'équipement dû à la dépréciation du dinar ?

Pour la BCT, on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs. Sa détermination à éliminer tout facteur monétaire dans l'inflation est clairement affirmé. Et ce sont les banques qui vont en souffrir. Elles ont dû déjà se plier à d'autres mesures visant à rationaliser leurs distributions de crédits à la clientèle : un ratio de couverture des crédits par des dépôts plafonné à 110% ; des garanties en contrepartie de refinancement constituées à au moins 60% d'effets ou de titres de créances privés et seulement 40% en titre d'Etat.
Désormais, il leur sera difficile d'afficher des profits aussi conséquents. Ce sont les opérateurs qui ne pourront plus avoir accès aussi aisément aux crédits. Ce sont les ménages qui verront le montant du remboursement de leurs crédits passer à un palier supérieur. Certes, ils auront toujours la possibilité de déduire le montant des intérêts de leur crédit de leurs revenus imposables. Mais qui parmi eux ont la possibilité de s'y engager ? Rares, très rares.


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