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Polémique autour de l'arrestation de Nabil Karoui
Publié dans Business News le 25 - 08 - 2019

L'arrestation du magnat de l'audiovisuel et candidat à l'élection présidentielle, Nabil Karoui, a soulevé beaucoup de questions. La chaîne privée Nessma TV, fondée et dirigée par cet homme d'affaires, a qualifié cette arrestation de « kidnapping » et son parti Au cœur de la Tunisie a estimé que cette pratique est « non-démocratique ». Mais qu'en est-il réellement ?
Le mandat de dépôt émis par la chambre d'accusation près du Pôle judiciaire financier contre Nabil Karoui et son frère, Ghazi, vient dans le cadre d'une plainte déposée par l'Ong I Watch depuis 2016.
Cette organisation avait accusé les frères Karoui - dans un rapport daté du 10 juillet 2016 - de blanchiment d'argent et d'évasion fiscale. Elle avait également appelé la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) à mettre à jour ses cahiers des charges pour obliger les sociétés détenant des droits de diffusion audiovisuels à fournir le schéma financier montrant les bénéficiaires ultimes ainsi que le ministère de l'Intérieur et celui des Finances à user de tous les moyens légaux - y compris la perquisition de documents - pour faciliter la vérification de la situation fiscale de Nessma TV.
Réagissant à ces accusations, le groupe Karoui avait déposé 21 plaintes contre I Watch auprès du procureur de la République pour diffamation. Au final, ce bras de fer judiciaire avait duré 3 ans et des décisions avaient été rendues, en juillet dernier, contre les frères Karoui, à savoir le gel de leurs avoirs et une interdiction de voyage.
Et dans chaque sortie médiatique, Nabil Karoui ne ratait pas une occasion pour critiquer sévèrement I Watch réfutant les accusations portées à son encontre. A titre d'exemple, en juillet dernier, il avait indiqué, à sa sortie du Pôle judiciaire financier que les lanceurs d'alerte, à l'instar de l'Ong I Watch, doivent dorénavant faire attention avant de publier toute information, et ce pour éviter la diffusion d'intox. « On n'a pas que ça à faire ! Soyez précis dans ce que vous faites pour éviter toute injustice ! », avait-t-il lancé.
Quelques semaines plus tard, Nabil Karoui a été arrêté à la station de péage de Medjez El Bab par les unités sécuritaires et conduit directement à la prison de la Mornaguia. Son frère Ghazi, quant à lui, a complètement disparu dans la nature.

Dès l'annonce de cette arrestation, plusieurs dirigeants politiques ont affiché leur soutien au candidat à la présidentielle et appelé la justice à sa libération.
Abdelaziz Kotti, dirigeant du parti Al Amal, avait estimé, hier samedi 25 août 2019, que le timing de l'arrestation de Nabil Karoui n'était pas du tout opportun et que la justice n'aurait pas du émettre un mandat de dépôt.
Le dirigeant du mouvement islamiste Ennahdha, Lotfi Zitoun, avait quant à lui indiqué que l'arrestation du président d'Au cœur de la Tunisie est un acte purement politique à un moment politique délicat, faisant ici allusion au fait que Nabil Karoui soit candidat à la présidentielle, une échéance prévue le 15 septembre prochain. « Cela est totalement inacceptable et moralement condamnable et nuit à la réputation de la Tunisie et à sa transition démocratique » a-t-il aussi écrit sur son compte Facebook.

D'autres voix se sont élevées pour dénoncer cette décision judiciaire, notamment l'Association des magistrats tunisiens (AMT) qui a appelé le procureur général de la Cour d'appel de Tunis à éclairer l'opinion publique sur cette affaire ayant soulevé en seulement quelques heures la toile et les médias. Elle a aussi souligné la nécessité d'éloigner le pouvoir judiciaire de tout tiraillement politique.
De son côté, la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'homme (LTDH) avait indiqué, dans un communiqué publié hier, que l'arrestation « d'un candidat à la présidentielle en cette période sensible soulève beaucoup de suspicions et nuit au pouvoir judiciaire laissant entendre qu'il y a eu une instrumentalisation politique afin d'exclure des concurrents de la course à la présidentielle». La LTDH fait ici allusion aux nombreuses accusations lancées contre le chef du gouvernement, Youssef Chahed, également candidat à l'élection présidentielle.
Certains avaient en effet estimé que le chef du parti Tahya Tounes serait derrière cette opération allant même jusqu'à parler de « kidnapping » en vue d'écarter son principal concurrent de la course présidentielle.
Ce parti avait d'ailleurs dénoncé ces accusations et indiqué, dans un communiqué publié hier, que le chef du gouvernement n'a pas usé de sa position pour écarter ses adversaires politiques. Tahya Tounes avait également condamné la campagne de diffamation lancée par certains médias contre Youssef Chahed et le parti.

Egalement sur le banc d'accusés, figure le mouvement islamiste Ennahdha. Des accusations lancées par un ancien membre de ce parti aujourd'hui candidat à la présidentielle, Hatem Boulabiar, lors de son passage à Nessma TV, vendredi dernier. Ce dernier avait indiqué qu'Ennahdha serait aussi impliqué dans l'arrestation de Nabil Karoui.
En réaction, le mouvement islamiste a vivement dénoncé, dans un communiqué, les accusations portées à son encontre et a appelé à préserver l'indépendance de la justice et à éviter de l'impliquer dans des tiraillements politiques pouvant mettre en doute sa crédibilité et son indépendance.

L'affaire Karoui a d'ailleurs fait couler beaucoup d'encre à l'étranger aussi. Plusieurs médias dont DW, Le Figaro, Le Monde, France 24, New York Times, etc. se sont intéressés à cette affaire et ont relayé l'information en la commentant.
Et l'intérêt porté par ces médias a bien évidemment suscité l'indignation de plusieurs politiciens, notamment le ministre de la Défense et candidat à la présidentielle, Abdelkrim Zbidi, qui avait estimé que cette arrestation nuit à la réputation de la justice ainsi qu'à l'image de la Tunisie à l'étranger.
Le président du Mouvement démocratique, Ahmed Néjib Chebbi, a, quant à lui, appelé à la libération immédiate de Nabil Karoui et estimé que les circonstances de cette arrestation démontrent qu'il y a eu une instrumentalisation de la justice au profit du pouvoir exécutif. Il a de ce fait appelé les partis politiques et la société civile à soutenir sans plus tarder la libération de l'homme d'affaires.

L'arrestation de cet ancien dirigeant de Nidaa Tounes et homme de médias controversé, ou plutôt le timing de cette arrestation, a certes suscité l'indignation de beaucoup de Tunisiens. Elle a aussi été saluée par d'autres qui y ont vu "un nouveau coup contre la corruption". Une polémique qui enfle de plus que Karoui a gagné, en très peu de temps, de popularité se frayant petit à petit un chemin vers Carthage et le Bardo.


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